Une espèce prolifique aux impacts écologiques et économiques importants
Le ragondin est étroitement lié aux milieux aquatiques. On le rencontre dans une grande variété d’habitats humides : marais, étangs, rivières, canaux, fossés de drainage ou encore roselières. Il s’installe généralement dans les berges où il creuse des terriers pouvant atteindre plusieurs mètres de long. Ces galeries constituent à la fois un refuge contre les prédateurs, un abri contre les conditions climatiques et un lieu de reproduction. Toutefois, leur présence fragilise les berges et peut provoquer des effondrements. Dans certaines zones, les terriers de ragondins endommagent les digues, les ouvrages hydrauliques et les réseaux de drainage agricole. Le ragondin est principalement actif au crépuscule et pendant la nuit. L’espèce présente un comportement grégaire : plusieurs individus peuvent partager un même territoire, même si une certaine hiérarchie sociale existe. Les déplacements s’effectuent aussi bien dans l’eau que sur les berges. Son régime alimentaire est presque exclusivement herbivore. Il consomme principalement des plantes aquatiques, des roseaux, des joncs et diverses végétations riveraines. Opportuniste, il peut également s’attaquer à certaines cultures situées à proximité de l’eau, notamment le maïs, les céréales ou les légumes maraîchers. Mais c’est surtout sa reproduction qui explique le succès de l’espèce. Le ragondin peut se reproduire toute l’année lorsque les conditions sont favorables. Une femelle peut donner naissance à deux ou trois portées par an, comprenant généralement quatre à six jeunes. Les petits naissent déjà bien développés et peuvent nager très rapidement après la naissance. Cette prolificité favorise une expansion rapide des populations, en particulier dans les zones riches en végétation et en ressources alimentaires. Pour ces raisons, le ragondin est aujourd’hui classé en France parmi les espèces exotiques envahissantes. Des enjeux sanitaires existent également. Le ragondin peut être porteur de la leptospirose, une maladie bactérienne transmissible à l’homme et aux animaux domestiques par l’eau contaminée. Face à ces problématiques, des programmes de régulation sont mis en place dans de nombreux territoires. Ils reposent notamment sur l’action des piégeurs agréés et sur la mobilisation des collectivités locales, des gestionnaires de zones humides et du monde cynégétique. L’objectif n’est pas l’éradication, devenue irréaliste compte tenu de l’extension de l’espèce, mais la limitation des populations afin de réduire les dégâts et de préserver l’équilibre des milieux aquatiques.
Comment reconnaître ragondin, rat musqué et castor ?
Plusieurs mammifères semi-aquatiques peuvent être observés dans les zones humides françaises. Voici quelques critères pour les distinguer :
- Le ragondin :
• poids : 5 à 10 kg
• queue cylindrique, longue et peu poilue
• incisives orange très visibles
• corps massif et museau arrondi
• nage souvent avec le dos visible
- Le rat musqué
• beaucoup plus petit (1 à 2 kg)
• queue aplatie verticalement
• fourrure brun foncé
• incisives peu visibles
• présent surtout dans les fossés et petits cours d’eau
- Le castor
• poids : 15 à 30 kg
• queue large et plate en forme de palette
• incisives orange mais animal beaucoup plus massif
• construction de barrages et de huttes
• espèce protégée en France