Autre sujet d'inquiétude : la compétitivité d'une filière déjà fragilisée. Les exploitants forestiers supportent seuls plus de 220 millions d'euros de coûts liés aux intempéries chaque année, sans véritable mécanisme d'indemnisation. Dans le même temps, l'application prochaine du règlement européen contre la déforestation (RDUE) viendra encore alourdir les démarches administratives. Ajouter une nouvelle REP sur le bois reviendrait, selon le SEFB, à imposer des charges supplémentaires à une profession qui peine déjà à rester compétitive. Les professionnels ne demandent pourtant ni privilèges ni passe-droits. Ils réclament simplement des mesures de bon sens : simplifier les procédures administratives, créer une véritable caisse d'indemnisation des aléas climatiques, reconnaître officiellement le rôle des exploitants forestiers dans la prévention des incendies et leur permettre d'intervenir tout au long de l'année lorsque les conditions le permettent. Ils souhaitent également pouvoir accéder au cadastre afin d'identifier plus facilement les propriétaires de parcelles abandonnées présentant un risque d'incendie. La forêt française a besoin d'investissements, de gestion durable et de compétences. Elle n'a certainement pas besoin d'une inflation permanente de textes réglementaires élaborés sans ceux qui la connaissent le mieux. À vouloir protéger la forêt uniquement par la norme, on finit parfois par empêcher ceux qui la préservent réellement d'agir. Le changement climatique impose une adaptation rapide de nos forêts. Cette adaptation passera moins par une accumulation de nouvelles contraintes que par une confiance retrouvée envers les professionnels qui, chaque jour, entretiennent les massifs, valorisent le bois français et constituent la première ligne de défense face aux incendies. La forêt ne se sauvera pas à coups de règlements ; elle se sauvera d'abord par une gestion active, pragmatique et responsable.