Les grandes races du Midi illustrent parfaitement cette seconde catégorie : Bleus de Gascogne, Ariégeois ou Gascons Saintongeois possèdent des voix graves, sonores et très modulées. Le Porcelaine est réputé pour ses changements de timbre au fil de l’action. Quant au Saint-Hubert, sa gorge profonde atteint sa pleine maturité vers l’âge de trois ans. Dans les races plus vives, le chien d’Artois et de nombreux griffons appartiennent souvent aux cogneurs, même si certains sujets peuvent également hurler. La qualité de la gorge reste d’ailleurs essentielle dans les épreuves officielles et les brevets de chasse. Un chien courant qui ne se récrie pas perd une partie de sa raison d’être. Certains défauts sont particulièrement sanctionnés. Les céleurs connaissent la voie sans donner suffisamment ; les musards crient de façon désordonnée et permanente ; les chiens donnant « à faux » s’expriment hors de la voie et perturbent toute la meute. À l’inverse, le chien « chaud », très abondant en voix mais juste dans son travail, est particulièrement recherché. En vénerie, les individualités s’effacent souvent au profit de l’harmonie collective. La meute devient alors comparable à un orchestre dont chaque chien représente un instrument. Le célèbre commandement « à la voie mes beaux », accompagné du geste du piqueur, symbolise cette relation presque instinctive entre l’homme et ses chiens. Pour beaucoup d’amateurs, entendre une meute bien gorgée travailler reste l’une des plus belles musiques qui soient.