- Gard : la régulation du sanglier atteint des niveaux records. Lors de la saison 2024-2025, ce sont 31 776 animaux qui ont été prélevés, faisant du département le plus actif de France en la matière, selon l’OFB. Une mobilisation massive des chasseurs et des autorités, qui contraste pourtant avec la colère exprimée récemment par le monde agricole. Les sangliers sortent des massifs forestiers, retournent les terres agricoles, creusent des ornières profondes et rendent le travail des exploitants plus difficile et coûteux, et en zones urbaines et péri-urbaines, des jardins sont saccagés. Les promeneurs sont inquiets, les chiens tenus en laisse renforçant l’impression d’une prolifération incontrôlée. Ce paradoxe s’explique par des réalités locales très contrastées. Espèce opportuniste et mobile, le sanglier profite rapidement des zones où la pression de chasse faiblit. Les outils réglementaires existent, mais leur efficacité repose sur une action collective continue. Sans minimiser l’exaspération exprimée, cet épisode rappelle une évidence : la régulation du sanglier ne peut fonctionner durablement sans coordination locale et dialogue entre acteurs du territoire.
- Hérault : « la problématique des sangliers ne se limite plus aux campagnes, elle s’installe désormais au cœur des villes ». C’est le constat dressé par Max Alliès, président de la FDC, lors de la cérémonie des vœux 2026 organisée le 5 janvier à Saint-Jean-de-Védas. Réunis au siège de la fédération, les acteurs du monde cynégétique ont dressé le bilan d’une année 2025 particulièrement dense. Au-delà de la pression croissante exercée par les sangliers sur les cultures agricoles, le président a insisté sur l’extension des populations vers les zones périurbaines, source de nouvelles tensions avec les habitants et les collectivités.
Les enjeux sanitaires, notamment la surveillance de maladies comme la peste porcine africaine, figurent également parmi les priorités, tout comme l’adaptation aux évolutions réglementaires encadrant la chasse et la régulation du grand gibier. Face à ces défis, la fédération appelle à une coopération renforcée entre chasseurs, agriculteurs et pouvoirs publics, afin de concilier sécurité, protection des activités agricoles et équilibre des territoires.
- Loir et Cher : le château de Chambord a achevé l’année 2025 sur une note exceptionnelle, confirmant une dynamique déjà engagée depuis plusieurs années. Avec 1 218 055 visiteurs accueillis, le plus emblématique des châteaux de la Renaissance française établit un nouveau record de fréquentation pour la quatrième année consécutive. La fréquentation progresse de 2,63 % sur un an, tandis que les recettes enregistrent une hausse significative de 13,3 %. Une performance saluée par le directeur général du domaine, Pierre Dubreuil, qui souligne que ces résultats permettront de financer une partie des travaux urgents de sauvegarde de l’aile François Ier, menacée d’effondrement. Six millions d’euros sont ainsi mobilisés sur les douze nécessaires. Majoritaires, les visiteurs français représentent 68,3 % du public, principalement originaires du Centre-Val de Loire et d’Île-de-France. Côté international, les Américains arrivent en tête, devant les Allemands et les Britanniques.
- Morbihan : à 33 ans, Lucie Laporte-Devylder, originaire de Vannes, incarne une nouvelle génération de chercheuses à la croisée des sciences du vivant et des technologies de pointe. Doctorante à l’University of Southern Denmark, elle mène ses travaux au sein du département d’intelligence artificielle de l’Université Bretagne Sud, à Vannes, tout en collaborant avec des équipes internationales. Son parcours scientifique s’inscrit à l’interface de l’écologie, de l’analyse de données et des nouvelles technologies, avec un intérêt marqué pour les approches non invasives de l’étude de la faune sauvage. Dans le cadre de sa thèse, Lucie Laporte-Devylder développe des méthodes innovantes combinant drones et intelligence artificielle afin d’améliorer la connaissance et la protection des grands mammifères. Ces outils permettent de suivre les déplacements des animaux, d’analyser leurs comportements et, dans certains cas, d’identifier des individus à partir d’images aériennes, sans contact direct avec eux. L’objectif est clair : compléter, voire remplacer certaines méthodes traditionnelles, souvent coûteuses, chronophages et parfois perturbantes pour les espèces étudiées. Grâce à l’imagerie thermique, à la vision par ordinateur et aux algorithmes d’apprentissage automatique, ses recherches ouvrent de nouvelles perspectives pour les gestionnaires d’espaces naturels et les acteurs de la conservation. Ces technologies permettent d’intervenir plus rapidement, de mieux anticiper les risques et d’adapter les stratégies de protection à des contextes écologiques variés. À travers ses travaux, la jeune chercheuse bretonne démontre que l’innovation technologique peut devenir un allié précieux de la biodiversité, à condition d’être pensée au service du vivant. Une démarche scientifique engagée, à la fois rigoureuse et résolument tournée vers les enjeux environnementaux contemporains.
