Mais cette initiative pose aussi une question de fond : jusqu'où peut aller une fédération de chasseurs dans ses missions ?
Pour certains, la FNC a vocation à défendre exclusivement la pratique de la chasse, les espèces, les territoires et les intérêts de ses adhérents. D'autres estiment au contraire qu'elle doit saisir toutes les occasions de renforcer la reconnaissance institutionnelle des chasseurs, en montrant qu'ils ne sont pas seulement des pratiquants d'un loisir, mais aussi des citoyens engagés pouvant contribuer à la résilience du pays. Cette stratégie n'est d'ailleurs pas nouvelle. Depuis plusieurs années, la Fédération cherche à faire évoluer l'image des chasseurs auprès des pouvoirs publics et du grand public en mettant en avant leur rôle dans la biodiversité, la sécurité sanitaire, l'entretien des espaces naturels ou encore la régulation de la faune. Le partenariat avec la Garde nationale s'inscrit dans cette logique de légitimation. Reste désormais à savoir si cette charte débouchera sur des actions concrètes ou si elle demeurera essentiellement un symbole. Les prochains mois permettront de mesurer si les fédérations départementales s'emparent réellement du sujet et si des chasseurs choisissent de rejoindre plus nombreux la réserve opérationnelle. Au-delà du contenu de cette convention, une certitude demeure : cette initiative ouvre un débat légitime sur l'évolution du rôle des fédérations de chasse. Doivent-elles se limiter à défendre une activité de loisir ou devenir, plus largement, des acteurs reconnus de l'engagement citoyen dans les territoires ? La réponse à cette question pourrait bien dessiner l'avenir de la chasse française autant que son image auprès de la société.