- Bouches du Rhône : la FDC 13 a organisé, à Puyricard, la deuxième édition de sa journée portes ouvertes. Sur les cinq hectares du site, près d’une cinquantaine d’exposants ont présenté les différentes facettes du monde cynégétique : armurerie, équipements pour chiens, vêtements, élevages, chasse au grand gibier, chasse à l’arc, fauconnerie et autourserie. Tir et animations pour enfants complétaient ce rendez-vous placé sous le signe de la découverte et du partage. Pour Daniel Keller, président de la Fédération depuis 2023, cette initiative vise à réunir les différentes composantes de la chasse et à mieux faire connaître ses actions en faveur de la ruralité et de la biodiversité.
Entretien des collines, approvisionnement en eau du gibier ou encore régulation du sanglier figurent parmi les missions mises en avant. Avec environ 14 000 adhérents, la FDC constate toutefois un vieillissement de ses effectifs, malgré les 700 jeunes qui passent néanmoins chaque année leur permis.
- Corse du Sud : le collectif Patriotti in Lotta conteste les mesures qui empêchent certains militants nationalistes corses condamnés de détenir une arme de chasse et, de fait, de pratiquer la chasse. Lors d’une conférence de presse organisée le 31 août devant la FDC de Corse-du-Sud, à Ajaccio, le collectif a dénoncé la persistance de « mécanismes répressifs » visant d’anciens détenus nationalistes. Selon son porte-parole Olivier Sauli, l’inscription de certains anciens détenus au Fijait, puis au Finiada, a entraîné l’interdiction d’acquérir ou de détenir des armes, les privant ainsi de leur permis de chasse. Il affirme avoir lui-même été retiré du Finiada avant d’être soumis à une nouvelle mesure qualifiée de « sécurité intérieure ». Le collectif demande des explications sur ce dispositif, qu’il estime susceptible de constituer un « délit d’opinion déguisé » et de cibler des personnes engagées dans le mouvement nationaliste. Il rappelle que Gérald Darmanin avait annoncé en février 2025 la sortie des condamnés corses du Fijait, une décision présentée alors comme une avancée dans le dialogue institutionnel. Patriotti in Lotta appelle désormais l’État, l’exécutif corse et les acteurs du dialogue sur l’autonomie à apporter des « réponses claires ».
- Côtes d’Armor : le monde cynégétique costarmoricain est en deuil. Yvon Méhauté est décédé à l’âge de 70 ans, a-t-on appris le vendredi 28 août 2026. Il avait dirigé pendant vingt-cinq ans la Fédération départementale des chasseurs des Côtes-d’Armor, dont il fut l’une des figures les plus marquantes. Durant ce long mandat, il aura accompagné les évolutions de la chasse dans un département où les enjeux sont nombreux : gestion des populations de gibier, préservation des milieux, relations avec le monde agricole et prise en compte croissante des questions environnementales. À la tête de la fédération, il a également représenté les chasseurs auprès des différents acteurs du territoire et des services de l’État. Une telle longévité à la présidence d’une fédération départementale témoigne de la place qu’il occupait dans le monde cynégétique. Elle lui avait permis de connaître plusieurs générations de chasseurs et d’accompagner les profondes transformations de leur pratique. Sa disparition laisse ainsi le souvenir d’un responsable engagé durant un quart de siècle au service de la chasse et de ses territoires.
- Eure : deux faucardeurs amphibies ont été remis à la Fédération régionale des chasseurs de Normandie, lors d’une présentation organisée sur la réserve de chasse de Sainte-Opportune-la-Mare, dans l’Eure. Ces machines spécialisées sont conçues pour intervenir à la fois sur les berges et sur l’eau. Elles permettent notamment de couper la végétation aquatique et d’entretenir les mares sans avoir à les assécher. L’acquisition de ces deux engins a été financée par la Région Normandie, qui a accordé en 2024 une subvention exceptionnelle de 228 800 euros à la Fédération régionale des chasseurs.
Selon les promoteurs du projet, cette technique du faucardage permet de conserver un niveau d’eau permanent dans les mares tout en maîtrisant la végétation. Elle est également présentée comme un moyen de préserver leur fonctionnement hydrologique et écologique. Les deux machines doivent ainsi être utilisés pour intervenir plus facilement sur ces zones humides, en évitant les opérations d’assèchement nécessaires avec des méthodes d’entretien traditionnelles.
