Avec près de 2 500 collaborateurs, dont environ 600 chercheurs, il couvre un large éventail de disciplines liées à la biodiversité et à l’environnement. Les travaux menés portent notamment sur l’évolution des espèces, les interactions entre les organismes et leurs milieux, ou encore les impacts des changements globaux. Chaque année, environ 1 500 publications scientifiques témoignent de cette activité intense. L’un des piliers du Muséum réside dans ses collections, qui comptent près de 68 millions de spécimens. Animaux naturalisés, herbiers, fossiles, minéraux ou objets ethnologiques constituent une véritable mémoire du vivant. Ces archives permettent de comparer les écosystèmes à travers le temps et d’analyser les transformations de la biodiversité sur plusieurs siècles. Elles représentent un outil scientifique irremplaçable, notamment à l’heure des bouleversements environnementaux. Au-delà de la recherche, le Muséum joue un rôle essentiel dans la transmission des savoirs. Ses 13 sites, parmi lesquels le célèbre Jardin des Plantes, des galeries, musées et parcs zoologiques, accueillent chaque année près de cinq millions de visiteurs. Expositions, conférences, programmes pédagogiques : autant d’initiatives destinées à sensibiliser le grand public à la richesse du vivant et aux enjeux de sa préservation. Depuis plusieurs décennies, l’institution s’inscrit également dans les grands débats contemporains. Face à l’érosion de la biodiversité et aux changements climatiques, ses chercheurs contribuent activement à éclairer les décisions publiques. Cette évolution traduit un élargissement de sa mission : il ne s’agit plus seulement de décrire la nature, mais aussi d’alerter sur les menaces qui pèsent sur elle et de proposer des pistes d’action. Cette prise de parole scientifique suscite parfois des discussions, notamment avec certains acteurs du monde rural ou de la chasse, qui peuvent percevoir certaines positions comme éloignées des réalités de terrain. Le Muséum revendique toutefois une approche fondée sur l’observation, et le temps long, dans l’objectif de mieux comprendre les dynamiques du vivant. Ainsi, quatre cents ans après sa création, le Muséum national d’Histoire naturelle incarne bien plus qu’un simple lieu de savoir. Héritier d’un jardin médicinal du XVIIème siècle, il est devenu un carrefour entre science, pédagogie et réflexion sociétale. À l’heure où les équilibres naturels sont plus que jamais fragilisés, il continue d’interroger la place de l’humanité dans le monde vivant et de rappeler l’importance de mieux connaître pour mieux préserver.