- Charente-Maritime : cinq carcasses de chevreuils ont été découvertes dans une zone boisée de la commune de Migron, située entre Saint-Jean-d’Angély et Cognac. Cette trouvaille a été signalée aux autorités, qui se sont rendues sur place pour effectuer les premières constatations. Les faits se sont produits en dehors de la période légale de chasse, ce qui oriente les investigations vers un possible acte de braconnage. Les circonstances exactes de la mort des animaux, ainsi que les conditions dans lesquelles les carcasses ont été abandonnées, restent à déterminer. Une enquête a été ouverte et confiée aux gendarmes de la brigade territoriale de Matha.

 

- Côte d’Or : l’assemblée générale de la FDC s’est tenue le 18 avril au Palais des Congrès de Beaune. À cette occasion, le président Pascal Sécula a appelé les sociétés de chasse à supprimer les consignes de tir jugées trop restrictives dans leurs règlements intérieurs, afin de mieux réguler les populations de grand gibier, en forte augmentation. Les secteurs de la Montagne, du Châtillonnais et de la vallée de l’Ouche concentrent les densités les plus élevées de cervidés, auxquelles s’ajoute une progression continue des sangliers. Cette évolution pose des enjeux de régulation, notamment en lien avec les dégâts agricoles et forestiers. Présent lors de cette assemblée, Paul Mourier, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, a livré une dernière intervention officielle. Il a insisté sur deux priorités : le respect strict des règles de sécurité à la chasse et la nécessité de maintenir un équilibre agro-sylvo-cynégétique durable. Parallèlement, se tenait l’exposition annuelle des trophées où un grand cerf,  prélevé en forêt de Châtillon-sur-Seine à l’issue d’un laisser-courre, illustre la qualité des populations locales sur ce territoire réputé pour son grand gibier, tout en s’inscrivant dans un cadre réglementé de gestion cynégétique. (Photo Mathieu Goussard)

 

- Côtes d’Armor : l’assemblée générale de la FDC s’est tenue le 18 avril 2026 à Plérin, en présence notamment du préfet François de Keréver, d’élus et de représentants institutionnels. Devant une assemblée nombreuse, le président Dominique Charles a présenté son premier rapport moral. Au cœur des échanges, la contribution territoriale destinée à financer l’indemnisation des dégâts de gibier a suscité des tensions. Cette taxe à l’hectare, contestée par une partie des adhérents, reste néanmoins maintenue. Le président a rappelé que certaines décisions critiquées avaient été prises avant son arrivée à la tête de la fédération. Dans un contexte financier jugé contraint, la fédération considère que cette contribution demeure indispensable pour faire face à l’augmentation des indemnisations versées aux agriculteurs. Les responsables ont souligné que la conjoncture actuelle ne permet pas d’y renoncer, malgré les réticences exprimées. Cette situation illustre les difficultés croissantes de financement liées à la gestion du grand gibier, dans un équilibre délicat entre acceptabilité pour les chasseurs et nécessité de couvrir les coûts.

 

- Dordogne : mardi 21 avril, une opération administrative a été menée à Mazeyrolles, sur le site de l’ancienne ferme-auberge du Gaulois. Sur ordre de la préfecture, l’ensemble du cheptel présent sur place a été abattu. Environ 160 animaux, principalement des biches et des sangliers, étaient concernés. Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une procédure de police administrative engagée après la constatation de manquements graves et répétés à plusieurs réglementations, notamment en matière de protection de l’environnement, de santé animale et de sécurité sanitaire. Ces irrégularités avaient été relevées à plusieurs reprises au cours des dernières années. Dès 2025, plusieurs arrêtés préfectoraux de mise en demeure avaient été pris, sans effet. Face à l’absence de mise en conformité malgré des relances et des délais supplémentaires, la préfète de la Dordogne, Marie Aubert, a ordonné l’abattage. L’opération a été coordonnée par les services de l’État, avec le concours de la gendarmerie, de l’Office français de la biodiversité et de lieutenants de louveterie.

