Plus de six ans après le drame qui avait profondément marqué l'opinion publique, le tribunal judiciaire de Soissons a rendu son délibéré dans l'affaire de la mort d'Élisa Pilarski. Le 16 novembre 2019, cette jeune femme de 29 ans, enceinte de six mois, avait été retrouvée sans vie en forêt de Retz, dans l'Aisne, alors qu'elle promenait Curtis, le chien de son compagnon Christophe Ellul. Après des années d'enquête et trois jours d'audience particulièrement éprouvants en mars dernier, la justice a tranché. Présents au procès en qualité de parties civiles, Nathalie Pilarski, la mère de la victime, et Vincent Labastarde, son oncle, avaient multiplié les interrogations dans l'espoir de comprendre précisément les circonstances du décès. Certaines zones d'ombre demeurent néanmoins, notamment concernant le contenu exact de l'appel téléphonique passé par Élisa Pilarski à son compagnon peu avant sa mort. Christophe Ellul n'a jamais précisé les mots prononcés par la jeune femme au cours de cet échange. Au cœur des débats, il fut question de la responsabilité des chiens impliqués dans l'attaque. Malgré des moments de doute exprimés à l'audience, Christophe Ellul a maintenu sa version des faits, mettant en cause la meute d'un équipage de chasse à courre qui évoluait ce jour-là dans le massif forestier. Une hypothèse écartée par les investigations menées depuis 2019. Les expertises réalisées au cours de l'enquête ont conduit les magistrats à retenir la responsabilité de Curtis, le chien appartenant au prévenu. Mis en cause à plusieurs reprises par Christophe Ellul, le maître d'équipage concerné n'avait pas souhaité assister au procès, estimant que sa place n'était pas à la barre des accusés. La Société de vénerie s'était toutefois constituée partie civile. Représentant l'institution de la chasse à courre en France, elle était présente lors de l'audience consacrée au délibéré, défendue par Me Guillaume Demarcq. Le jugement met donc un terme à l'un des dossiers judiciaires les plus médiatisés de ces dernières années, même si l'émotion suscitée par ce drame demeure intacte auprès des proches de la victime comme dans le monde cynégétique. Christophe Ellul a été condamné ce jeudi par le tribunal de Soissons (Aisne) à quatre ans de prison avec sursis pour homicide involontaire après la mort de sa compagne, tuée en 2019 par son pitbull Curtis, dont la justice a décidé l'euthanasie.