Le Boone and Crockett Club, organisation américaine historique engagée dans la conservation de la faune et la défense de la chasse, a salué le décret présidentiel du 17 septembre 2026 intitulé « Reinvigorating America’s Hunting Heritage » (« Redynamiser le patrimoine cynégétique américain »). Le texte a été annoncé lors d’un dîner organisé à la Maison-Blanche en présence de responsables de la conservation, de la chasse et de la pêche. Le décret s’articule autour de plusieurs priorités : faciliter l’accès des chasseurs aux terres fédérales, développer l’éducation et le recrutement de nouveaux pratiquants, favoriser des populations de gibier et accroître le don de viande de gibier. Il demande notamment aux administrations fédérales de proposer des mesures élargissant les possibilités de chasse, de pêche et de tir sur certains terrains publics, tout en prévoyant des actions concernant les habitats, les espèces invasives et certains facteurs limitant les populations de gibier. Le texte prévoit également des mesures en faveur de la formation des jeunes chasseurs et le développement de programmes permettant de distribuer de la venaison aux écoles et aux banques alimentaires. Le Boone and Crockett Club indique vouloir travailler avec les agences concernées sur les espèces dont certaines populations restent fragiles, notamment le cerf mulet et le mouflon d’Amérique. Derrière ces mesures apparaît une conception particulière de la philosophie cynégétique américaine. Depuis Theodore Roosevelt, fondateur du Boone and Crockett Club en 1887, une partie importante du mouvement des chasseurs-conservationnistes défend l’idée que la chasse réglementée peut participer directement au financement, à la gestion et à la protection de la faune. Le principe de « fair chase », ou chasse loyale, constitue l’un des fondements de cette tradition : le chasseur doit rechercher le gibier dans des conditions éthiques, sans avantage déloyal, et considérer l’expérience de chasse comme aussi importante que le prélèvement. Cette vision s’inscrit dans le North American Model of Wildlife Conservation, fondé notamment sur la gestion scientifique des populations, l’accès public à la faune et le principe selon lequel les ressources sauvages constituent un patrimoine collectif.