Pendant cinq mois, 35 perdrix grises, mâles et femelles, ont ainsi été maintenues dans des conditions semi-naturelles permettant une exposition réaliste à l’air, au sol et aux écoulements environnants. L’analyse sanguine a révélé des profils de contamination très variables selon les individus, avec la présence de nombreuses molécules parfois absentes des graines distribuées, indiquant des voies de contamination multiples.
Les résultats sont sans appel : plus le nombre de pesticides détectés et leur concentration cumulée augmentent, plus l’état de santé des oiseaux se dégrade. Les chercheurs ont observé une diminution significative de l’activité physique, une baisse de la vigilance face au danger et une réduction de l’intensité de la tache colorée autour de l’œil, un signal sexuel essentiel à la reproduction. À cela s’ajoute une chute de l’activité de l’acétylcholinestérase, marqueur clé du fonctionnement neurologique. Ces altérations, même subtiles à l’échelle individuelle, peuvent entraîner une diminution de la survie et du succès reproducteur, compromettant la viabilité des populations à long terme. L’étude suggère ainsi que les mélanges de pesticides pourraient jouer un rôle majeur dans le déclin des oiseaux des plaines agricoles européennes. Au-delà du cas des perdrix, les auteurs appellent à une refonte des procédures d’évaluation des risques, afin d’intégrer la réalité des expositions multiples. Les résultats soulèvent également une question plus large : si la faune est contaminée par de nombreuses molécules via des voies diffuses, qu’en est-il de l’exposition chronique des humains vivant dans ces mêmes environnements agricoles ?
Pesticides : les mélanges invisibles qui fragilisent les perdrix...
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Pesticides : les mélanges invisibles qui fragilisent les perdrix...