Mais où est passée la pluie ?
Si l’été est désormais derrière nous, la France continue de subir les conséquences d’une saison hors-norme. Aux températures exceptionnellement élevées s’ajoute un déficit de précipitations qui plonge une grande partie du territoire dans une sécheresse historique. En septembre, seuls 21 mm de pluie sont tombés en moyenne sur le pays, soit un déficit de 70 %. Selon Météo-France, il s’agit du troisième mois de septembre le moins arrosé depuis le début des mesures, en 1958. Cette situation prolonge plusieurs mois déjà déficitaires : depuis mars, aucun mois n’a enregistré d’excédent pluviométrique.
Résultat, les sols affichent un niveau de sécheresse exceptionnellement bas pour la saison, tandis que les réserves en eau continuent de s’épuiser. Cette tension se traduit désormais très concrètement pour les populations. Selon le ministère de la Santé, l’approvisionnement en eau potable d’environ un million de personnes reste sous tension et plus de 83 000 habitants sont actuellement privés d’accès direct à l’eau, contraints de recourir à des citernes ou à des bouteilles. Au total, 79 départements sont placés en situation de crise, le niveau le plus élevé des restrictions, et 14 autres en alerte renforcée. Certaines collectivités commencent à mesurer l’urgence. À Saint-Malo, les réserves ne représentent plus qu’une soixantaine de jours de consommation. Sur les quatre barrages alimentant le territoire, l’un est à sec et les trois autres affichent des niveaux préoccupants. En Mayenne, le barrage de Saint-Fraimbault-de-Prières ne présente plus que 30 % de remplissage, soit une autonomie estimée à trois ou quatre semaines. Dans ces territoires, les appels à réduire drastiquement les consommations se multiplient, avec des objectifs pouvant descendre jusqu’à 40 litres par personne et par jour à Saint-Malo, contre environ 150 litres habituellement. L’Île-de-France n’échappe pas à cette situation. Le débit de la Seine est au plus bas depuis 1990, malgré le soutien des grands lacs-réservoirs. À Paris, le fleuve est resté durant 80 jours sous le seuil de vigilance fixé à 81 m³/s, avec un minimum de 62 m³/s enregistré en juillet. Une situation qui rappelle que la crise de l’eau ne concerne plus seulement les territoires traditionnellement exposés : elle touche désormais l’ensemble du pays et impose de repenser durablement nos usages de la ressource.