 

- Drôme : lors de l’assemblée générale de la FDC, organisée à Albon, plusieurs priorités ont été abordées devant les adhérents. Le président, Rémi Gandy, a détaillé les enjeux actuels liés à la gestion de la faune sauvage dans un département qui compte près de 10 000 chasseurs. Parmi les principaux sujets évoqués figurent la prolifération des sangliers, la présence du loup et la question de l’indemnisation des dégâts causés aux activités agricoles. Ces problématiques, en progression, nécessitent, selon la fédération, une adaptation des pratiques et une mobilisation accrue des chasseurs. La sécurité à la chasse a également été mise en avant comme une priorité, avec un appel à une « tolérance zéro » face aux comportements jugés dangereux ou inadaptés. Le respect strict des règles est présenté comme indispensable pour garantir la sécurité de tous, chasseurs comme non-chasseurs. Enfin, le président a souligné l’évolution du regard porté sur la chasse, qu’il estime de plus en plus politisée. Il a réaffirmé la volonté de défendre une pratique qualifiée de populaire, tout en appelant les chasseurs à assumer pleinement leur activité.

 

- Gard : une compagnie de neuf sangliers a été signalée, le 19 avril 2026, dans un parc pour enfants à Nîmes, à proximité du périphérique et du quartier des Jonquilles. L’intrusion a entraîné l’intervention conjointe des policiers municipaux et des sapeurs-pompiers, dont une unité spécialisée dans la gestion des animaux. Par mesure de sécurité, le parc a été immédiatement fermé au public afin d’éviter tout risque d’accident. Les opérations se sont concentrées sur la localisation et la gestion des animaux, rendues difficiles par leur mobilité et leur capacité à se dissimuler dans la végétation. Plusieurs options ont été étudiées, notamment le tir ou la sédation, mais ces solutions ont été écartées dans l’immédiat en raison des risques liés à la proximité des habitations. L’utilisation d’un fusil hypodermique n’a pas pu être engagée durant le week-end. En fin de journée, les animaux n’avaient pas encore été évacués. Le site est resté fermé dans l’attente de l’intervention coordonnée avec des équipes spécialisées, prévue le jour suivant, afin de sécuriser les lieux et procéder à l’évacuation des sangliers.

 

- Gironde : lundi dernier, en début de soirée, une intervention peu commune a mobilisé les pompiers à Bordeaux. Vers 19h30, ils ont été appelés pour secourir une chevrette tombée dans la Garonne, à hauteur du Hangar 14. Selon le lieutenant Pirastu, qui dirigeait l’opération, l’animal luttait déjà depuis une quinzaine de minutes dans l’eau lorsqu’ils sont arrivés sur place. Les secours ont rapidement déployé un bateau pour récupérer l’animal en difficulté. Une fois à bord, la chevrette, très stressée, a été calmée grâce à une couverture placée sur sa tête, une technique utilisée pour réduire l’angoisse chez les animaux sauvages. L’embarcation a ensuite rejoint le ponton de la Benauge, où une équipe spécialisée dans la prise en charge animalière, venue de Villenave-d’Ornon, a pris le relais. Après cette opération coordonnée, l’animal a été transporté puis relâché dans son milieu naturel. Le lieutenant Pirastu a salué l’engagement de ses équipes, rappelant que leur mission consiste aussi bien à sauver des vies humaines que des animaux. (Photo SDISS 33)

 

- Indre-et-Loire : à Rivarennes, deux jeunes entrepreneurs, Erwan Buton et Alexis Vincendeau, ont ouvert l’armurerie VB. Âgés de 21 ans, ils se sont rencontrés lors de leur formation en lycée professionnel, où ils ont suivi une filière technique orientée vers l’usinage, avant de se spécialiser dans le métier d’armurier à l’école de Saint-Étienne. Forts de ce parcours, ils ont choisi de créer leur propre structure, malgré les contraintes liées au lancement d’une activité dans ce secteur. Ils soulignent notamment la difficulté d’accéder au matériel et aux fournisseurs, ainsi que les exigences réglementaires encadrant la vente d’armes et de munitions. Leur armurerie propose à la fois des armes de chasse, des munitions et des accessoires, mais également des services d’entretien, de réparation et de conseil personnalisé. Les deux associés misent sur la proximité avec la clientèle locale et sur leur savoir-faire technique pour développer leur activité. Ce projet entrepreneurial illustre une installation progressive de jeunes professionnels dans un secteur spécialisé, nécessitant à la fois compétences techniques, encadrement strict et investissement important.

