Lorsque les sols et la végétation s’assèchent, lorsque l’humidité disparaît, la quantité et la disponibilité de ces petites proies peuvent diminuer. Une reproduction réussie ne se mesure donc pas au seul nombre d’œufs éclos : encore faut-il que les poussins trouvent suffisamment de nourriture pour survivre. Le phénomène peut alors devenir cumulatif : moins d’humidité, moins d’insectes, des poussins plus fragiles, davantage de mortalité et, au final, moins de jeunes capables d’atteindre l’âge adulte.
Pour le gibier d’eau, la situation est encore plus évidente. Mares, étangs, fossés, marais et autres zones humides constituent des lieux essentiels pour se nourrir, se reproduire et se reposer. Lorsque les niveaux d’eau deviennent insuffisants ou que certains milieux disparaissent temporairement, ce sont des habitats entiers qui deviennent inadaptés. Les oiseaux sont alors contraints de se concentrer sur les derniers points d’eau disponibles, avec une concurrence accrue pour les ressources. Mais le plus préoccupant est peut-être ailleurs. Combien d’animaux auront réellement été perdus cette année à cause du manque d’eau ? Personne ne pourra probablement le dire avec précision. Les mortalités visibles ne représentent qu’une fraction du phénomène. Une grande partie des jeunes disparaît dans les fourrés, les cultures, les haies, les terriers ou les nids, sans laisser de trace. La sécheresse ne fait donc pas seulement baisser les rivières. Elle peut aussi faire baisser silencieusement le nombre d’animaux qui survivront jusqu’au printemps prochain. Et cette mortalité-là risque de ne figurer dans aucune statistique.
Gibier : la sécheresse va-t-elle provoquer une hécatombe silencieuse ?
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Gibier : la sécheresse va-t-elle provoquer une hécatombe silencieuse ?