Une étude internationale publiée dans la revue Current Biology précise les habitudes migratoires de nombreux oiseaux terrestres. En analysant les données de balises miniatures portées par 411 individus appartenant à 56 espèces, suivis dans 25 pays et sur quatre continents, les chercheurs ont établi que 82 % des vols migratoires enregistrés se déroulaient entièrement de nuit. Pour 41 des 56 espèces étudiées, cette proportion dépasse 90 %. Les résultats reposent sur l’analyse de 12 542 vols représentant 84 477 heures de vol. Les appareils utilisés, pesant en moyenne moins d’un gramme, enregistrent notamment la luminosité, la pression atmosphérique et les mouvements des oiseaux. Le croisement de ces données permet de déterminer les horaires de départ, de vol et d’atterrissage. Les informations sont récupérées lorsque les oiseaux équipés sont recapturés. Les départs se concentrent généralement autour du crépuscule, tandis que les arrivées ont souvent lieu à l’aube. Certaines étapes se prolongent toutefois en journée, notamment lorsque les oiseaux traversent des espaces où les possibilités de halte sont limitées, comme la mer ou le Sahara. L’étude corrige également certaines connaissances sur des espèces particulières. La huppe fasciée, longtemps considérée comme migratrice de jour comme de nuit, effectue ainsi 91 % de ses vols migratoires nocturnes. Le pipit des arbres réalise 71 % de ses trajets dans l’obscurité. D’autres espèces adoptent des stratégies différentes. Le guêpier d’Europe migre presque exclusivement de jour, en profitant des courants d’air chaud ascendants. Les hirondelles suivies effectuent, quant à elles, 38 % de leurs trajets nocturnes. Le bruant des neiges peut également voler en plein jour dans les régions arctiques pendant la période du soleil de minuit. Les chercheurs n’ont pas déterminé précisément les raisons de la prédominance des vols nocturnes. Plusieurs hypothèses sont avancées : des conditions atmosphériques plus stables, une moindre exposition aux rapaces diurnes, une réduction des risques de déshydratation ou la possibilité de consacrer la journée à l’alimentation. Les auteurs soulignent enfin que les résultats ne représentent pas nécessairement l’ensemble des oiseaux migrateurs, certaines espèces étant peu représentées dans l’échantillon. Ces données pourraient néanmoins contribuer à mieux identifier les périodes de migration et les risques associés à la pollution lumineuse et aux collisions avec les infrastructures.