Appelée aussi gazelle des sables, la « Gazella dorcas » est une petite antilope emblématique des milieux désertiques d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Parfaitement adaptée aux conditions extrêmes, elle incarne la résilience de la faune face à la chaleur et à la rareté de l’eau. Mesurant entre 55 et 65 cm au garrot pour un poids de 15 à 20 kg, elle se distingue par son pelage beige à brun, marqué de zones plus claires et de bandes sombres qui lui assurent un excellent camouflage dans les paysages arides. Ses cornes fines en forme de lyre, plus développées chez les mâles, renforcent son allure élégante. Présente du Sahara à la péninsule arabique, notamment au Maroc, en Égypte ou en Arabie saoudite, cette gazelle fréquente les plaines sableuses, les zones rocheuses et les milieux semi-désertiques. Herbivore, elle se nourrit de plantes variées, feuilles, herbes et végétaux succulents, dont elle tire l’essentiel de l’eau nécessaire à sa survie, pouvant ainsi se passer de boire pendant de longues périodes. Son comportement est adapté aux fortes chaleurs : elle est surtout active à l’aube et au crépuscule. Sociale, elle vit en petits groupes, tandis que certains mâles restent solitaires. En cas de danger, elle peut atteindre jusqu’à 80 km/h, bondissant avec agilité pour échapper à ses prédateurs. Sa morphologie légère et ses sabots adaptés facilitent ses déplacements sur le sable. La reproduction a généralement lieu en hiver. Après une gestation de 160 à 170 jours, la femelle donne naissance à un seul petit, dissimulé durant ses premières semaines pour éviter les prédateurs. L’espèce joue un rôle écologique en participant à la dispersion des graines, mais, malgré ces capacités d’adaptation, la gazelle dorcas est aujourd’hui classée vulnérable. Le braconnage, la dégradation de son habitat et la pression humaine menacent sa survie. En 2020, un massacre d’individus dans la réserve de Termit et Tin-Toumma au Niger a illustré la gravité de la situation. La protection de ses habitats et la lutte contre le braconnage restent essentielles pour préserver ce symbole vivant des déserts.