- Moselle : face à l’explosion des dégâts causés par les sangliers dans les cultures, trois départements (Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin) ont autorisé, à titre exceptionnel, des opérations de tir nocturne. Des chasseurs spécialement habilités peuvent désormais intervenir de nuit, équipés de lunettes thermiques permettant de repérer les animaux dans l’obscurité. Présentée comme une mesure de régulation d’urgence réclamée par le monde agricole, cette décision marque toutefois une rupture profonde avec les principes mêmes de la chasse. Le tir nocturne assisté par des technologies de vision thermique relève davantage d’une logique d’élimination que d’un acte cynégétique encadré.
Cette pratique, fondée sur l’avantage technologique total sur l’animal, interroge l’éthique et brouille les frontières entre chasse réglementée et pratiques assimilables au braconnage. La FDC 57 s’y oppose fermement, craignant une banalisation d’outils difficiles à contrôler sur le terrain et une multiplication des usages illégaux. Même encadrée par des règles strictes (autorisations spécifiques, tirs depuis des miradors, distances limitées...), la mesure suscite l’inquiétude des promeneurs et de nombreux chasseurs eux-mêmes. Elle pose une question centrale : en cherchant à résoudre un problème de surpopulation par des moyens extrêmes, ne risque-t-on pas de fragiliser durablement la légitimité de la chasse et de favoriser des dérives incontrôlables ?
- Puy-de-Dôme : dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armurerie Manucentre, située avenue Ernest Cristal à Clermont-Ferrand, a été la cible d’un cambriolage à la voiture-bélier. Les faits se sont déroulés aux alentours de 3 h 30 du matin. Selon les premières constatations et les images de vidéosurveillance, au moins deux individus ont forcé l’entrée de l’établissement à l’aide d’un véhicule avant de s’introduire à l’intérieur. Les malfaiteurs ont dérobé plusieurs armes de chasse, a confirmé le parquet de Clermont-Ferrand. La nature exacte et le nombre d’armes volées n’ont pas encore été précisés et le montant du préjudice reste en cours d’évaluation. Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues sur place pour sécuriser les lieux et procéder aux premières investigations. Une enquête a été ouverte afin d’identifier les auteurs et de déterminer les circonstances précises de ce casse, qui relance la question de la sécurité des commerces spécialisés dans la vente d’armes.
- Pyrénées-Atlantiques : un grave accident de chasse a failli tourner au drame ce dimanche 4 janvier dans la vallée de Josbaig, près d’Esquiule. Lors d’une battue aux sangliers, un animal d’environ 80 kg a d’abord attaqué deux chiens, tuant l’un d’eux et blessant grièvement l’autre, avant de se jeter sur un chasseur de 74 ans, originaire de Barcus. Projeté au sol, l’homme s’est retrouvé engagé dans un corps-à-corps particulièrement dangereux avec le sanglier, qui l’a polytraumatisé. Alertée, l’équipe de chasse a rapidement donné l’alerte, et la victime a été évacuée par hélicoptère vers l’hôpital de Pau. L’accident souligne à nouveau les risques liés à la chasse au grand gibier, notamment lorsque les animaux sont surpris ou blessés. Les chasseurs rappellent l’importance des mesures de sécurité et de vigilance constante, que ce soit pour protéger les participants ou les chiens, afin d’éviter que de telles confrontations ne se transforment en drames irréversibles.
