Adoptée lors de la 72e Assemblée générale à Vienne, le mois dernier, la résolution du Conseil international pour la conservation de la faune sauvage (CIC) marque une prise de position forte en faveur de la reconnaissance mondiale des économies fondées sur la faune sauvage. Elle appelle les gouvernements, les institutions internationales et les acteurs de la conservation à considérer l’utilisation durable de la faune comme un pilier central de la protection de la biodiversité. Ce texte intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des politiques environnementales.
Les interdictions généralisées de la chasse, les restrictions commerciales accrues et la fragmentation des cadres réglementaires fragilisent les systèmes d’incitation qui soutiennent la conservation dans de nombreuses régions riches en biodiversité. À rebours de ces tendances, la résolution affirme que l’utilisation durable des ressources fauniques, y compris la chasse réglementée, contribue directement à la préservation des habitats, à la gestion des espèces et au maintien des moyens de subsistance locaux.
Le CIC souligne également une réalité souvent négligée : des milliards de personnes dépendent de la faune sauvage pour leur alimentation, leurs revenus et leur identité culturelle. L’affaiblissement de ces économies met en péril à la fois les équilibres écologiques et le bien-être humain. La résolution rappelle à ce titre les engagements internationaux pris dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique et du Cadre mondial de Kunming-Montréal, qui reconnaissent tous deux l’importance de l’utilisation durable, bien que ces principes soient encore insuffisamment appliqués dans les politiques concrètes.
Sur le plan opérationnel, le texte invite les États à intégrer pleinement les économies de la faune sauvage dans leurs stratégies nationales de conservation et de développement rural. Il encourage une gestion scientifique et adaptative des populations animales, et met en garde contre les décisions politiques non fondées sur des données probantes, susceptibles de nuire aux objectifs de conservation. Il appelle également à une meilleure cohérence entre les politiques de biodiversité, de commerce et de développement. Le rôle du secteur privé et des partenaires de conservation est aussi mis en avant, notamment à travers le soutien à des initiatives générant des bénéfices mesurables pour la nature et les communautés locales. Enfin, la résolution engage les membres du CIC à renforcer leur action auprès des grandes instances internationales. Cette résolution défend une idée clé : conservation et utilisation ne s’opposent pas, elles se renforcent mutuellement. Lorsque la faune a une valeur tangible, sa protection devient une priorité partagée, garantissant ainsi sa pérennité pour les générations futures.
Économie de la faune sauvage : un levier essentiel pour la biodiversité et les sociétés humaines
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Économie de la faune sauvage : un levier essentiel pour la biodiversité et les sociétés humaines