Chaque année, des milliards de petits oiseaux migrateurs traversent des obstacles impressionnants pour rejoindre leurs zones d’hivernage en Afrique : mers, montagnes… et surtout le Sahara. Mais comment ces oiseaux, parfois pas plus gros qu’un moineau, parviennent-ils à franchir de telles barrières ? Une étude récente apporte un éclairage inédit : leur stratégie de vol dépend étroitement de la forme de leurs ailes et de la couleur de leur plumage. Grâce à de minuscules balises embarquant plusieurs capteurs, les chercheurs ont suivi 17 espèces de petits oiseaux lors de la traversée de la mer Méditerranée, du golfe de Gascogne et du désert du Sahara. Résultat : au-dessus de la mer, les oiseaux volent bas, parfois à quelques dizaines de mètres au-dessus de l’eau. En revanche, au-dessus du Sahara, ils prennent de la hauteur : en moyenne 1 600 mètres la nuit et jusqu’à 2 800 mètres le jour. Pourquoi voler si haut dans le désert ? Principalement pour éviter la surchauffe. En altitude, l’air est plus frais et permet aux oiseaux de mieux supporter la chaleur extrême et le rayonnement solaire. L’étude confirme aussi que les espèces aux ailes larges montent plus facilement en altitude, tandis que celles au plumage plus foncé ou aux os d’ailes plus courts volent encore plus haut, probablement pour limiter l’absorption de chaleur. Ces résultats montrent que migration rime avec adaptation fine : chaque détail du corps de l’oiseau compte pour survivre à ces voyages extrêmes. Au-delà de la prouesse, cette recherche aide aussi à mieux comprendre comment le changement climatique pourrait affecter les routes migratoires à l’avenir.