La réalité de terrain impose pourtant un constat clair : la chasse participe directement à la régulation du grand gibier et à la protection des cultures. Les dégâts agricoles représentent chaque année des millions d’euros, indemnisés par les fédérations de chasseurs, en lien étroit avec le monde agricole. La faune sauvage n’est pas seulement un patrimoine naturel, elle constitue aussi une pression économique et sociale qui exige une gestion pragmatique.
Dans ce contexte, le rattachement de la chasse au ministère de l’Agriculture apparaît comme une option cohérente. Il permettrait de clarifier la vocation régulatrice de la chasse, d’inscrire pleinement son action dans une logique de gestion des territoires et de rapprocher décision administrative et réalités rurales. Ce transfert ne nierait pas l’enjeu écologique, mais il reconnaîtrait que la chasse est aussi un outil d’aménagement, de prévention des dégâts et de maintien des équilibres agro-sylvo-cynégétiques. Maintenue sous tutelle exclusivement environnementale, elle reste enfermée dans une lecture restrictive et conflictuelle. Un changement de ministère constituerait un signal politique fort : celui d’une reconnaissance institutionnelle de la dimension économique, culturelle et territoriale de la chasse. Plus qu’un symbole, ce serait une clarification stratégique indispensable pour sortir d’une opposition stérile entre écologie et ruralité, et replacer la gestion de la faune au cœur d’une politique publique assumée et efficace.
La chasse sous tutelle écologique : un malentendu devenu fracture ?
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La chasse sous tutelle écologique : un malentendu devenu fracture ?