La lutte contre le frelon à pattes jaunes, Vespa velutina, franchit une nouvelle étape. Entériné par la loi du 6 mars 2025, puis précisé par le décret du 29 décembre 2025, le plan national de lutte vient d’être validé par arrêté. Sa déclinaison dans chaque département devra intervenir dans les six mois suivant sa publication au Journal officiel. Cette officialisation doit permettre de structurer une lutte engagée depuis plus de vingt ans contre une espèce invasive désormais largement implantée en France. Depuis l’arrivée du frelon asiatique en 2004, les interventions reposaient principalement sur des initiatives locales, avec des pratiques variables selon les territoires. En l’absence de cadre national, les méthodes de surveillance, de destruction des nids et de prévention ne faisaient pas toujours l’objet d’une coordination suffisante. Le nouveau plan entend remédier à cette situation en donnant une direction commune aux acteurs concernés. Cette démarche s’inscrit dans la continuité du plan national lancé en 2022 et actualisé en 2024. Elle vise notamment à favoriser le recours à des méthodes validées, à améliorer le partage des connaissances et à renforcer la coordination entre les services de l’État, les collectivités, les professionnels et les autres intervenants de terrain. La présence de Vespa velutina soulève plusieurs problématiques. Le frelon asiatique exerce une pression sur les populations d’abeilles domestiques, dont il capture les individus à proximité des ruches. Cette prédation peut fragiliser les colonies et compliquer le travail des apiculteurs. L’espèce constitue également un enjeu de biodiversité, en raison de son régime alimentaire diversifié et de ses interactions avec les insectes locaux. La sécurité des personnes représente un autre volet de la lutte. La proximité de nids, notamment dans les zones habitées, peut exposer la population à des piqûres, particulièrement lors d’interventions non maîtrisées. La réussite du dispositif dépendra désormais de sa mise en œuvre départementale. Les six prochains mois devront permettre de préciser les responsabilités, les modalités d’intervention et les moyens mobilisables. L’enjeu sera de transformer cette reconnaissance officielle en une action cohérente, fondée sur des pratiques partagées et adaptée aux réalités de chaque territoire.