L’été 2026 laissera-t-il une facture de 16 milliards d’euros à la France ? C’est l’estimation minimale avancée le 5 octobre par une mission d’information de l’Assemblée nationale conduite par Éric Coquerel, président de la commission des finances. Son rapport cherche à mesurer les conséquences économiques et sociales des fortes chaleurs, de la sécheresse et des incendies qui ont marqué la saison. Le chiffre repose sur trois grands ensembles de coûts. Le premier concerne l’impact macroéconomique des événements climatiques. Selon les estimations de l’Insee et du Trésor reprises par la mission, les fortes températures et la sécheresse pourraient avoir amputé la croissance d’environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros. L’agriculture a été particulièrement touchée, avec notamment une baisse estimée de 42 % pour certaines productions de maïs et une diminution d’environ 8 % de la valeur ajoutée agricole. À cette perte d’activité s’ajoutent au moins 2,5 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires : environ 1,3 milliard pour les aides aux agriculteurs, 700 millions pour les dépenses liées à la santé et au moins 300 millions pour les incendies. La troisième composante, la plus importante mais aussi la plus incertaine, concerne les ménages et les entreprises. La mission l’évalue à plus de 11 milliards d’euros. Elle inclut notamment les dommages assurés liés aux incendies, l’augmentation des consommations électriques due à la climatisation et à la ventilation, ainsi que les pertes agricoles. Ce dernier montant repose cependant sur des estimations fournies par des organisations agricoles et doit donc être interprété avec prudence. Au-delà du bilan de 2026, le rapport pose surtout la question de l’adaptation. La mission estime entre 10 et 13,6 milliards d’euros les dépenses publiques qui seraient nécessaires dès 2027 pour mieux faire face à des épisodes comparables. À l’horizon 2050, l’effort cumulé pourrait atteindre 117 à 158 milliards d’euros. Ce chiffrage intervient alors que s’ouvre le débat sur le budget 2027. Il donne une dimension très concrète au coût de l’adaptation climatique : ne pas investir aujourd’hui pourrait signifier supporter demain des dommages encore plus élevés.