Pour le grand gibier, les circonstances favorisant la contamination sont nombreuses. Les blessures provoquées lors des combats entre mâles pendant le rut, les coups de bois chez les chevreuils, les morsures, les attaques de prédateurs, les collisions avec des véhicules ou encore les blessures accidentelles liées aux clôtures constituent autant de portes d'entrée potentielles pour le parasite. Les animaux blessés lors d'une action de chasse sans être retrouvés immédiatement pourraient également devenir des cibles privilégiées. L'une des principales difficultés réside donc dans la surveillance sanitaire de la faune sauvage. Contrairement aux animaux d'élevage, les cervidés ou les sangliers infestés meurent souvent discrètement en forêt. Les carcasses peuvent être rapidement consommées par les charognards ou se décomposer avant même d'être découvertes. Une installation du parasite pourrait ainsi passer inaperçue durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant que les premiers indices ne soient détectés. Les conséquences écologiques pourraient alors dépasser la simple mortalité individuelle. Et des pertes massives chez certaines espèces déjà fragilisées localement pourrait modifier les équilibres entre populations animales. Les chasseurs, les gestionnaires d'espaces naturels et les agents de terrain ont donc un rôle essentiel dans une éventuelle détection précoce. L'observation d'animaux présentant des plaies fortement infestées de larves, des comportements anormaux ou des mortalités inexpliquées constituerait un signal d'alerte nécessitant une expertise vétérinaire immédiate. À ce jour, la lucilie bouchère demeure absente du territoire français et aucun cas n'a été recensé en Europe. Cependant, le ministère rappelle néanmoins que la résurgence du parasite sur le continent américain justifie une vigilance accrue. Les mouvements d'animaux, les échanges commerciaux internationaux et l'évolution des conditions climatiques imposent de maintenir une surveillance constante afin d'empêcher l'introduction de cet insecte particulièrement destructeur.