 

- Landes : un incident impliquant un sanglier s’est produit le samedi 18 avril 2026 au soir, dans le centre du village de Messanges. Vers 23 heures, dans le quartier de l’Airial, une laie accompagnée de ses marcassins a croisé une habitante promenant son chien. L’animal a d’abord attaqué le chien, puis s’est dirigé vers sa propriétaire. La femme a pu éviter la charge en se réfugiant derrière un véhicule et n’a pas été blessée. Les faits ont été confirmés par la maire de la commune. Selon plusieurs témoignages, ce même animal aurait déjà adopté un comportement agressif à plusieurs reprises dans les jours précédents, suscitant l’inquiétude des riverains. La commune a réagi en appelant à la vigilance et en demandant aux habitants de tenir leurs chiens en laisse. Une intervention pourrait être envisagée, notamment sous la forme d’une battue administrative, afin de sécuriser le secteur. Cet épisode illustre la présence croissante du sanglier en zone habitée et les risques associés, en particulier lorsqu’il s’agit de femelles accompagnées de leurs petits.

 

- Manche : l’assemblée générale annuelle de la FDC s’est tenue le 18 avril 2026 à Condé-sur-Vire, réunissant plus de 400 participants. Cette rencontre a permis de faire le point sur la saison écoulée et les enjeux actuels de la chasse dans le département. La fédération a indiqué que près de 13 500 chasseurs étaient recensés dans la Manche, lors de la dernière saison. Si ce chiffre enregistre une légère baisse, liée notamment à l’évolution démographique, les effectifs restent globalement stables. L’activité cynégétique demeure dynamique, ancrée dans les pratiques et traditions rurales du territoire. Parmi les messages mis en avant, l’importance de mieux connaître les prélèvements réalisés a été soulignée. Cette connaissance est considérée comme un élément essentiel pour adapter la gestion des espèces et assurer un équilibre durable entre faune sauvage, activités agricoles et milieux naturels. L’assemblée a également permis d’évoquer les perspectives à venir et la nécessité de poursuivre les efforts en matière de suivi, de gestion et de responsabilité dans la pratique de la chasse.

 

- Nord : un objet insolite a été repêché dans un canal à Roubaix, par un adepte de la pêche à l’aimant, une pratique consistant à récupérer des objets métalliques immergés. Lors de son activité, le pêcheur a remonté ce qui s’est avéré être un petit crocodile. Alertés, les services de secours et les autorités locales sont intervenus pour extraire de l’eau l’animal qui était mort et enchainé. Selon les premières constatations, le spécimen de petite taille était vraisemblablement non dangereux, mais son origine reste à déterminer. L’hypothèse d’un animal détenu illégalement puis abandonné est évoquée, ce type de découverte étant déjà survenu ponctuellement en milieu urbain. Cet événement illustre les découvertes parfois inattendues liées à la pêche à l’aimant...

 

- Puy-de-Dôme : l’assemblée générale de la FDC s’est tenue le 18 avril 2026 à Cébazat, réunissant près de 400 participants. Dans un contexte marqué par une baisse des effectifs et une perception parfois défavorable de la chasse, la fédération a néanmoins présenté un bilan globalement positif. Aucun accident majeur n’a été recensé dans le département lors de la dernière saison, tandis que les effectifs restent quasi stables, avec une diminution limitée à 1 %. Les débats ont principalement porté sur la gestion du grand gibier. La population de sangliers continue d’augmenter, avec plus de 1 000 animaux supplémentaires prélevés par rapport à la saison précédente. Cette progression entraîne des dégâts agricoles évalués à plus de 280 000 euros pour la saison 2024-2025. La présence du loup, encore ponctuelle mais régulière, a également été évoquée. Les quotas nationaux de prélèvement pourraient être relevés, et les chasseurs sont invités à participer à cette régulation. Par ailleurs, la fédération poursuit des actions en faveur de la biodiversité, ainsi que des projets de formation, dont un simulateur de tir et une unité de traitement de la venaison.

