Demain, vendredi 6 novembre, les Nations unies célèbreront la Journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre et de conflit armé. Instituée en 2001, cette journée rappelle que les conséquences des affrontements ne se limitent pas aux pertes humaines et aux destructions matérielles. Les écosystèmes, les habitats naturels et les populations animales sauvages sont également victimes des conflits, parfois durablement. Forêts incendiées, sols contaminés, cours d'eau pollués, végétation détruite pour dégager des positions militaires : les atteintes aux milieux naturels peuvent être considérables. Les explosions, les munitions non explosées et les mines représentent également des dangers pour la faune.
À ces destructions directes s'ajoutent les conséquences indirectes : abandon de la surveillance des espaces protégés, diminution des moyens consacrés à leur entretien et recrudescence possible du braconnage. Les animaux perdent alors des habitats, des ressources alimentaires et parfois leurs voies de déplacement. En Ukraine, les combats ont notamment compliqué la gestion de nombreuses zones naturelles protégées, tandis que les incendies et les pollutions menacent les milieux terrestres et aquatiques. Mais les rapports entre activités militaires et biodiversité sont plus complexes qu'il n'y paraît. Les effets commencent bien avant le déclenchement d'une guerre, dès la préparation des forces armées et l'aménagement des terrains d'entraînement. Des études internationales montrent que ces espaces peuvent, dans certaines conditions, présenter un intérêt pour la conservation. L'accès civil limité et l'absence d'agriculture intensive peuvent permettre à des habitats naturels de se maintenir et d'abriter une faune diversifiée. Certains terrains militaires européens accueillent ainsi des milieux et des espèces remarquables. Ce constat ne doit cependant pas masquer les nuisances des manœuvres : circulation des engins, bruit, tirs, incendies accidentels et perturbation des périodes de reproduction. L'effet sur la biodiversité dépend des habitats, des espèces présentes et de la manière dont les activités sont organisées. Une gestion écologique adaptée est donc indispensable. L'après-guerre représente enfin un enjeu majeur. La reconstruction peut être l'occasion de restaurer les habitats, de dépolluer les sols et de rétablir les corridors écologiques, à condition que la biodiversité soit intégrée aux projets dès leur conception. Protéger la faune sauvage en temps de conflit ne relève donc pas seulement de la conservation de la nature : c'est aussi préserver les ressources et les équilibres écologiques indispensables aux populations humaines, aujourd'hui comme demain.
Guerre et biodiversité : la faune sauvage aussi paie le prix des conflits
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Guerre et biodiversité : la faune sauvage aussi paie le prix des conflits