- Corrèze : la préfecture lance un appel urgent à de nouveaux lieutenants en louveterie, bénévoles missionnés par l’État pour réguler certaines populations animales, en particulier le sanglier et désormais le loup. Ces auxiliaires encadrent des battues administratives, conseillent les chasseurs et peuvent intervenir à proximité des habitations ou des routes lorsque les dégâts sur les cultures ou les jardins deviennent trop importants.
Ces missions permettent de limiter la prolifération d’espèces considérées comme nuisibles, dont la reproduction s’accélère avec l’étalement urbain et le dérèglement climatique. La préfecture recherche donc activement des volontaires pour renforcer les équipes et mieux partager la charge.
- Côtes d’Armor : jusqu’au dimanche 25 janvier 2026, la Grande salle de Robien, à Saint-Brieuc, accueille la huitième biennale des Peintres et sculpteurs de Bretagne. À cette occasion, deux sculpteurs installés à Loudéac ont été choisis comme invités d’honneur, une reconnaissance forte pour leur parcours artistique et leur engagement créatif. Pour marquer l’événement, les artistes ont réalisé une œuvre spécialement conçue pour la biennale : un cerf monumental en métal, présenté à l’entrée de l’exposition. Symbole de la nature et de la force, cette sculpture illustre leur savoir-faire dans le travail du métal et leur capacité à donner vie à des formes expressives et puissantes.
« Être invités d’honneur représente une véritable consécration de notre travail », confient-ils. La biennale réunit près d’une centaine d’artistes venus de toute la Bretagne, peintres et sculpteurs confondus, offrant au public un large panorama de la création régionale contemporaine. L’exposition est ouverte à tous et permet de découvrir des œuvres variées, reflets de la diversité artistique bretonne, dans un cadre prestigieux et accessible.
- Creuse : « Nous testons un dédrainage d’une partie de nos prairies »... Pour la première fois dans le Limousin, une expérimentation agricole originale est menée sur environ 8 hectares de prairies, où les drains sont retirés totalement ou partiellement. L’objectif est clair : restaurer le fonctionnement naturel des sols afin de conserver l’eau plus longtemps et d’assurer une production fourragère plus régulière et diversifiée, notamment face aux sécheresses estivales de plus en plus fréquentes. À l’origine du projet, Cornelis Van Marle et Danielle Manders, éleveurs d’origine néerlandaise installés dans la Creuse depuis 2015. Ils ont repris la ferme d’un ancien couple d’éleveurs, Tom Vierhout et Inge Van Vliet, botanistes amateurs, sensibles à la richesse écologique des prairies humides. Dans la continuité de cette approche, les nouveaux exploitants cherchent à concilier performance agricole et respect des milieux naturels. Le dédrainage permet de ralentir l’écoulement de l’eau, de favoriser l’humidité des sols et le retour d’espèces végétales variées. À terme, les éleveurs espèrent améliorer la résilience de leurs prairies, réduire leur dépendance aux intrants et adapter leur système d’élevage aux effets du changement climatique, tout en préservant la biodiversité locale.
- Eure : un accident de chasse a eu lieu à Serquigny, le samedi 3 janvier 2026. Peu avant midi, un chasseur de 79 ans a accidentellement tiré sur un rabatteur âgé de 25 ans, l’atteignant à la jambe. La victime a été rapidement prise en charge par le SMUR et transportée au Centre Hospitalier Eure-Seine d’Évreux. Selon le commandant de la compagnie de gendarmerie de Bernay, le contrôle d’alcoolémie du tireur s’est révélé négatif. Le maire de Serquigny souligne que cette « chasse de la Palue », à laquelle participent également des chasseurs privés, est régulière et organisée dans le respect des règles de sécurité. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce tir. Cet incident intervient quelques semaines après d’autres accidents de chasse en Normandie, rappelant la vigilance nécessaire lors de ces pratiques, même dans des zones où elles sont habituelles et encadrées.
