Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement - Livre "En suivant les traces" de Pierre Périé

 

Le tiers-an au pied pigache

Le berger regardait venir Chandon, le garde... Il cheminait à travers les pâturages qui descendaient en pente douce vers une large dépression, occupée par un sombre massif forestier de chênes et de hêtres, là où les eaux de la plaine réapparaissaient en sources fraîches, au milieu de roches ruiniformes. Au-delà, c'était l'horizon infini du plateau de Langres. A quelques lieues, la Seine naissante dessinait ses premiers méandres, agrémentant d'un peu de fantaisie ce rude et sévère paysage. A l'approche du garde, les chiens ne firent pas un mouvement. « Salut à toi, Magicien ! Je t'apporte ce que tu m'as demandé. Ces Messieurs ont chassé hier et ils ont tué des bécasses ». « Salut à toi, Chandon ! »...

Par C.M.

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Ma première ouverture

C'était il y a bien longtemps, cette première ouverture... Dans le récit, plein de tendresse dissimulée, que nous a fait parvenir Jean-Paul Cappy, l'auteur partage sa première journée de chasse, en compagnie de son oncle et d'«Oscar 6»... En guise de conclusion, pleine de bon sens, il nous livre cette réflexion, bien dans l'air du temps et... du réchauffement climatique :

« Ce qui n'a presque pas changé, c'est la date de l'ouverture générale, ici, le second dimanche de septembre. En revanche, ce qui a changé, c'est le climat, et à cette date, les chiens et les chasseurs ont vite très, très chaud, avec les conséquences que l'on sait. Avant, il suffisait de mettre de l'eau dans la casquette et de la faire ruisseler sur le visage, pour repartir comme si de rien n’était. Aujourd'hui, la solution la plus sage est de rentrer après une bonne heure de chasse. Mais il y en a une autre : et si on retardait la date d'ouverture de quelques semaines ? Deux ou trois suffiraient. Beaucoup le demandent, mais les FDC et l’administration n'y sont pas favorables. Pourquoi ? D’autant plus que ça ne changerait rien sur la durée de la saison, puisque la date de fermeture serait retardée d’autant ! Du coup, on pourrait faire l'ouverture générale partout, même dans les vignes, car aujourd'hui, il y a belle lurette que les vendanges sont finies début octobre. Ça éviterait ce type d'ouverture à tiroir, préjudiciable au gibier et à la sécurité, car les promeneurs et randonneurs sont encore nombreux dans la nature en septembre, et tout le monde se retrouve sur les mêmes territoires, au même moment. Alors, cher président de la FNC, cher Willy, vous le demanderez quand, ce décalage des ouvertures ? ».

Jean-Paul Cappy, 9 septembre 2022

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​​​​​​​Le loup, le patou et le berger

Ils étaient venus, ils avaient constaté. Il y avait des gradés, des gardes avec l’insigne, un de la DDTM, un de la fédé, un voisin éleveur, le vétérinaire et un autre qu’il ne connaissait pas, surement un des écolos, peut être un garde du Parc… Il avait des jumelles, mais à quoi pouvaient-elles servir maintenant ? Lui, pauvre berger, il avait pleuré. Puis il avait fait venir l’équarisseur, puis fait les papiers. Il avait réinspecté sa clôture près de la bergerie, descendu le troupeau de la montagne, calmé les bêtes. Puis il s’était couché, fatigué, éreinté… Il avait dormi profondément une ou deux heures, pas plus. Il avait rentré le chien, la garde était inutile ici-bas. La nuit passée, les loups n’avaient même pas eu peur. Savaient-ils que le chien était blessé à la cuisse, souffreteux, fiévreux ? Heureusement le vétérinaire l’avait dit hors de danger. Habituellement les loups avaient peur des chiens, ce n’était plus le cas, ils n’avaient même plus peur des hommes, on disait qu’il y avait eu trop de croisements avec les chiens sauvages…

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Chasse au tigre en forêt de Meudon

Le 12 juin 1897, un événement insolite marquait les esprits dans les environs de Paris : un tigre s’était échappé de la ménagerie de Versailles, semant la panique avant de trouver refuge dans la forêt de Meudon. Ce fait divers spectaculaire fut rapporté dès le lendemain par « Le Petit Journal », un quotidien réputé pour ses récits captivants et ses illustrations dramatiques qui faisaient souvent sensation. L’article, signé par « Les Piérides », décrivait avec force détails cette fuite hors du commun, évoquant la frayeur des habitants et les recherches engagées pour capturer l’animal. Cependant, ce récit ne fit pas l’unanimité auprès des lecteurs, certains émettant des doutes sur la nature exacte de l’animal en question. En effet, plusieurs témoignages faisaient état d’une incohérence : le « tigre » évoqué ressemblait davantage à une panthère. Cette remarque fut confirmée par un lecteur attentif, qui s’appuyait sur l’illustration publiée par « Le Petit Parisien », un autre journal ayant relaté l’affaire. Selon lui, l’image en question, bien exécutée, ne laissait guère de doute sur l’identité de l’animal. Cette confusion donna lieu à un débat dans les colonnes des journaux, où lecteurs et chroniqueurs s’affrontaient sur des détails zoologiques. Si certains continuaient de défendre la version officielle d’un tigre, d’autres s’interrogeaient sur la capacité des reporters à identifier correctement un grand félin en pleine course. Une telle méprise pouvait-elle être attribuée à l’effroi provoqué par l’évasion, ou à l’envie de dramatiser encore davantage l’histoire pour captiver les foules ? Quoi qu’il en soit, cet épisode permit à la presse de l’époque d’illustrer une fois de plus son rôle central dans la société : non seulement relater les événements, mais aussi susciter débats, émotions et curiosité scientifique. La question reste cependant ouverte : s’agissait-il d’un tigre majestueux ou d’une panthère agile ? Les archives ne permettent pas de trancher définitivement, mais cet incident continue d’alimenter l’imaginaire collectif, comme un écho des temps où les hommes vivaient encore fascinés par les mystères du règne animal…

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Une billebaude en Sologne, à la place d’un poste à pigeons

Extrait n° 10 du tome 4 de « Bonheurs de chasse »

 

Février s’écoule et nous sommes bien en hiver. Janvier avait oublié les froids, la neige et le gel. La pluie tombait régulièrement jusqu’au refroidissement annoncé. Un tapis de neige vient de napper la nature, plus de dix centimètres recouvre tout. Un froid sibérien vient compléter l’ambiance et le thermomètre affiche moins huit degrés. Un appel téléphonique de mon ami Pierre, il m’offre l’opportunité de chasser la palombe dans son domaine et je lui confirme mon envie en acceptant sa proposition…

 

Par Hubert Lafutaie

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