Les cours d'eau français présentent aujourd'hui un visage contrasté. Si de nombreux fleuves, rivières et ruisseaux ont retrouvé une meilleure qualité qu'il y a quarante ans, grâce aux progrès de l'assainissement et à la réduction de certaines pollutions industrielles, leur état écologique demeure préoccupant sur une grande partie du territoire. Selon les dernières évaluations réalisées dans le cadre de la Directive-cadre européenne sur l'eau, un peu moins de la moitié des masses d'eau de surface françaises atteignent un bon état écologique. À l'inverse, plus de 56 % sont encore classées dans un état moyen, médiocre ou mauvais. Cette situation résulte d'un cumul de pressions exercées depuis plusieurs décennies. Les pollutions diffuses d'origine agricole restent l'un des principaux défis. Les nitrates, les résidus de produits phytosanitaires et les apports en matières organiques dégradent la qualité de nombreux bassins versants. Les rejets urbains et industriels, bien que mieux maîtrisés qu'autrefois, continuent également d'affecter certains secteurs. Le changement climatique accentue ces difficultés. Les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents, les débits estivaux diminuent et la température de l'eau augmente progressivement. Cette évolution fragilise les espèces exigeant des eaux fraîches, comme la truite fario ou l'ombre commun, tandis que d'autres espèces plus tolérantes gagnent du terrain. Les modifications physiques des cours d'eau constituent un autre enjeu majeur. Pour autant, plusieurs indicateurs montrent des progrès. De nombreuses grandes rivières accueillent aujourd'hui le retour d'espèces sensibles comme le saumon atlantique, la loutre d'Europe ou le castor sur certains bassins. Les stations d'épuration plus performantes et les actions des agences de l'eau ont permis une amélioration sensible de la qualité de nombreuses eaux de surface. En définitive, les fleuves, rivières et ruisseaux français ne sont ni en bon état généralisé ni en déclin irréversible. Leur situation varie fortement selon les régions et les bassins versants. Les progrès accomplis démontrent que les politiques de restauration peuvent produire des résultats, mais les effets du changement climatique, les pollutions diffuses et les pressions exercées par les activités humaines continuent de constituer les principaux défis pour préserver durablement les milieux aquatiques français. En conclusion, les rivières vont bien... Elles ne souffrent que d’un manque d’eau ! (Photo Agence de presse Meurisse. BNF)