- Haute-Garonne : « Mesdames, messieurs, faites vos jeux… » et surveillez le parking. Le week-end dernier, le casino Barrière de Toulouse a vu entrer un joueur inattendu : un sanglier d’environ 100 kilos, sans veste ni jetons, mais avec un sens certain du timing. Apparition en soirée, juste entre deux mises, sur le tapis bitumé de l’établissement. Regard surpris des joueurs, mise à l’arrêt des conversations : le suidé, solide comme un coffre-fort, a inspecté les lieux avant de quitter la table sans demander son reste, direction les buissons le long de la Garonne.
Pas de casse, pas d’accident, un coup parfaitement maîtrisé. Toulouse n’en est pas à son premier tirage sauvage. Ici, les sangliers tentent régulièrement leur chance en ville, attirés par la verdure et les restes faciles. Mais ce passage rappelle une règle essentielle du jeu urbain : sans régulation, la faune finit toujours par miser gros. Et quand la mise dépasse les 100 kilos, mieux vaut reprendre la main avant la banqueroute.
- Gironde : le cadavre d’un jeune cerf a été découvert dimanche dernier dans la forêt de Noaillan, au sud de Bordeaux, provoquant l’indignation des chasseurs et des élus locaux. L’animal, un daguet, présentait les quatre pattes sectionnées, tandis que sa tête et ses bois étaient toujours intacts. La mairie a dénoncé sur les réseaux sociaux une « mutilation ignoble » et lancé un appel à témoins afin d’aider les autorités à faire la lumière sur les faits. Le président de l’association communale de chasse agréée de Noaillan évoque un acte de braconnage particulièrement cruel, excluant toute motivation liée à un trophée. Il affirme que les chasseurs locaux ne sont en aucun cas impliqués et rappelle que le cerf n’est pas chassé dans le secteur, les populations étant jugées trop faibles. La FDC 33 a, conformément à ses procédures, transmis les éléments recueillis à l’OFB chargé de l’enquête. Les circonstances exactes de la mort de cet animal restent à déterminer.
- Indre-et-Loire : jeudi dernier, les sapeurs-pompiers de Chinon ont mené une intervention pour le moins inhabituelle au parc de la Forteresse. Appelés en début de matinée, ils ont porté secours à un chevreuil coincé dans la grille d’un portail, vraisemblablement après avoir tenté de traverser l’enceinte. Avec calme et précaution, les secours ont procédé à une opération « tout en douceur » afin de dégager l’animal sans le blesser. Une fois libéré, le chevreuil a été examiné et s’est avéré indemne. L’intervention s’est conclue de la meilleure des manières : l’animal a pu être relâché en forêt, sain et sauf. Une fin heureuse saluée avec humour par les pompiers, ravis d’avoir pu aider ce visiteur inattendu à retrouver son milieu naturel.
- Maine-et-Loire : la mairie de Toutlemonde a lancé un appel à la vigilance auprès de ses administrés, concernant les dispositifs de piégeage des ragondins installés sur le secteur de l’étang renaturé. Dans son magazine municipal, la commune rappelle l’importance de ne pas manipuler ces installations, après avoir constaté que plusieurs pièges avaient été retrouvés désactivés. La municipalité précise que ces dispositifs ne se déclenchent pas seuls et que toute intervention extérieure compromet leur efficacité.
Le piégeage est assuré par un professionnel agréé, mandaté par la mairie, dans le cadre d’une action destinée à limiter la prolifération du ragondin, espèce envahissante responsable de dégâts importants sur les berges et les milieux aquatiques. Au-delà des dommages matériels, ces rongeurs représentent un risque sanitaire. Ils peuvent transmettre la leptospirose, par leurs urines, ainsi que la douve du foie, parasite affectant notamment les bovins. La mairie appelle donc au respect du travail du piégeur et demande une vigilance accrue, y compris aux propriétaires d’étangs privés.
