Photopériode et contrôle environnemental
La photopériode constitue le second pilier de régulation du cycle des bois. Dans les régions tempérées, l’alternance saisonnière de la durée du jour rythme précisément la chute et la repousse annuelle. Des expérimentations en lumière artificielle ont démontré qu’en modifiant ce cycle lumineux, il est possible d’induire deux cycles complets de ramure par an. Ces travaux ont confirmé le rôle central de la glande pinéale et de la mélatonine dans la synchronisation hormonale.
Pivots, minéralisation et coût biologique
Les pivots sont présents chez les deux sexes dès le stade fœtal, mais seuls les mâles développent une ramure fonctionnelle sous l’effet des hormones sexuelles. Leur morphologie évolue avec l’âge, sous l’effet combiné de la croissance du crâne et de l’érosion osseuse liée aux chutes successives.
Le moindre traumatisme sur un pivot en phase de croissance peut entraîner des anomalies définitives. La ramure peut représenter jusqu’à 4 à 5 % du poids corporel du cerf. Les plus grands trophées français approchent les dix kilogrammes, traduisant un effort annuel de minéralisation considérable. Cette dépense énergétique répétée explique en partie une longévité généralement inférieure chez les mâles par rapport aux femelles. La croissance des bois se poursuit bien après la fin de la croissance corporelle, jusqu’à 10–12 ans, avant une phase de stabilisation puis de régression, appelée « ravalement ». Le refait annuel dure en moyenne 120 à 140 jours et se déroule en pleine période de richesse végétale. Enfin, des travaux menés par l’Office français de la biodiversité montrent que la tranquillité du milieu est déterminante durant cette phase. Un dérangement excessif accroît les déplacements, le stress et peut conduire à l’abandon du territoire. La période de chute et de repousse des bois constitue ainsi une phase critique pour l’équilibre physiologique, social et spatial du cerf élaphe.