Deuxième mesure : les éleveurs pourront désormais effectuer un tir de défense pour protéger leur troupeau, qu’il bénéficie ou non de mesures de protection. L’autorisation préfectorale préalable est remplacée par une simple procédure déclarative, afin d’alléger les démarches administratives. Troisièmement, en cas de dommages exceptionnels, des tirs de prélèvement pourront être autorisés même pour des élevages non encore protégés.
Il en ira de même pour l’intervention de la brigade mobile de l’OFB ou des lieutenants de louveterie. Ces tirs de prélèvement, normalement autorisés à partir du 1er juillet, pourront faire l’objet d’une dérogation au premier semestre, hors période de naissance des louveteaux du 15 avril au 15 juin, en cas de circonstances exceptionnelles. Quatrièmement, la profession agricole sera davantage associée aux décisions opérationnelles. Parallèlement, l’État maintient le financement des mesures de protection, à hauteur d’environ 40 M€ par an, malgré un contexte budgétaire contraint. Certains assouplissements seront conditionnés à un engagement de mise en protection dans les douze mois. Dans la plupart des territoires, l’indemnisation cessera à partir de la troisième attaque si aucune protection n’est engagée. Enfin, afin de respecter les obligations européennes et internationales, le principe d’un plafond d’élimination est maintenu, avec la possibilité pour le préfet coordinateur de suspendre certains tirs si le plafond risque d’être atteint trop rapidement.
Les déclarations des ministres
- Annie Genevard : « il est insupportable pour un éleveur, moralement et économiquement, de se lever le matin et de retrouver ses bêtes tuées par le loup. C’est son travail qui est anéanti. Comme je m’y suis engagée en 2025, nous proposons ici une évolution des règles pour renforcer l’efficacité de la défense des troupeaux, et simplifier la vie des éleveurs, qui ont d’autres priorités que de remplir des papiers administratifs. Mon objectif est simple : pouvoir intervenir rapidement lorsque la prédation augmente, et augmenter les chances pour un éleveur d’éliminer le loup lorsqu’il attaque son troupeau. J’ai procédé à toutes les simplifications possibles au vu du cadre législatif actuel ; s’il faut aller plus loin, il faudra modifier la loi. A n’en pas douter, ce sera un enjeu des prochains mois »
- Mathieu Lefèvre : « La coexistence entre l’homme et le loup doit être organisée de manière pragmatique tout en veillant au bon état de conservation de l’espèce auquel le Gouvernement est attaché. Elle doit s’accompagner d’une prise en compte sincère de la détresse des éleveurs, alors que le loup est désormais présent sur une grande partie du territoire ».