- Manche : le Parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin conservera son classement au moins jusqu’en 2040. La charte 2025-2040 du Parc a en effet été officiellement validée par l’État, confirmant pour quinze années supplémentaires la reconnaissance de ce territoire d’exception. Ce renouvellement a été entériné par le décret n° 2025-1229 du 15 décembre 2025, publié au Journal officiel le 18 décembre 2025. Créé pour protéger et valoriser l’un des plus vastes ensembles de zones humides d’Europe, le Parc joue un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité, des paysages et des savoir-faire locaux. La nouvelle charte fixe les grandes orientations pour les années à venir, avec un accent particulier sur le maintien d’une agriculture adaptée aux marais. L’élevage extensif, essentiel à l’équilibre écologique de ces milieux, y est identifié comme un enjeu prioritaire. La charte aborde également la gestion de l’eau, la protection des habitats naturels, le développement durable du territoire et l’accompagnement des communes et des acteurs locaux. Ce renouvellement de classement constitue une garantie de continuité pour les projets engagés et un signal fort en faveur d’un développement respectueux de l’environnement et des activités humaines.
- Haute-Marne : dans la nuit du 11 au 12 janvier, un troupeau de moutons a de nouveau été décimé par une attaque de loup. À Bassoncourt, en direction de Breuvannes, au cœur du Bassigny, l’éleveur Louis-Baptiste Brutel a perdu 26 agneaux et béliers, exactement un an après une première attaque qui lui avait déjà coûté 13 brebis. Sur ses 141 ovins, seuls six ont été retrouvés morts sur place. Les vingt autres, trop grièvement blessés, ont dû être euthanasiés. Tous présentaient des morsures au cou. L’éleveur décrit une scène insoutenable, marquée par la difficulté du vétérinaire à mettre fin aux souffrances des bêtes. Malgré des clôtures renforcées et des déplacements temporaires du troupeau, rien n’a permis d’éviter cette nouvelle attaque. Résigné, l’éleveur a commencé à se séparer de ses animaux : une partie a été envoyée dans un autre élevage, le reste sera vendu prochainement. Épuisé moralement, il a décidé d’arrêter son activité dès que ses obligations administratives le permettront. Un renoncement vécu comme un détachement nécessaire pour tenir encore quelques mois.
- Moselle : mardi dernier, les sapeurs-pompiers ont mené une intervention peu ordinaire à Blies-Guersviller, près de Sarreguemines, à la frontière allemande. Alertés pour un animal en difficulté, ils ont découvert un chevreuil immobilisé au centre d’un plan d’eau partiellement gelé. Pour lui porter secours, les pompiers n’ont pas hésité à se jeter à l’eau, malgré une température basse et une progression rendue périlleuse par la fine couche de glace en surface.
Grâce à leur sang-froid et à une intervention minutieuse, le chevreuil a pu être atteint, sécurisé puis extrait de l’étang. Après avoir été examiné, il a été relâché dans son environnement naturel, indemne malgré cette mésaventure hivernale. Une opération saluée par les pompiers, qui ont partagé quelques images de ce sauvetage sur les réseaux sociaux.
- Hautes-Pyrénées : dimanche dernier, sur les pistes enneigées, des skieurs ont vécu une rencontre aussi rare que spectaculaire. Alors qu’ils profitaient de la poudreuse, un cerf a soudainement traversé la piste à toute allure, passant sous le regard médusé des amateurs de glisse avant de s’élancer dans la neige profonde. La scène, filmée par l’École du ski français de Val Louron puis diffusée sur les réseaux sociaux, a rapidement suscité l’émerveillement.
L’animal n’a fait qu’une brève apparition avant de regagner la forêt voisine, laissant derrière lui des skieurs admiratifs. « C’est un rappel que la montagne reste avant tout un espace naturel partagé avec la faune », souligne l’ESF, précisant que les journées plus calmes favorisent ce type de rencontres inattendues. Cet épisode intervient alors que d’importantes chutes de neige ont recouvert les massifs, offrant des conditions idéales pour le ski, mais aussi un risque d’avalanche toujours élevé. Les autorités appellent donc à la prudence, malgré la magie du paysage hivernal.
