Un vaccin porcin testé chez les chiens

Face à cette menace, Jean-Louis Laurent a présenté les travaux récents portant sur l’utilisation du vaccin porcin Auskipra BK chez les chiens. À ce jour, il s’agit du seul vaccin employé à titre expérimental pour tenter de protéger les chiens de chasse exposés au virus lors des battues au sanglier. Une étude a été lancée en 2021 dans le département de l’Aube, à la suite de plusieurs mortalités canines, sous l’égide de la Fédération nationale des chasseurs. Menée en collaboration avec l’Agence nationale du médicament vétérinaire, des écoles vétérinaires et des laboratoires spécialisés, cette étude avait pour objectif d’évaluer à la fois la tolérance et l’efficacité du vaccin chez les chiens. Les analyses ont montré que le vaccin induit bien une production d’anticorps, mais que cette réponse immunitaire reste insuffisante pour neutraliser durablement le virus. Une primo-vaccination suivie de rappels semestriels est nécessaire pour espérer une protection partielle. Les effets indésirables observés, allant de réactions locales bénignes à quelques signes plus sévères, ont été étroitement suivis. Les chercheurs estiment désormais indispensable d’explorer le rôle de l’immunité cellulaire afin de mieux juger du niveau réel de protection conféré par ce vaccin, un second volet de l’étude étant actuellement en cours.

 

Des mesures de protection indispensables

En attendant un vaccin réellement efficace, la prévention repose avant tout sur des mesures strictes de biosécurité. Les intervenants ont insisté sur l’interdiction absolue de donner de la viande crue, des viscères ou des carcasses de sanglier aux chiens. Il est également essentiel d’éviter tout contact direct entre les chiens et les animaux abattus, et de ne jamais les laisser mordiller ou transporter un sanglier. Le nettoyage rigoureux des couteaux, gants et matériels de découpe constitue une étape clé pour limiter la diffusion du virus. Après chaque sortie de chasse, les propriétaires doivent surveiller attentivement leurs chiens : tout comportement anormal ou signe nerveux doit conduire à une consultation vétérinaire immédiate. Enfin, l’élimination contrôlée des déchets de venaison est primordiale pour réduire les risques de dissémination, les dispositifs de collecte mis en place par les fédérations de chasse jouant à ce titre un rôle déterminant.