A l’étranger
- Allemagne : nos voisins comptent aujourd’hui plus de 460 700 chasseurs, un chiffre record qui a doublé en trente ans et témoigne du dynamisme de la pratique cynégétique dans le pays. Cette progression souligne à la fois l’importance culturelle de la chasse et son rôle central dans la gestion de la faune sauvage. L’obtention du permis de chasse y est particulièrement exigeante. Surnommée le « baccalauréat vert », la formation combine enseignements théoriques et pratiques portant sur la biologie animale, la sécurité, la manipulation des armes et la gestion des territoires. Cette rigueur garantit un haut niveau de compétence des chasseurs. La majorité d’entre eux est regroupée au sein du Deutscher Jagdverband (DJV), qui encadre et organise la chasse à l’échelle nationale. Parallèlement, les profils évoluent. De plus en plus de jeunes, de femmes et de citadins s’engagent dans la chasse, attirés par des motivations variées : contribution à la régulation des espèces, lien avec la nature ou recherche de viande locale et traçable. En Allemagne, la chasse joue aussi un rôle clé dans la régulation des ongulés, limitant les dégâts agricoles et les accidents routiers, tout en alimentant les politiques publiques de gestion de la biodiversité.
- Brésil : les producteurs de soja brésiliens célèbrent la fin de ce qu’ils considéraient comme une contrainte excessive : le moratoire sur le soja issu de la déforestation, imposé par des multinationales pour protéger l’Amazonie. Depuis le 1?? janvier, l’État du Mato Grosso, cœur de la production de soja au Brésil, prive les entreprises signataires du moratoire de leurs avantages fiscaux. Face à cette pression politique et économique, près de deux tiers des compagnies se sont désengagées. Pour la plus grande forêt tropicale du monde, c’est une très mauvaise nouvelle : la déforestation pourrait repartir à la hausse, alimentant de nouveaux champs de soja. Les agriculteurs eux-mêmes s’exposent à des risques climatiques accrus, et les consommateurs ne pourront plus distinguer les produits responsables de ceux issus de la déforestation, avertit le WWF.
Cette dynamique agricole a des répercussions jusque dans l’océan Atlantique. La déforestation et le ruissellement des engrais et sédiments issus de l’Amazonie nourrissent la grande ceinture de Sargasses, une prolifération massive de macroalgues qui s’étend de l’Afrique de l’Ouest au Golfe du Mexique. Ce phénomène récurrent, amplifié par les activités humaines, perturbe les écosystèmes marins et obstrue les récifs coralliens. Sur le plan socio-économique, il empoisonne littéralement les plages, décourage le tourisme et complique la pêche artisanale, obligeant les pays affectés à développer des stratégies de mitigation et de nettoyage à grande échelle.
- Canada : Ottawa et Québec ont conclu une entente sur le financement du programme de rachat des armes à feu prohibées. Le gouvernement fédéral versera jusqu’à 12,4 millions de dollars afin de couvrir les coûts assumés par le Québec pour la coordination du programme dans la province. Cette initiative s’inscrit dans la foulée de l’interdiction, décrétée en mai 2020, d’environ 2 500 modèles d’armes à feu, dont le fusil d’assaut AR-15, jugées inappropriées pour un usage civil. Doté d’un budget national de plus de 700 millions de dollars, le programme vise à offrir une indemnisation équitable aux propriétaires légitimes en échange de la remise ou de la neutralisation des armes visées. Le ministre québécois de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, s’est réjoui de cette entente, estimant qu’elle contribue à renforcer la sécurité des communautés. Un projet pilote mené en Nouvelle-Écosse a permis d’améliorer les modalités du programme, notamment grâce à des procédures d’inscription simplifiées et à une information plus claire. Le déploiement national est attendu dans les prochaines semaines.
- Centrafrique : la réserve de Chinko, vaste aire protégée de plus de 5,5 millions d’hectares, dans l’est de la République centrafricaine, est aujourd’hui l’un des rares exemples en Afrique centrale où un paysage sauvage fortement dégradé commence à se régénérer après des décennies de braconnage intense, de guerre et de pressions agricoles. Gérée depuis 2014 par l’organisation de conservation African Parks, en partenariat avec le gouvernement centrafricain, Chinko a longtemps vu ses populations de buffles, éléphants et autres grands mammifères s’effondrer sous l’effet du commerce illégal d’ivoire, du braconnage et du surpâturage.
