Autrefois très présents sur les côtes françaises au 19e siècle, les phoques ont frôlé la disparition avant de bénéficier d’un statut protégé dans les années 1960. Grâce à ces mesures, le phoque gris (Halichoerus grypus) et le phoque veau-marin (Phoca vitulina) ont progressivement recolonisé le littoral picard depuis d’autres colonies européennes. Aujourd’hui, la baie de Somme abrite la plus grande population de phoques veaux-marins de France, tandis que la mer d’Opale constitue également un site majeur pour les phoques gris. Pour préserver ces espèces, le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale déploie une stratégie globale articulée autour de quatre axes essentiels : la connaissance scientifique, la gestion des interactions humaines, la sensibilisation du public et le respect de la réglementation. La première étape consiste à mieux connaître ces animaux. Depuis plusieurs années, des suivis réguliers sont menés afin d’évaluer les populations. Le projet « Eco-Phoques » a permis dès 2017 de recenser environ 1 100 individus entre la frontière belge et la baie de Somme. Ces observations ont été complétées par des comptages aériens en 2020 et 2021. En 2025, la population est estimée à près de 1 800 phoques dans la zone. Ces données sont cruciales pour adapter les actions de protection. Parallèlement, les activités humaines, notamment le tourisme, peuvent perturber les animaux sur leurs zones de repos. Pour limiter ces impacts, des études comportementales ont été lancées et des dispositifs comme les « îlots de tranquillité » sont progressivement mis en place sur certaines plages. Des chartes encadrent également les pratiques des professionnels, en particulier en matière de navigation et de bruit. La sensibilisation joue un rôle clé. Des campagnes d’information rappellent les bons gestes à adopter : garder ses distances, éviter les drones et observer les phoques sans les déranger. Enfin, le respect de la réglementation est strictement contrôlé, toute perturbation volontaire étant passible de sanctions. (Photo OFB : Benjamin Guichard)