 

- Savoie : lors de sa 83e assemblée générale, la FDC a présenté plusieurs projets structurants, dont la création d’une école de chasse sur le centre technique de Pont-Royal. Ce futur équipement a vocation à devenir un lieu de formation et de sensibilisation dédié à la pratique cynégétique. Pensée comme un outil pédagogique moderne, cette école proposera des formations théoriques et pratiques à destination des chasseurs, notamment pour la préparation au permis de chasser, le perfectionnement des techniques de tir et la sécurité. Des modules spécifiques pourraient également être consacrés à la connaissance des espèces, à la gestion des milieux naturels et aux enjeux environnementaux. Le site devrait intégrer des infrastructures adaptées, telles que des espaces de formation, des zones d’entraînement et des équipements innovants favorisant l’apprentissage en conditions réalistes. L’objectif est d’accompagner les chasseurs dans l’évolution de leurs pratiques, en renforçant leurs compétences et leur responsabilité. Ce projet s’inscrit dans une démarche globale de professionnalisation et de transmission, visant à structurer durablement la formation et à répondre aux attentes actuelles en matière de sécurité et de gestion de la faune. (Photo FDC 73/Jean-Charles Delacroix : Le pas de tir à balles réelles à 100 mètres sera opérationnel en septembre 2026).

 

- Seine et Marne : le tribunal correctionnel de Fontainebleau a relaxé, le 16 avril 2026, un militant écologiste poursuivi pour avoir modifié des marquages sur des arbres en forêt domaniale. Âgé de 62 ans et domicilié à Avon, il était jugé pour « dégradation de mobilier urbain » après avoir effacé des marques rouges utilisées par l’ONF pour identifier des arbres à abattre, et peint des ronds bleus sur certains troncs. Ces actions avaient perturbé l’organisation des travaux forestiers, les marquages étant essentiels à l’identification des arbres malades ou dangereux. Le parquet avait requis une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis. Le tribunal a toutefois estimé que les faits relevaient de la liberté d’expression, dans le cadre d’un débat d’intérêt général sur la gestion forestière. Le prévenu, membre d’un collectif engagé sur ces questions, contestait une approche qu’il juge trop intensive. La décision entraîne sa relaxe totale, malgré les préjudices invoqués. À l’issue de l’audience, le militant et ses soutiens ont fait part de leur réaction, tandis que le jugement marque une reconnaissance juridique de la dimension militante de l’action.

 

- Deux-Sèvres : à Ardin, la journée du 11 avril 2026 a marqué les dix ans du Groupement d’intérêt agro-sylvo-cynégétique (GIASC) Autize-Egray, dédié à la préservation du faisan commun. À l’origine du projet, plusieurs Associations communales de chasse agréées (ACCA) se sont mobilisées face au déclin de l’espèce, en coordonnant des actions de repeuplement et d’aménagement des habitats. Le dispositif s’est progressivement étendu, regroupant aujourd’hui onze ACCA de différentes communes du secteur. Cette démarche collective a permis d’améliorer les conditions de reproduction et de survie du faisan, grâce à des actions concrètes sur le terrain. La Fédération des chasseurs des Deux-Sèvres a apporté un soutien technique et financier important, couvrant notamment une grande partie du coût des oiseaux, ainsi que des aides pour les cultures à gibier, les équipements et la gestion du territoire. Au total, plus de 100 000 euros ont été investis depuis le lancement du programme. Dix ans après, les résultats sont jugés positifs, avec un retour significatif de l’espèce. Ce modèle a inspiré d’autres initiatives locales, avec de nouveaux projets en cours dans le département.

