La présence du frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) constitue aujourd’hui un enjeu majeur en France, tant pour l’apiculture que pour la biodiversité et la sécurité des populations. Introduite accidentellement en 2004 dans le Lot-et-Garonne, probablement via une seule reine fécondée, cette espèce invasive s’est depuis propagée à l’ensemble du territoire métropolitain et à plusieurs pays européens. Sa progression rapide s’explique par une forte capacité de reproduction, l’abondance de ressources alimentaires et l’absence de prédateurs naturels spécifiques.
Prédateur opportuniste, le frelon asiatique se nourrit en grande partie d’insectes, dont environ 40 % d’abeilles domestiques. Cette pression prédatrice fragilise fortement les ruches : les ouvrières, capturées à l’entrée, ne peuvent plus assurer le butinage, ce qui affaiblit les colonies et peut entraîner leur disparition. À l’échelle nationale, jusqu’à 30 % des colonies peuvent être impactées certaines années. Au-delà de l’apiculture, l’impact sur les pollinisateurs sauvages et, plus largement, sur les équilibres écologiques reste encore mal évalué, mais suscite de fortes inquiétudes. La présence de nids à proximité des habitations pose également des problèmes de sécurité. Les piqûres, parfois multiples, peuvent provoquer des réactions graves. De plus, les tentatives de destruction non encadrées représentent un danger pour les particuliers. Face à cette situation, l’éradication de l’espèce n’est plus envisageable.
La stratégie repose désormais sur la limitation de ses impacts à travers des actions complémentaires : piégeage des reines au printemps, destruction des nids par des professionnels, piégeage d’automne pour réduire la pression sur les ruches, et mise en place de dispositifs de protection comme les muselières ou harpes électriques. Ces actions sont déjà mises en œuvre localement par les collectivités, les apiculteurs et les services de l’État. Pour renforcer cette lutte, un plan national a été lancé en 2025. Il prévoit une meilleure coordination entre acteurs grâce à un réseau de référents, la mise en place d’un système de déclaration obligatoire des nids et un financement annuel de 3 millions d’euros. Ce plan vise à structurer les interventions, améliorer l’efficacité des dispositifs et soutenir les territoires. Au-delà des moyens engagés, la réussite repose sur une mobilisation collective. La lutte contre le frelon asiatique s’inscrit dans la durée et nécessite une réponse coordonnée, adaptée aux réalités locales et respectueuse des équilibres environnementaux.
La lutte contre le frelon asiatique s’organise...
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