Cependant, l’augmentation de la complexité génétique n’est pas exempte de risques biologiques. Chez les grands ongulés sauvages, la multiplication des gènes et des interactions chromosomiques accroît la probabilité d’erreurs lors des divisions cellulaires, de la gamétogenèse ou du développement embryonnaire. Les anomalies génétiques peuvent se traduire par des troubles de croissance, des malformations des membres, des anomalies de dentition ou une baisse de viabilité des jeunes.
Ces phénomènes restent généralement marginaux dans des populations vastes et bien connectées, mais deviennent préoccupants lorsque les effectifs sont réduits ou isolés. La structure sociale et reproductive influence également la génétique des populations. Chez les cervidés, la domination reproductive de quelques mâles adultes peut concentrer la transmission génétique, tandis que chez le sanglier, les accouplements multiples favorisent un brassage génétique plus large. Le chevreuil, espèce plus territoriale, présente une dispersion des jeunes mâles jouant un rôle essentiel dans la connectivité génétique entre territoires. Quant au chamois, sa fidélité au massif et sa faible dispersion rendent sa diversité génétique particulièrement dépendante de la continuité écologique. Les chromosomes sexuels, porteurs de caractères sexuels secondaires mais aussi de gènes non spécifiques, participent également à cette dynamique, influençant la morphologie, le comportement et la physiologie. Toute perturbation durable de ces équilibres (surchasse sélective, pression anthropique continue, réduction des corridors biologiques...), peut altérer la transmission génétique à long terme. Celle de la faune sauvage apparaît ainsi comme un indicateur silencieux mais fondamental de l’état de santé des écosystèmes. Comprendre et préserver cette diversité génétique n’est pas seulement un enjeu biologique : c’est une condition indispensable à la résilience des populations face aux changements climatiques, aux émergences sanitaires et à l’intensification des activités humaines. La gestion durable de la faune doit donc intégrer la génétique comme un outil clé d’aide à la décision, au même titre que la démographie ou l’écologie comportementale.
La génétique, fondement du vivant...
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