Selon certains chercheurs et défenseurs de la réintroduction d’espèces, la présence de bisons en milieu forestier pourrait favoriser la biodiversité et dynamiser les écosystèmes. Leur passage ouvrirait les milieux, stimulerait la régénération végétale et créerait des habitats variés profitables à de nombreuses espèces. En piétinant le sol, en broutant certaines plantes et en dispersant des graines, ces grands herbivores joueraient un rôle structurant comparable à celui qu’ils occupaient autrefois dans les paysages européens. Ces arguments s’inscrivent dans une vision plus large de « réensauvagement », qui consiste à restaurer des dynamiques naturelles en réintroduisant des espèces disparues. Les partisans de cette approche mettent en avant des bénéfices écologiques mesurables, ainsi qu’une meilleure résilience des milieux face au changement climatique. Cependant, ces conclusions suscitent des réserves. Certains acteurs du monde rural pointent le manque de recul scientifique sur ces expérimentations et s’interrogent sur leur transposabilité à des territoires fortement anthropisés. Les impacts sur les activités humaines, notamment agricoles et forestières, restent également au cœur des préoccupations. Entre promesses écologiques et incertitudes pratiques, ces initiatives alimentent un débat plus large : jusqu’où faut-il aller pour restaurer des équilibres naturels ? Pour leurs détracteurs, ces études illustrent une tendance à multiplier les arguments en faveur des réintroductions, quitte à en minimiser les contraintes.