Il y a des décisions politiques dont les conséquences sont prévisibles. Et puis il y a celles qui relèvent d’un aveuglement assumé. L’interdiction de la chasse, sur les terres communales de Montpellier, décidée le 28 decembre 2020, appartient clairement à la seconde catégorie. Portée par l'élu municipal, Eddine Ariztegui, avec l’appui de l’ASPAS, cette mesure se voulait symbolique. Elle est aujourd’hui devenue un cas d’école… d’irresponsabilité. Car la réalité, elle, ne négocie pas avec les postures. Depuis plusieurs années, les sangliers gagnent du terrain dans les zones urbaines. À Montpellier, leur présence a explosé : jardins ravagés, poubelles retournées, risques accrus d’accidents, inquiétude croissante des habitants. Privée d’un outil essentiel de régulation, la ville a laissé s’installer un déséquilibre prévisible. Et celui-ci a fini par éclater au grand jour. Le 12 avril 2026, la préfecture n’a donc eu d’autre choix que d’ordonner une battue administrative exceptionnelle à Montpellier et Juvignac. Une opération lourde, mobilisant 62 chasseurs et leurs chiens, en pleine zone urbaine. Résultat : 29 sangliers prélevés en une seule journée. Ce chiffre, à lui seul, dit tout. Il ne s’agit pas d’un incident isolé, mais du symptôme d’une situation devenue incontrôlable. Organiser une battue en ville n’est jamais anodin. C’est une mesure de dernier recours, coûteuse, complexe et révélatrice d’un échec en amont. Cet échec est ici politique. À force de nier les réalités de terrain, certains élus ont préféré sacrifier l’efficacité au profit de l’affichage idéologique. Le résultat ? Une intervention d’urgence, dans des conditions bien plus risquées que celles qu’aurait permises une gestion régulière et encadrée. Pendant ce temps, les chasseurs, eux, ont repondu présents. Ceux-là mêmes que l’on caricature ou que l’on écarte sont appelés pour rétablir un équilibre que l’on a contribué à détruire. Ils assurent la régulation, interviennent dans des environnements difficiles, et financent en grande partie les conséquences des dégâts causés par le grand gibier. Un paradoxe qui mérite d’être souligné. Alors une question s’impose : qui paie l’addition de ces choix politiques ? Les contribuables, mobilisés pour financer des opérations exceptionnelles ? Les habitants, confrontés aux nuisances et aux risques ? Ou les chasseurs, sommés d’intervenir après avoir été écartés ? Peut-être serait-il temps, en effet, d’envoyer la facture à ceux qui ont pris ces décisions en toute connaissance de cause. Gouverner, ce n’est pas céder aux slogans. C’est anticiper, assumer et protéger. À Montpellier, certains ont oublié ces principes. Les sangliers, eux, ne les ont pas attendus