- Haut-Rhin : dans la vallée de Munster, l’équilibre entre la faune sauvage et la forêt est jugé de plus en plus préoccupant par plusieurs organisations forestières, agricoles et de protection de la nature. Elles estiment que les populations de grands ongulés (cerfs, sangliers et chamois) dépassent désormais les capacités de régénération des milieux naturels. Cette surdensité entraîne une pression excessive sur la flore, compromettant le renouvellement des peuplements forestiers. Sur certaines parcelles, les jeunes arbres peinent à se développer. Les semis et les pousses sont régulièrement broutés, empêchant l’installation d’essences emblématiques comme le sapin. Face à ce constat, les acteurs concernés appellent au strict respect du plan de chasse, outil réglementaire destiné à adapter les prélèvements à l’état réel des populations animales. Ils estiment que seule une gestion rigoureuse de la faune permettra de préserver la biodiversité forestière, d’assurer le renouvellement des arbres et de maintenir les fonctions écologiques et paysagères des forêts alsaciennes.
- Somme : à Voyennes, les sangliers continuent de faire parler d’eux. Après avoir causé d’importants dégâts dans les cultures, les jardins privés et sur les routes, ils se sont attaqués au terrain communal de football. Le week-end dernier, une compagnie de sangliers a retourné la pelouse, rendant le terrain quasiment impraticable : il n’y a désormais plus beaucoup de place pour le ballon rond. La remise en état s’annonce coûteuse pour la commune. Christophe Polin, agriculteur à Voyennes, administrateur à la FDSEA de la Somme et auteur de cette photo, déplore une situation devenue incontrôlable. Selon lui, les sangliers trouvent refuge chez certains propriétaires refusant la chasse, avant de sortir la nuit pour se nourrir, notamment de vers de terre, causant des dégâts considérablesFace à cette situation, les agriculteurs demandent des mesures fortes et immédiates.
Ils réclament au préfet de la Somme l’organisation de battues administratives sur les terrains non régulés. Christophe Polin estime également que la Fédération des chasseurs porte une part de responsabilité et appelle à une mesure radicale : la suppression du plan de chasse sangliers. Une décision qui, selon lui, permettrait de réduire réellement la population et de limiter durablement les dégâts sur le territoire.
- Tarn : les images diffusées fin décembre à Paulinet, dans le Tarn, sont indéfendables. Un sanglier, attaché par le cou, est traîné sur plus de deux kilomètres derrière un véhicule tout-terrain. L’animal, réduit à un objet que l’on tracte dans la boue, laissait derrière lui des traces de sang visibles sur la route. Cette scène, filmée par une habitante et relayée sur les réseaux sociaux, a légitimement choqué. Les faits sont graves. Le respect du gibier ne s’arrête pas au moment du tir.
Il fait partie intégrante de l’acte de chasse et de la responsabilité de celui qui prélève un animal. L’argument logistique avancé (« le véhicule était plein ») ne justifie rien. On n’improvise pas le transport d’un animal abattu, encore moins de cette manière. Être « rappelé à l’ordre » est une réponse bien trop légère face à un tel comportement. Quand on n’a pas plus de respect que cela pour le gibier, on range son fusil et on va jouer aux cartes...
- Tarn-et-Garonne : les sapeurs-pompiers sont intervenus sur la commune de Caylus pour porter secours à deux chiens tombés dans un gouffre d’environ 30 mètres de profondeur. Alertés en milieu de matinée par le propriétaire des animaux, les secours ont découvert une cavité étroite, instable et partiellement remplie d’eau. Au vu de la configuration des lieux, le Groupement de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP 82) a été mobilisé. Après la sécurisation de la zone et la mise en place d’un dispositif de descente sur cordes, un sauveteur spécialisé a été engagé dans le gouffre. Les deux chiens ont été localisés vivants au fond de la cavité. Ils ont été remontés l’un après l’autre après environ trois heures d’intervention. Les animaux, épuisés mais conscients, ont été remis à leur propriétaire. Aucune précision officielle n’a été donnée concernant leur présence sur le site.
