Les incendies de forêt ne constituent pas seulement une menace pour les populations humaines, les paysages et les infrastructures. Ils représentent également une véritable urgence sanitaire et de bien-être pour les animaux, qu’il s’agisse de la faune sauvage, des animaux d’élevage ou des animaux domestiques. C’est le constat dressé en août 2026 par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA/WOAH), qui appelle à mieux intégrer les services vétérinaires dans les dispositifs de gestion des catastrophes. L’ampleur du phénomène donne la mesure de l’enjeu. En 2024, environ 2,6 millions d’hectares ont brûlé dans le Pantanal brésilien, l’une des plus importantes zones humides tropicales de la planète et un haut lieu de biodiversité. Ces incendies ont détruit de nombreux habitats et menacé l’élevage ainsi que les moyens de subsistance des populations rurales. À l’échelle mondiale, les incendies de 2025 ont affecté des écosystèmes sur tous les continents habités. La revue Nature Reviews Earth & Environment souligne notamment la succession d’incendies extrêmes au Canada, en Europe, en Californie et en Corée du Sud, avec des conséquences humaines et environnementales considérables. Pour les animaux, le danger ne s’arrête évidemment pas aux flammes. Brûlures, inhalation de fumées, déshydratation, stress et mortalité directe peuvent toucher la faune et les troupeaux. Mais les conséquences peuvent également se prolonger après l’incendie. Les animaux sauvages déplacés peuvent gagner les exploitations agricoles ou les zones habitées, tandis que les troupeaux évacués sont parfois transférés vers d’autres territoires. La destruction des habitats peut aussi modifier les équilibres écologiques et les dynamiques de transmission de certaines maladies. Dans ce contexte, le vétérinaire ne doit plus intervenir uniquement après la catastrophe. Les services vétérinaires ont un rôle à jouer avant, pendant et après l’incendie : préparation des plans d’évacuation, identification des élevages vulnérables, organisation des secours, soins d’urgence, évaluation du bien-être, surveillance sanitaire et accompagnement du retour à la normale. L’OMSA cite notamment l’Australie, où les vétérinaires sont intégrés aux dispositifs de gestion des urgences animales, et le Brésil, où des professionnels ont participé au sauvetage, aux soins et à la réhabilitation de la faune touchée par les incendies du Pantanal. Cette approche relève pleinement du concept « Une seule santé », qui considère que santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes sont étroitement liées. Face à des incendies plus complexes et à des écosystèmes fragilisés, protéger les animaux n’est donc plus une conséquence secondaire de la gestion des catastrophes : c’est une composante à part entière de leur prévention et de leur réponse.