Alors que l'Union européenne prépare la prochaine réforme de la Politique agricole commune (PAC) pour la période 2028/2034, une question revient avec insistance dans le monde rural : quelle place sera accordée à la chasse dans cette nouvelle architecture ? Si la PAC demeure avant tout un outil de soutien aux agriculteurs, ses orientations influencent directement la gestion des espaces naturels, de la biodiversité et, par conséquent, les activités cynégétiques. Depuis plusieurs années, la PAC consacre une part croissante de ses financements aux objectifs environnementaux. Haies, jachères, bandes enherbées, zones humides ou encore agroforesterie constituent autant d'aménagements favorables à la petite faune de plaine, aux oiseaux et aux pollinisateurs. Pour les chasseurs, ces mesures représentent une opportunité de restaurer des habitats qui ont fortement régressé au cours des dernières décennies. Mais les inquiétudes demeurent. Les organisations cynégétiques craignent que la future PAC soit élaborée sans prendre suffisamment en compte le rôle des chasseurs dans la gestion des territoires. Régulation des populations de grand gibier, prévention des dégâts agricoles, entretien de nombreux milieux naturels ou encore suivi de la faune sauvage : autant de missions qui participent à l'équilibre des écosystèmes et qui pourraient être davantage reconnues. Les débats portent également sur les financements. Plusieurs fédérations souhaitent que les projets portés par les associations de chasse puissent bénéficier plus facilement des fonds européens lorsqu'ils contribuent à la restauration des habitats, à la préservation des zones humides ou à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes, en partenariat avec les agriculteurs et les collectivités. L'avenir de la PAC se jouera aussi sur sa capacité à concilier production agricole, souveraineté alimentaire et gestion durable des espaces ruraux. Dans cette équation, la chasse ne peut être réduite à une simple activité de loisir. Elle constitue, dans de nombreux territoires, un acteur de terrain impliqué dans la conservation de la biodiversité, le suivi des espèces et la prévention des conflits entre faune sauvage et activités humaines. Les négociations européennes s'annoncent longues et complexes. Pour le monde de la chasse, l'enjeu sera de faire reconnaître sa contribution à la gestion de la nature afin que la future PAC ne soit pas seulement une politique agricole, mais aussi un véritable outil au service de l'équilibre des territoires