Grâce à cet engagement sur le long terme, qui vient d’être consolidé par un accord de gestion de 25 ans, la faune commence à se stabiliser et à retrouver des conditions favorables à sa survie. Ce renouveau écologique s’accompagne d’initiatives locales pour renforcer la surveillance, soutenir les communautés rurales et développer des dispositifs de conservation durables. Ainsi, après des années de dévastation, Chinko renaît progressivement comme un refuge pour la biodiversité, malgré les défis persistants posés par l’instabilité et la pression humaine sur les ressources naturelles.
- Corée du Sud : les autorités sud-coréennes ont annoncé que la reproduction, la détention d’ours et l’extraction de leur bile sont interdites depuis le 1er janvier 2026, dans le cadre d’une loi renforcée sur la protection animale. Les contrevenants s’exposeront à des peines pouvant aller jusqu’à deux à cinq ans de prison. La Corée du Sud fait partie des rares pays à avoir autorisé cette industrie, principalement basée sur l’élevage d’ours noirs asiatiques, ou « ours lunaires », utilisés en médecine traditionnelle ou pour des produits censés améliorer la vitalité. Cependant, la pratique a fortement décliné au cours des vingt dernières années, en raison de doutes sur ses bienfaits médicaux, de l’existence d’alternatives moins coûteuses et d’une sensibilité croissante du public au bien-être animal. Cette interdiction s’inscrit dans un accord conclu en 2022 entre autorités, éleveurs et associations de protection animale. Ces dernières sont chargées de racheter les ours, tandis que l’État finance des structures d’accueil. En 2024, 21 ours ont déjà été transférés dans un sanctuaire public, mais 199 animaux restent détenus dans 11 fermes, des désaccords persistants subsistant sur les indemnisations versées aux éleveurs. Une période de grâce de six mois est prévue, durant laquelle toute extraction de bile restera sanctionnée. Le gouvernement affirme vouloir « protéger les ours jusqu’au dernier », tandis que certains éleveurs, bien que critiques, disent se conformer à la loi. Cette décision marque la fin d’une industrie apparue dans les années 1980 et largement condamnée à l’international.
- Etats-Unis : le président américain a ordonné, mercredi 7 janvier, le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont près de la moitié rattachées au système des Nations unies. Parmi elles figure la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), adoptée en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio, et socle de l’ensemble des accords climatiques internationaux, dont l’accord de Paris de 2015. La Maison Blanche justifie cette décision par le fait que ces organisations ne serviraient plus les intérêts américains. Le décret prévoit également le retrait des États-Unis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), ainsi que d’organismes dédiés à la protection de l’environnement, à l’eau ou aux énergies renouvelables. Cette annonce a suscité de vives réactions en Europe, où plusieurs responsables ont dénoncé une décision lourde de conséquences pour la coopération internationale, la lutte contre le réchauffement climatique et la gouvernance environnementale mondiale. Elle marque un nouveau tournant dans la politique climatosceptique de l’administration américaine.
- Kenya : un drame s’est produit sur les rives du lac Naivasha, dans le centre du pays, où quatre jeunes hommes ont perdu la vie après une attaque d’hippopotames. Le groupe, composé de quatorze personnes, pêchait illégalement de nuit lorsqu’il a été surpris par plusieurs de ces animaux, réputés pour leur territorialité et leur dangerosité. Les faits se sont déroulés dans la vallée du Rift, à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Nairobi. Pris de panique, certains pêcheurs ont réussi à rejoindre la rive à la nage, tandis que d’autres ont été violemment attaqués ou se sont noyés en tentant de fuir.
Quatre d’entre eux n’ont pas survécu. Selon les proches des victimes, ces jeunes hommes cherchaient à compléter les revenus de leur famille. Face à ce drame, plusieurs parents ont interpellé les autorités, appelant à un meilleur soutien aux jeunes sans emploi afin de leur offrir des alternatives économiques sûres. Les professionnels du tourisme rappellent régulièrement les consignes de sécurité, notamment l’interdiction de s’approcher des berges la nuit, en raison de la présence d’animaux sauvages.