 

- Vendée : l’arrestation du hacker connu sous le pseudonyme « HexDex » relance les inquiétudes autour de la sécurité des données dans le monde de la chasse et du tir sportif. Interpellé le 20 avril en Vendée, ce jeune homme de 21 ans est soupçonné d’être impliqué dans une série de cyberattaques visant plusieurs organismes sensibles, dont la Fédération nationale des chasseurs (FNC), le Système d’information sur les armes (SIA), l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Fédération française de tir. L’enquête, menée par la section cyber du parquet de Paris et la Brigade de lutte contre la cybercriminalité, fait suite à une centaine de signalements reçus depuis décembre. Sous le pseudonyme « HexDex », le suspect diffusait sur des forums du dark web des bases de données volées issues d’institutions publiques, de syndicats ou encore d’organisations liées aux armes et à la chasse. L’enjeu principal concerne la fuite potentielle de données personnelles : noms, adresses, coordonnées ou informations sensibles liées à la détention d’armes via le SIA. Ce type d’exposition représente un risque réel pour les chasseurs et tireurs sportifs, déjà confrontés par le passé à des cambriolages ciblés après des fuites similaires. L’enquête se poursuit, car cette affaire souligne la vulnérabilité croissante des structures cynégétiques face aux cybermenaces. Elle appelle à une vigilance accrue : sécurisation des comptes, renouvellement des mots de passe et prudence face aux tentatives de phishing deviennent indispensables.

 

- Vosges : l’assemblée générale de la FDC s’est tenue à la Rotonde de Thaon-les-Vosges, sous la présidence de Frédéric Tissier. Elle a permis de dresser le bilan de la saison 2024-2025, marquée par une nette augmentation des dégâts de gibier. Le montant des indemnisations versées aux agriculteurs a atteint 1,33 million d’euros, en forte hausse. Cette progression est principalement liée à la pression exercée par les populations de grand gibier, notamment les sangliers, malgré une intensification des prélèvements sur le territoire. Face à cette situation, la fédération a engagé plusieurs actions visant à limiter les dégâts, dont une adaptation des plans de chasse, un renforcement des prélèvements et une mobilisation accrue des chasseurs. La question de l’équilibre entre faune sauvage, agriculture et milieux naturels a été largement débattue. Les responsables ont également évoqué les conséquences financières de cette évolution, qui pèse sur les comptes de la fédération. Des réflexions sont en cours pour maîtriser les coûts et adapter les dispositifs d’indemnisation, dans un contexte où la pression du gibier reste élevée.

 

- Guyanne : une convention de préfiguration de l’Agence territoriale de la biodiversité (ATB) de Guyane a été signée le 20 avril 2026 par plusieurs acteurs institutionnels, dont Monique Barbut, Gabriel Serville, le préfet de région et le directeur général de l’Office français de la biodiversité. Ce projet vise à structurer l’action publique en matière de biodiversité sur un territoire caractérisé par une richesse écologique exceptionnelle. La future agence aura une double mission. D’une part, elle exercera les fonctions d’une agence régionale de la biodiversité, chargée de coordonner les politiques et les actions des acteurs locaux. D’autre part, elle intégrera un conservatoire botanique national, dédié à l’étude, à la protection et à la valorisation de la flore guyanaise. Une phase préparatoire de douze mois est engagée afin de définir la gouvernance, les priorités et l’organisation de la structure. Cette étape bénéficie d’un financement de 196 000 €, réparti entre l’État, la Collectivité territoriale de Guyane et l’OFB. À terme, le fonctionnement de l’agence reposera sur un financement partagé, avec des engagements pluriannuels des partenaires publics pour soutenir ses missions.

