Le Réseau d'épidémio-surveillance en pathologie équine a confirmé le 16 avril 2026 le premier cas équin annuel de fièvre du Nil occidental en Haute-Corse, avec validation par le Laboratoire national de référence. L’animal concerné a présenté des signes cliniques à partir du 31 mars, marquant un démarrage précoce de la circulation virale. La fièvre du Nil occidental est une arbovirose causée par un flavivirus transmis principalement par des moustiques du genre Culex. Les oiseaux sauvages constituent le principal réservoir viral, tandis que les chevaux et les humains sont des hôtes dits « accidentels ». Chez l’équidé, l’infection est le plus souvent asymptomatique, mais peut évoluer vers des formes neurologiques sévères : ataxie, faiblesse musculaire, troubles de la coordination, voire paralysie.
Le taux de létalité chez les chevaux symptomatiques peut atteindre 20 à 40 %. Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique. La prise en charge repose sur des soins de support : anti-inflammatoires, fluidothérapie, maintien en environnement calme et sécurisé pour prévenir les traumatismes liés aux troubles neurologiques. Une surveillance rapprochée est indispensable, notamment en cas d’atteinte locomotrice ou de difficultés à s’alimenter. La vaccination préventive des chevaux, disponible en Europe, constitue un levier essentiel de réduction du risque clinique. La prévention repose principalement sur la lutte antivectorielle : réduction des eaux stagnantes, utilisation de répulsifs, installation de moustiquaires et gestion des horaires d’exposition (crépuscule et aube). La surveillance épidémiologique, coordonnée par des structures comme le RESPE, permet une détection précoce et la mise en place de mesures adaptées. Il convient également de rappeler que la transmission directe entre chevaux ou de l’animal à l’humain n’a pas été démontrée. La circulation du virus au sein des populations d’oiseaux sauvages peut entraîner des épisodes de mortalité, en particulier chez certaines espèces sensibles (corvidés, rapaces). Ces événements peuvent modifier localement les équilibres écologiques. Par ailleurs, l’expansion géographique du virus, favorisée par les changements climatiques et l’extension des habitats des moustiques vecteurs, soulève des enjeux de santé globale à l’interface entre faune, animaux domestiques et humains. Ce premier cas en Corse souligne l’importance d’une vigilance renforcée dès le début de la saison vectorielle et d’une approche intégrée « One Health » pour limiter l’impact de cette zoonose émergente.
Premier cas équin de Fièvre du Nil occidental en France en 2026
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Premier cas équin de Fièvre du Nil occidental en France en 2026