La clé du succès a résidé dans la restauration massive de l’habitat forestier sur des terres privées, grâce à des programmes incitatifs favorisant le retour des forêts indigènes. Plus d’un million d’acres ont ainsi été reconvertis en habitats favorables à l’ours noir dans la vallée inférieure du Mississippi. Cette approche a permis de reconnecter les populations, d’améliorer la reproduction et de réduire la mortalité liée à la fragmentation des milieux. En parallèle, des zones sanctuarisées permanentes ont été créées afin d’assurer des noyaux de tranquillité indispensables à l’espèce. Ces efforts conjoints ont porté leurs fruits : la population d’ours noirs de Louisiane est aujourd’hui estimée à près de 1 000 individus, ce qui a permis son retrait de la liste des espèces menacées en 2016. La réouverture très encadrée de la chasse en 2024 s’inscrit dans cette logique de gestion durable. Les autorisations ont été limitées, les prélèvements strictement contrôlés, et les recettes générées par les licences sont intégralement réinvesties dans le suivi scientifique de l’espèce. Piégeage non létal, radiopistage et études de reproduction garantissent une surveillance étroite des populations. Au-delà du record et de la performance individuelle, cet ours symbolise la réussite d’un modèle de conservation fondé sur le temps long, la science et la responsabilité cynégétique. Il incarne le passage réussi d’une espèce menacée à un grand gibier géré durablement, rappelant que lorsque l’habitat est restauré et la chasse correctement encadrée, la faune sauvage peut non seulement survivre, mais atteindre des niveaux remarquables.