Une fois de plus, la campagne de communication de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) s’est achevée dans une relative indifférence. Diffusée du 15 mars au 5 avril 2026, cette sixième offensive médiatique, portée par trois spots TV et un dispositif digital conséquent, n’a guère marqué les esprits. Et pour cause : elles se suivent et se ressemblent, au point que nombre de chasseurs eux-mêmes s’interrogent désormais sur leur utilité réelle. Le concept est pourtant bien rodé. Montrer un quotidien urbain contraint, presque subi (embouteillages, écrans, anxiété...), puis proposer la chasse comme échappatoire, comme retour à l’essentiel. Le message est clair, simple, presque trop. Car à force de simplification, il en devient caricatural. Qui, aujourd’hui, peut sérieusement croire qu’un spot de 20 secondes suffira à faire basculer un non-chasseur vers la pratique ? La promesse affichée : « Qui va à la chasse… trouve sa place », se veut inclusive, moderne, ouverte. Mais elle sonne creux à force d’être répétée sans évolution notable du discours. Les déclinaisons ciblant jeunes, femmes ou quadragénaires relèvent davantage d’un habillage marketing que d’une réelle réflexion sur les attentes profondes de ces publics. Là encore, l’intention est louable, mais l’exécution manque de substance. Quant au choix de la chanson de Michel Delpech, il joue sur la corde nostalgique, mais interroge : faut-il vraiment regarder en arrière pour tenter de séduire de nouveaux pratiquants ? Cette esthétique du « retour aux sources » parle avant tout à ceux qui sont déjà convaincus. Plus troublant encore : l’ampleur des moyens mobilisés. Plus de 1 400 diffusions TV, une présence massive sur les réseaux sociaux, des partenariats avec des influenceurs… pour quel résultat concret ? Où sont les indicateurs ? Combien de nouveaux chasseurs recrutés grâce à ces campagnes successives ? La question reste posée, et elle dérange. Car au fond, le problème est peut-être là. À vouloir « vendre » la chasse comme un produit de consommation, on en oublie sa complexité, ses exigences, son ancrage territorial. La chasse ne se résume pas à une parenthèse de liberté entre deux contraintes urbaines. Elle est engagement, apprentissage, responsabilité. À quoi servent donc ces campagnes, sinon à rassurer en interne et à donner l’illusion d’une dynamique ? À force de répéter les mêmes recettes, le risque est grand de parler dans le vide. Il serait peut-être temps de changer de regard, de discours… et surtout de stratégie.