 

A l’étranger

 

- Angola : quatorze girafes ont été transférées de la Namibie vers l’Angola, dans le cadre d’un programme de réintroduction de l’espèce. Les animaux ont été installés dans le parc national d’Iona, vaste aire protégée de 15 200 km² située près de la frontière entre les deux pays. Cette opération est menée par l’ONG African Parks, qui gère plusieurs parcs sur le continent et prévoit d’autres transferts similaires. L’objectif est de restaurer la biodiversité locale et de réintroduire une espèce disparue du territoire depuis plusieurs décennies. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, les girafes avaient disparu d’Angola à la fin des années 1990, après avoir été fortement décimées par le braconnage durant la guerre civile. Cette espèce avait déjà disparu localement dès les années 1980 dans certaines zones. Depuis la fin du conflit en 2002, les autorités angolaises ont engagé des actions de conservation. Cette réintroduction s’inscrit dans ces efforts. D’autres initiatives similaires ont été menées depuis 2015 dans le sud du pays, avec des résultats progressifs en matière de restauration des populations.

 

- Argentine : le cerf des marais, le plus grand cervidé d’Amérique du Sud, a vu son statut de conservation s’améliorer en Argentine, passant de « vulnérable » à « quasi menacé ». Cette évolution reflète une progression des populations, notamment dans les zones humides des Esteros del Iberá, où des actions de protection et de restauration ont été menées. Selon Rewilding Argentina et les gestionnaires du parc national Iberá, cette amélioration est liée à des politiques de conservation renforcées, incluant la protection légale de l’espèce, classée « monument naturel » dans plusieurs provinces. Une nouvelle législation à Corrientes autorise également la translocation d’individus afin de soutenir les populations dans les régions les plus fragiles. Malgré ces progrès, certaines zones, comme le delta du Paraná, restent sous pression en raison du braconnage et de la transformation des milieux naturels. L’espèce est particulièrement dépendante des zones humides, dont elle constitue un indicateur écologique important. Divers projets scientifiques et initiatives locales, ainsi que la création d’aires protégées, ont contribué à ces résultats. Toutefois, des menaces persistantes, comme la perte d’habitat ou les collisions routières, continuent d’affecter certaines populations.

 

- Royaume-Uni : l’aigle royal, disparu d’Angleterre depuis plus de 150 ans, pourrait être réintroduit grâce à un programme soutenu par un financement public d’un million de livres sterling. Autrefois présent dans tout le pays, le rapace avait disparu en raison de persécutions liées à la protection du bétail et du gibier. Une étude menée par Forestry England a identifié huit zones propices à son retour, principalement situées dans le nord de l’Angleterre. Ces territoires offrent des habitats adaptés, combinant reliefs montagneux, landes et zones isolées. Le projet prévoit le relâcher de jeunes individus dès l’année prochaine, avec un objectif d’installation progressive de populations reproductrices. Le programme s’inscrit dans une stratégie nationale plus large de restauration de la biodiversité, dotée de 60 millions de livres. Il s’appuie notamment sur l’expérience acquise en Écosse, où les populations d’aigles royaux se sont reconstituées. La mise en œuvre associera autorités, propriétaires fonciers et acteurs locaux. Les experts estiment toutefois que plusieurs années seront nécessaires avant d’observer une installation durable de l’espèce.

 

- Tchad : les autorités du Tchad ont annoncé l’arrestation de huit personnes impliquées dans une affaire de braconnage visant deux rhinocéros noirs, abattus en mars 2025 dans le Parc national de Zakouma. Les suspects ont été interpellés au terme d’une enquête d’environ un an, menée par les autorités locales en collaboration avec les services de conservation. Selon les premiers éléments, les personnes arrêtées occupaient des rôles distincts au sein d’un réseau organisé, allant du repérage des animaux à la logistique du transport des cornes. Ces dernières, issues d’une espèce strictement protégée, sont particulièrement recherchées sur les marchés illégaux internationaux. Le parc de Zakouma, reconnu pour ses efforts de conservation, fait face à des pressions liées au braconnage malgré des dispositifs de surveillance renforcés. Cette opération s’inscrit dans une stratégie de lutte contre le trafic d’espèces sauvages, impliquant des actions de renseignement et de coopération. Les suspects doivent désormais répondre des faits devant la justice. Cette affaire met en évidence la persistance des réseaux de braconnage et les enjeux de protection des espèces menacées dans la région.