Le phénomène climatique El Niño pourrait faire son retour à partir de l’été, selon les dernières prévisions du Centre de prévision climatique de la NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique). Les modèles indiquent une probabilité de 50 à 60 % de formation d’ici la fin de l’été, même si les prévisions établies au printemps restent traditionnellement entourées d’incertitudes. Si l’événement se confirme, il pourrait contribuer à de nouveaux records de températures mondiales fin 2026 ou début 2027. El Niño, ou plus précisément l’oscillation australe El Niño (ENSO), correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental. Ce phénomène naturel survient en moyenne tous les trois à sept ans et dure généralement neuf à douze mois. Il modifie la circulation atmosphérique à l’échelle planétaire, perturbant les régimes de pluie, les températures et l’intensité des tempêtes. Le précédent épisode, en 2023-2024, a fortement contribué aux records de chaleur mondiaux. Selon le climatologue Zeke Hausfather (Berkeley Earth), il aurait ajouté environ 0,12 °C à la température moyenne mondiale en 2024. L’atmosphère absorbe alors davantage de chaleur libérée par l’océan, accentuant temporairement le réchauffement global d’origine anthropique. Or, les océans n’ont jamais été aussi chauds : 2025 marque la cinquième année consécutive de record de température océanique. Dans ce contexte déjà marqué par le changement climatique, un nouvel épisode El Niño pourrait amplifier les extrêmes météorologiques. Aux États-Unis, il favorise souvent de fortes pluies et des tempêtes hivernales sur la côte Pacifique, tandis qu’il peut retarder la mousson en Inde. En Australie et en Asie du Sud-Est, il accroît les risques de sécheresse et d’incendies. L’Europe, plus indirectement influencée, peut néanmoins subir des répercussions sur ses régimes saisonniers. Si son retour se confirme, El Niño ne serait pas la cause du réchauffement climatique, mais un facteur d’accélération temporaire venant s’ajouter à une tendance de fond déjà préoccupante.