La réduction de l'impact des parcs éoliens sur l'avifaune constitue aujourd'hui un axe majeur de recherche dans les études environnementales. Alors que les objectifs de transition énergétique conduisent à une augmentation du nombre d'éoliennes terrestres et offshore, les collisions entre oiseaux et pales en rotation demeurent l'une des principales préoccupations des écologues et des bureaux d'études spécialisés. Une récente étude apporte de nouveaux éléments sur une solution de conception particulièrement simple : modifier l'apparence visuelle des pales afin d'améliorer leur détection par les oiseaux. Jusqu'à présent, les mesures de réduction du risque reposent principalement sur des dispositifs de détection automatisée capables d'identifier l'approche d'un oiseau et de déclencher un ralentissement, voire un arrêt temporaire des turbines.
Bien que performants dans certaines situations, ces systèmes présentent plusieurs limites : coûts d'installation élevés, maintenance complexe, perte de production électrique lors des arrêts et efficacité encore variable selon les espèces et les conditions météorologiques. Les chercheurs ont donc exploré une approche passive consistant à accroître la visibilité des rotors grâce à des marquages contrastés. Les expérimentations ont été réalisées en laboratoire à l'aide de mini-éoliennes reproduisant différentes configurations de pales. Deux espèces aux capacités visuelles distinctes ont été retenues : le milan noir (Milvus migrans), rapace migrateur fréquemment concerné par les collisions, et le pigeon voyageur (Columba livia), dont les performances visuelles sont bien documentées. Quatre configurations ont été comparées : pales entièrement blanches, une pale noire, pales rayées et pales à motif en damier. Les essais ont également pris en compte plusieurs paramètres susceptibles d'influencer la perception du mouvement : vitesse de rotation des pales, contraste avec l'arrière-plan et type de marquage. Les résultats montrent que la vitesse de rotation constitue un facteur déterminant. Plus de la moitié des oiseaux testés n'ont pas été capables de différencier une turbine immobile d'une turbine tournant à moins de cinq tours par minute, une vitesse pourtant fréquemment observée lors des procédures de ralentissement destinées à protéger l'avifaune. Les marquages rayés se distinguent par une amélioration significative de la perception du mouvement chez les milans noirs. À l'inverse, les motifs en damier produisent des effets variables selon les espèces et semblent même réduire la détection du mouvement chez les pigeons. Ces différences confirment que les capacités de traitement visuel diffèrent fortement d'un groupe d'oiseaux à l'autre, ce qui complique la définition d'un dispositif universel. Les auteurs concluent que les pales rayées représentent actuellement l'option la plus prometteuse pour renforcer la visibilité des éoliennes sans modifier leur fonctionnement mécanique ni leurs performances énergétiques. Toutefois, les résultats obtenus en environnement contrôlé devront être validés sur des installations en exploitation. Des essais de terrain, intégrant la diversité des espèces, des paysages et des conditions météorologiques, seront indispensables avant toute intégration de ces marquages dans les recommandations techniques applicables aux futurs projets éoliens.
Éoliennes : des pales rayées pour améliorer la visibilité des rotors et réduire le risque de collision aviaire
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Éoliennes : des pales rayées pour améliorer la visibilité des rotors et réduire le risque de collision aviaire