- Maroc : les fossiles d’homininés découverts à la carrière de Thomas, près de Casablanca, viennent d’être datés avec une précision exceptionnelle à 773 000 ans, mettant fin à plus de quatorze années d’incertitude. Cette datation repose sur un enregistrement magnétostratigraphique à haute résolution, qui a permis d’identifier la limite Brunhes/Matuyama, correspondant à la dernière inversion majeure du champ magnétique terrestre. Il s’agit de l’un des âges les plus précis jamais obtenus pour des homininés africains du Pléistocène. Les restes humains, notamment des mandibules, des dents isolées et des vertèbres cervicales, présentent une mosaïque de caractères archaïques et plus modernes. Selon les chercheurs, ces fossiles appartiennent à un Homo erectus tardif évolué, situé près de la racine de la lignée menant à Homo sapiens. Ils pourraient également représenter une population proche de l’ancêtre commun d’Homo sapiens, des Néandertaliens et des Dénisoviens, à une période clé où les lignées africaines et eurasiennes commencent à diverger. Voilà qui relance le débat sur les origines géographiques des lignées humaines modernes. Les résultats, publiés dans Nature, suggèrent que l’Afrique du Nord-Ouest a joué un rôle central dans l’expansion et la diversification du genre Homo, confirmant l’importance majeure de cette région dans l’évolution humaine ancienne.
- Pérou : la commune péruvienne de Nauta, située dans la région amazonienne de Loreto, a adopté un arrêté municipal inédit accordant des droits juridiques aux abeilles sans dard. Cette décision fait suite à une initiative similaire prise en octobre par la commune de Satipo, dans le centre-sud du pays, et constitue un précédent sans équivalent à l’échelle mondiale. Dans les territoires concernés, notamment au sein de la réserve de biosphère d’Avireri Vraem, ces abeilles bénéficient désormais de droits fondamentaux : le droit d’exister et de prospérer, de vivre dans un habitat sain, à l’abri de la pollution et dans des conditions climatiques stables. Surtout, elles peuvent être représentées légalement en cas de menace ou de préjudice, un principe novateur dans le droit environnemental.
Cette mesure marque une évolution majeure dans la relation entre les sociétés humaines et la nature. Les abeilles sans dard, ou Meliponini, élevées par les peuples autochtones depuis l’époque précolombienne, jouent un rôle crucial en Amazonie, où elles pollinisent plus de 80 % de la flore et de nombreuses cultures locales. Cependant, ces pollinisatrices sont aujourd’hui menacées par la déforestation, le changement climatique, l’usage de pesticides et la concurrence d’abeilles importées. En reconnaissant leurs droits, le Pérou ouvre une voie juridique innovante pour mieux protéger ces espèces essentielles aux écosystèmes amazoniens.
- Suisse : voilà un sérieux rappel à l’ordre pour les militants d’un canton « sans fusil », où la faune serait censée s’autoréguler dans une paix idéalisée. Le Tribunal fédéral suisse vient de rejeter la demande de l’association Animal équité visant à suspendre les tirs de régulation de cerfs autorisés par le Conseil d’État genevois. Une décision sans appel, qui confirme une évidence trop souvent niée : même sans chasse, la faune sauvage doit être gérée. À Genève, canton pourtant érigé en vitrine de l’anti-chasse, ce sont les autorités elles-mêmes qui organisent et assument des abattages. Depuis trois ans, des tirs de régulation sont menés par les gardes de l’environnement dans les bois de Versoix et de Collex-Bossy. Pour l’hiver 2025-2026, l’objectif est clair : prélever 40 cerfs afin de limiter les dégâts forestiers, agricoles et les risques sanitaires. L’hiver précédent, 25 animaux avaient déjà été abattus, soit près d’un tiers de la population hivernante locale. Cette réalité dérange les discours simplistes des écologistes urbains déconnectés du terrain. Supprimer la chasse ne supprime ni la biologie, ni les équilibres écologiques, ni les responsabilités publiques. À Genève comme ailleurs, quand la nature déborde, il faut intervenir. La seule différence ? Ici, on appelle cela « régulation administrative » plutôt que chasse, une pirouette sémantique qui ne trompe plus personne...