Au cœur de la forêt de Fontblanche, à Roquefort-la-Bédoule, une équipe de chercheurs de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) étudie depuis près de vingt ans la capacité des arbres méditerranéens à résister à la sécheresse. Ce site expérimental, situé à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Marseille, constitue un véritable laboratoire à ciel ouvert consacré aux conséquences du changement climatique. Le projet, baptisé Mirage et financé par l'Agence de la transition écologique (Ademe), repose sur un dispositif original destiné à reproduire les conditions climatiques attendues dans les prochaines décennies.
Des gouttières installées à environ deux mètres du sol interceptent près de 30 % des précipitations avant qu'elles n'atteignent le sol. Les arbres évoluent ainsi dans des conditions de stress hydrique artificiellement accentuées, comparables à celles qui pourraient devenir la norme dans le bassin méditerranéen. Les scientifiques concentrent leurs observations sur deux essences emblématiques de ces milieux : le pin d'Alep et le chêne vert. Régulièrement, des campagnes de mesures sont réalisées afin d'évaluer leur état hydrique et leur capacité d'adaptation au déficit en eau. Les prélèvements doivent être effectués dans un laps de temps très court afin de garantir la fiabilité des résultats. Sur une surface de 0,6 hectare, plusieurs milliers de données sont enregistrées en continu grâce à un important réseau de capteurs. Le sol est équipé d'électrodes, de sondes d'humidité et de nombreux instruments permettant de suivre l'évolution des réserves en eau, de la croissance des arbres et de leur fonctionnement physiologique au fil des saisons. Ces recherches visent à mieux comprendre les mécanismes qui conduisent au dépérissement des peuplements forestiers lors des épisodes de sécheresse prolongée. Elles doivent également permettre d'améliorer les modèles de prévision de l'évolution des forêts méditerranéennes et d'identifier les essences ou les modes de gestion les plus aptes à faire face au réchauffement climatique. Les données recueillies contribuent enfin à mieux appréhender le lien entre déficit hydrique, affaiblissement des arbres et augmentation du risque d'incendie dans les massifs forestiers du sud de la France.
Dans les Bouches-du-Rhône, une forêt laboratoire pour anticiper les effets du changement climatique
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Dans les Bouches-du-Rhône, une forêt laboratoire pour anticiper les effets du changement climatique