La France engage une nouvelle étape majeure de sa politique d’adaptation au changement climatique en inscrivant pour la première fois une Trajectoire de Réchauffement de Référence (TRACC) dans son droit national. Annoncée par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, cette trajectoire est intégrée au Code de l’environnement par décret et s’inscrit dans le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3). L’objectif est clair : d’ici 2030, faire de l’adaptation une composante systématique de toutes les politiques publiques, qu’il s’agisse de santé, d’économie, d’urbanisme, d’agriculture, d’aménagement du territoire ou encore de construction et de rénovation des infrastructures.
Fondée sur les travaux du GIEC et les projections climatiques disponibles pour la France, la TRACC fixe des hypothèses communes de réchauffement : environ +2 °C dès 2030, +2,7 °C en 2050 et jusqu’à +4 °C à l’horizon 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, pour la France hexagonale. En adoptant une trajectoire unique, l’État établit un cadre partagé permettant aux collectivités, aux entreprises et aux citoyens d’évaluer les risques climatiques et d’orienter leurs décisions d’investissement et d’aménagement en fonction du climat futur. Le décret publié le 23 janvier précise les modalités de définition et de mise à jour de cette trajectoire, complété par un arrêté fixant les niveaux de réchauffement retenus. Concrètement, les plans de prévention des risques naturels — inondations, feux de forêt, glissements de terrain — devront être révisés pour intégrer ces projections, ce qui pourra entraîner l’extension de zones inondables ou de nouvelles règles de construction. Les normes techniques encadrant les infrastructures, telles que routes, ponts ou réseaux ferroviaires, évolueront également afin de résister à des conditions climatiques plus extrêmes. En anticipant dès aujourd’hui le climat de demain, la TRACC vise à éviter des reconstructions répétées et coûteuses, tout en protégeant les populations exposées aux canicules, sécheresses ou inondations. Elle constitue à la fois un outil de prévention et une garantie de bonne gestion des finances publiques. Élaborée en concertation avec les élus et soumise à consultation publique, elle s’appuie sur des services climatiques accessibles, notamment les projections locales mises à disposition par Météo-France via la plateforme DRIAS. La TRACC devient ainsi un instrument central pour planifier l’adaptation des territoires et agir avant que les crises ne s’imposent.
La France adopte une trajectoire de réchauffement de référence
ACCUEIL
>
>
La France adopte une trajectoire de réchauffement de référence