La mesure la plus concrète a été votée le 27 mai en séance publique. À l’initiative du gouvernement, les députés ont validé un amendement prévoyant que l’État puisse désormais attribuer aux lieutenants de louveterie des moyens matériels ou des dotations financières adaptés aux réalités locales. Le texte précise que « l’État organise, dans le cadre de ses moyens, les conditions d’accompagnement des missions exercées par les lieutenants de louveterie ». Il ajoute que cet accompagnement pourra donner lieu, chaque année, à l’attribution de moyens ou de dotations appréciés au niveau territorial. Concrètement, cette disposition ouvre la voie à un soutien plus homogène sur l’ensemble du territoire. Les préfectures pourront adapter leur accompagnement aux problématiques rencontrées localement, qu’il s’agisse de la lutte contre les dégâts de sangliers, des opérations de régulation du grand gibier ou encore des interventions liées au loup. Car derrière cette évolution législative apparaît également le dossier de la prédation. Dans plusieurs départements, les lieutenants de louveterie sont devenus des acteurs incontournables des opérations de défense des troupeaux et des tirs de prélèvement autorisés par l’État. Leur mobilisation régulière dans des contextes souvent sensibles a mis en évidence la nécessité de leur donner davantage de moyens. Pour beaucoup d’observateurs, cette réforme constitue avant tout une reconnaissance du travail accompli depuis des années par les louvetiers au service de l’intérêt général. Sans remettre en cause le caractère bénévole de leur engagement, elle consacre officiellement leur place dans les politiques publiques de gestion de la faune sauvage. À l’heure où les enjeux liés à la biodiversité, aux dégâts agricoles et à la prédation se multiplient, l’État semble ainsi prendre conscience qu’il dispose, avec les lieutenants de louveterie, d’un réseau de terrain expérimenté dont l’efficacité mérite d’être mieux soutenue.