- Yonne : un accident de chasse s’est produit le dimanche 11 janvier à Bussy-en-Othe, près de Joigny. Lors d’une battue organisée par la société de chasse des Centaines, quatre chiens de chasse (trois griffons et un beagle) ainsi qu’un sanglier ont trouvé la mort, noyés dans une ancienne piscine à chevaux située dans le parc d’un domaine privé. Poursuivi sur plusieurs kilomètres, le sanglier a traversé une plaine avant de faire demi-tour et de se diriger vers un château de la commune voisine de Villechétive. Il a alors sauté dans ce bassin historique, long d’environ 80 mètres, dont la surface était gelée. Ignorant le danger, l’animal a traversé la glace avant de passer au travers, entraînant les chiens à sa suite. Tous se sont retrouvés piégés sous la glace. Grâce aux colliers de géolocalisation, les chasseurs ont pu retrouver les animaux, malheureusement sans vie. Profondément marqués, les participants ont immédiatement interrompu la chasse.
A l’étranger
- Cameroun : une découverte macabre secoue la région de Martap, dans le nord-est du pays : 43 vautours africains ont été retrouvés morts, alignés sur le sol du plateau Danielle, aux abords d’un site d’exploitation de bauxite. Les vautours africains à dos blanc, espèce totalement protégée et classée en danger critique d’extinction, jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes en nettoyant les carcasses d’animaux et en empêchant la propagation de maladies. Les circonstances exactes de cet événement restent floues : bien que les autorités aient ouvert une enquête, plusieurs observateurs pointent vers un empoisonnement, hypothèse compatible avec les modes habituels de mortalité massive chez ces rapaces nécrophages. Un âne mort a également été découvert sur place, suscitant des hypothèses sur un appât empoisonné ayant attiré les oiseaux.
Deux suspects ont été interpellés par la police et la gendarmerie le 9 janvier tandis que les carcasses ont été incinérées pour éviter tout risque sanitaire. Cette perte massive interpelle les autorités et les défenseurs de la nature sur les menaces persistantes pesant sur les vautours, déjà fragilisés par la persécution, les empoisonnements et la dégradation des habitats.
- Espagne : la dernière actualisation publiée par le ministère espagnol de l’Agriculture fait état de la détection de deux nouveaux foyers secondaires de peste porcine africaine (PPA) chez des sangliers sauvages. Ces découvertes concernent 13 animaux retrouvés morts, tous localisés à l’intérieur de la zone à haut risque définie autour des premiers cas, dans un périmètre de six kilomètres. Avec l’identification de ces deux foyers secondaires, le bilan provisoire de l’épizootie s’établit désormais à 15 foyers confirmés, comprenant trois foyers primaires et douze foyers secondaires. Au total, 60 sangliers ont été testés positifs depuis le début de la surveillance renforcée. Les autorités sanitaires soulignent que ces nouveaux cas s’inscrivent dans la continuité géographique et épidémiologique des précédentes détections, confirmant la circulation active du virus dans le secteur concerné. La situation reste étroitement surveillée afin de limiter toute extension de la maladie vers d’autres zones.
- Etats-Unis : mercredi 14 janvier, les champignons mycorhiziens, longtemps restés dans l’ombre malgré leur rôle fondamental, ont été mis à l’honneur lors de l’annonce de l’attribution du Tyler Prize for Environmental Achievement, doté de 250 000 dollars. Souvent qualifié de « Nobel de l’environnement », ce prix prestigieux, créé en 1973 et administré par l’université de Californie du Sud, distingue des scientifiques dont les travaux ont profondément transformé notre compréhension et notre protection du vivant. Il a notamment récompensé la primatologue britannique Jane Goodall ou le climatologue américain Michael Mann. Cette année, la distinction revient à la mycologue et biologiste de l’évolution américaine Toby Kiers.
Depuis près de trente ans, elle consacre ses recherches à l’étude des relations symbiotiques entre plantes et champignons, révélant l’existence de vastes réseaux souterrains essentiels à la fertilité des sols et à la résilience des écosystèmes. Alliant travaux académiques, expéditions de terrain, innovations technologiques et actions de plaidoyer, elle s’impose comme une figure majeure de la protection de cette biodiversité invisible. « Son travail transforme la science en actions concrètes », a salué l’économiste Ussif Rashid Sumaila, président du jury, soulignant son rôle central dans la défense des réseaux fongiques qui soutiennent la vie sur Terre.
