La compréhension des dynamiques de la biodiversité et de l’évolution des espèces repose sur des observations continues inscrites dans le temps long. Les processus écologiques et évolutifs (adaptation, sélection naturelle, résilience des écosystèmes) se déploient sur des échelles temporelles de plusieurs décennies, parfois de plusieurs générations.
Or, cette dimension temporelle, indispensable à l’analyse scientifique du vivant, est aujourd’hui fragilisée par une érosion des financements, une remise en cause croissante de l’expertise scientifique et la diffusion de discours de désinformation qui brouillent le débat public. Les pressions anthropiques sur les systèmes naturels (changement climatique, artificialisation des sols, pollutions, surexploitation des ressourc
es biologiques) entraînent une accélération inédite de l’érosion de la biodiversité. Dans ce contexte, les « signaux faibles » détectés par les chercheurs deviennent rapidement des indicateurs d’alerte, annonçant des ruptures écologiques majeures aux conséquences systémiques pour le fonctionnement des écosystèmes et les sociétés humaines. Seules les recherches écologiques à long terme permettent d’identifier les trajectoires réelles de la biodiversité, de distinguer les fluctuations naturelles des tendances de fond et d’évaluer les capacités d’adaptation des espèces face aux perturbations globales. Dans un article publié dans la revue BioScience, le CNRS alerte sur les conséquences de cette fragilisation : sans infrastructures pérennes d’observation du vivant, la communauté scientifique perdra sa capacité à anticiper les points de bascule écologiques et à proposer des réponses fondées sur des données robustes. Pour répondre à cet enjeu, le CNRS a lancé le programme SEE-Life, dédié au soutien de la recherche écologique et évolutive à long terme. Ce programme vise à garantir la continuité des suivis, à renforcer l’interdisciplinarité et à produire des connaissances directement mobilisables par les politiques publiques.
Biodiversité : l’urgence d’investir dans la recherche à long terme
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Biodiversité : l’urgence d’investir dans la recherche à long terme