À l’échelle européenne, la situation demeure préoccupante. L’espèce est classée Vulnérable et les populations situées dans un rayon de 1 000 kilomètres autour de la France sont toutes en déclin ou menacées. Elles ne constituent donc pas un réservoir capable de compenser la disparition de la population française. Les chercheurs rappellent que la dynamique de l’espèce dépend avant tout de la survie des adultes. Les premières données de télémétrie mettent d’ailleurs en évidence des cas de mortalité et de dérangement liés à l’activité cynégétique sur les sites de reproduction. Face à cette situation, les auteurs de l’étude recommandent un moratoire sur la chasse à la Bécassine des marais dans toutes les zones où l’espèce niche ou est susceptible de nicher, ainsi que sur la Bécassine sourde afin d’éviter les risques de confusion et de dérangement. Ils estiment qu’avant le 15 septembre, la majorité des oiseaux présents en France proviennent de populations européennes elles-mêmes fragilisées. Enfin, les scientifiques plaident pour de nouvelles recherches génétiques afin de mieux comprendre les liens entre les différentes populations européennes et d’adapter les mesures de conservation. De nouveaux suivis par télémétrie engagés à partir de 2026 devraient permettre d'affiner les connaissances sur les déplacements et la survie de cette espèce emblématique des zones humides.