- Luxembourg : la société luxembourgeoise Beretta Holding SA a franchi un cap stratégique en prenant une participation de 9,95 % dans le fabricant d’armes américain Sturm, Ruger & Company, dont elle devient le premier actionnaire. Cette montée au capital intervient alors que Ruger traverse une période difficile, marquée par une forte chute de ses bénéfices et de sa rentabilité. Selon des sources proches du dossier, Beretta considère Ruger comme un acteur complémentaire et voit des opportunités de synergies industrielles, commerciales et de distribution. Les discussions initiales entre les deux groupes se sont toutefois rapidement tendues, Ruger ayant mis en place une « pilule empoisonnée » limitant toute prise de contrôle au-delà de 10 % du capital. Estimant que la gouvernance et la supervision de la direction de Ruger doivent être améliorées, Beretta Holding envisage désormais une montée en pression plus directe.
Le groupe étudie notamment la possibilité de proposer des candidats au conseil d’administration lors de la prochaine assemblée générale, prévue début 2026. Dotée d’une solide assise financière et d’un chiffre d’affaires nettement supérieur à celui de Ruger, Beretta Holding apparaît en position de force. Reste à savoir si cette participation proche du seuil critique marque un investissement stratégique de long terme ou le début d’un bras de fer ouvert sur la gouvernance du groupe américain.
- Madagascar : cinq cas de Mpox, anciennement appelé variole du singe, ont été confirmés à Mahajanga, grande ville de la côte nord-ouest de Madagascar. Dès l’annonce officielle des résultats des analyses, menées par le LA2M et l’Institut Pasteur de Madagascar, les autorités sanitaires ont déclenché des mesures de prise en charge et de surveillance des patients et de leurs contacts. Un centre opérationnel d’urgence en santé publique a été mis en place et le Plan national de contingence a été actualisé afin de prévenir toute propagation. L’isolement des cas suspects est appliqué sans délai. La ministre de la Santé publique a tenu à rassurer la population, rappelant que la maladie est guérissable, tout en appelant à la vigilance. Elle a insisté sur l’importance de reconnaître les symptômes, de consulter rapidement et de réadopter les gestes barrières, notamment face à une transmission possible par contact direct ou relations sexuelles. Cette situation ravive également les inquiétudes environnementales, le Mpox étant une zoonose. Des scientifiques alertent sur les risques de transmission entre humains et primates, notamment les lémuriens, et appellent à renforcer l’éducation, les mesures sanitaires et la protection de la faune sauvage dans une approche dite « One Health ».
- Royaume Uni : la demande croissante pour des faucons d’exception, notamment en provenance du Royaume-Uni, alimente un marché international de prestige qui masque un trafic illégal préoccupant.
Dans les pays du Golfe, la fauconnerie, autrefois traditionnelle, est devenue une industrie de luxe où certains oiseaux se vendent des dizaines de milliers d’euros. Les faucons issus de climats froids, réputés plus performants, sont particulièrement recherchés, ce qui place les lignées britanniques au cœur des convoitises. Or, seuls les faucons nés en captivité peuvent être légalement commercialisés. Pourtant, au Royaume-Uni, des nids de faucons pèlerins, espèce strictement protégée, sont régulièrement pillés. Entre 2014 et 2023, plus d’une centaine de signalements ont été recensés. Les autorités estiment que des centaines d’oiseaux disparaissent chaque année, certains servant à la reproduction ou à la création d’hybrides très prisés à l’exportation. Le phénomène s’accompagne d’une forte hausse des exportations vers le Moyen-Orient et de la multiplication des élevages, dont les contrôles restent limités. Des analyses ADN ont révélé la présence illégale de faucons sauvages dans certaines structures. Si la filière minimise l’ampleur du trafic, les observateurs de terrain alertent sur les risques pour les populations sauvages et l’équilibre des écosystèmes.