On le trouve partout où il y a du sanglier, et même au Canada, où quelques sujets font merveille à la chasse à l’ours.  Excellent rapprocheur, le griffon nivernais est méthodique et appliqué dans la menée, bien collé à la voie, de bon train, ni trop rapide, ni trop lent et de bonne gorge. Renommé pour son courage et sa ténacité, il a bien mérité sa réputation de chasseur de sangliers. Les Gaulois utilisaient déjà des chiens hirsutes, qui pourraient bien être ses ancêtres.  C'est dire que la race est ancienne. Il pourrait aussi avoir reçu du sang des chiens gris de Saint Louis, puisqu’il s’est dit que des sujets ont été ramenés par Saint Louis au retour de la huitième croisade en Terre Sainte. Ces chiens gris « de Saint Louis » furent longtemps employés dans les meutes royales, puis abandonnés par François 1er. Dans son « Traité de Vénerie », au 16ème siècle, Du Fouilloux parle de chiens hirsutes, dont la couleur rappelle celle du loup, avec des traces de feu sur la tête et aux extrémités. Le comte Le Couteulx de Canteuleu a repris cette description et les décrit comme des chiens très chasseurs, mais difficiles à contenir. Le Couteulx estima donc qu'il était relativement facile de reformer la race éteinte depuis la Révolution, grâce à la présence de quelques spécimens dans les chenils du Centre et du Nivernais. A la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, ils furent croisés avec des griffons vendéens et bénéficièrent d’un apport de sang d’un fox Hound importé d'Angleterre. La nouvelle race ainsi créée, fut nommée « griffon vendéen nivernais » et reconnue par la Société de Vénerie, puis abandonnée. Le standard actuel ne fut fixé qu'en 1922.


Tenace au ferme

Si quasiment tous les griffons nivernais tiennent très bien le ferme, certains sujets, plus ardents encore, font preuve d’une certaine témérité. Certains chasseurs souhaitent qu'il en soit ainsi, mais d'autres préfèrent que le ou les chiens restent à une certaine distance, ce qui limite les risques d’accident. Les jeunes chiens, en particulier, sont tentés de galoper tout ce qui courre, animés par leur fougue et leur instinct chasseur. Leur maître doit donc savoir les guider dés leur plus jeune âge et pour cela, il faut leur consacrer du temps. Plutôt hurleur à l'origine, la majorité possède une belle gorge de cogneur. Du point de vue santé, le griffon nivernais est un chien très résistant, avec l'avantage de très vite récupérer. Côté caractère, il peut s'avérer un peu têtu, et reste sensible à la hiérarchie. C'est pourquoi il doit être éduqué avant un an. Un peu méfiant envers les étrangers, il est doux avec les enfants.