- Finistère : le Râle des genêts, oiseau migrateur reconnaissable à son chant caractéristique, a officiellement disparu de Bretagne. L’espèce, qui fréquentait notamment les prairies humides, n’y a plus été détectée depuis deux ans. Deux années de prospections et plusieurs centaines d’heures d’écoute ont permis de confirmer l’absence de l’oiseau sur l’ensemble du territoire breton. Le Râle des genêts (Crex crex) est aujourd’hui considéré comme une espèce menacée d’extinction. En Bretagne, son chant, autrefois entendu au printemps et au début de l’été dans les prairies, ne résonne plus.
Cette disparition régionale intervient alors que l’espèce connaît également une situation très préoccupante à l’échelle nationale. En 2026, la France ne compterait plus que 60 à 80 mâles chanteurs. Le Râle des genêts figure ainsi parmi les oiseaux dont les populations ont fortement régressé au cours des dernières décennies. La disparition de ses habitats, notamment des prairies humides exploitées, constitue l’un des facteurs majeurs de son déclin.
- Hérault : à l’approche de l’ouverture générale de la chasse, la polémique enfle après les déclarations de la députée Sandrine Rousseau lors de l’université d’été du mouvement REV. L’élue a appelé ses sympathisants à se rendre dans les forêts et les campagnes pour empêcher physiquement les chasseurs de pratiquer leur activité, évoquant un affrontement « debout, face à eux ». Dans l’Hérault, ces propos ont provoqué l’indignation de la Fédération départementale des chasseurs. Son président, Max Alliès, a adressé un message aux quelque 15 000 chasseurs du département pour leur demander de rester calmes et « d’éviter tout dérapage ». « On ne voudrait pas que ça dégénère et que ça se passe mal », prévient-il, alors que la tension monte à quelques jours de l’ouverture. Pour Max Alliès, le débat sur la chasse doit rester dans le cadre démocratique et réglementaire, sans transformer les forêts en lieux d’affrontement.
- Isère : la chasse à la marmotte reste autorisée en France, mais dans un cadre géographique et réglementaire très limité. Selon l’arrêté ministériel instituant un carnet de prélèvement obligatoire pour certains gibiers de montagne, elle peut être pratiquée dans quatre départements : les Alpes-Maritimes, l’Isère, la Savoie et la Haute-Savoie. Les conditions précises, notamment les dates et les territoires concernés, sont ensuite fixées chaque année par les préfets. En règle générale, la réglementation nationale prévoit une période allant de l’ouverture générale au 11 novembre. Cette chasse continue de susciter la contestation d’associations de protection de la nature, qui demandent son interdiction, notamment au regard des effets du changement climatique sur les populations de marmottes. Cependant, le gouvernement maintient sa position, et dans une réponse publiée au Sénat en mai 2025, le ministère indiquait que l’espèce est toujours classée en « préoccupation mineure » par l’UICN et que l’évolution de ses populations ne fait pas apparaître de déclin justifiant l’interdiction de la chasse. Le changement climatique constitue bien une menace à surveiller, mais ne remet pas, selon le ministère, en cause l’autorisation actuelle. Les prélèvements sont par ailleurs estimés à environ 1 000 marmottes par an, avec un suivi réglementaire des captures.
- Loire : un wallaby albinos a été retrouvé samedi 29 août en liberté à Magneux-Haute-Rive. L’animal, un petit marsupial originaire d’Australie, a été aperçu au milieu de la route de Chambéon, une importante voie à la sortie du village. Des habitants sont intervenus pour l’éloigner de la circulation et l’ont conduit jusqu’au city-stade municipal. Les pompiers de Montrond et les services animaliers de Montbrison ont ensuite été mobilisés pour capturer le wallaby et assurer sa mise en sécurité. L’animal a finalement été confié au zoo de Saint-Martin-la-Plaine, qui accueille déjà des wallabies de Bennett et recueille régulièrement des animaux abandonnés ou saisis. La présence de ce marsupial en liberté constitue une situation particulièrement inhabituelle en France. Son pelage blanc rend par ailleurs l’animal encore plus rare. Selon les informations rapportées, les recherches effectuées après sa découverte n’ont pas permis d’identifier le propriétaire de l’animal.
- Loiret : Du 11 au 13 septembre 2026, le parc du château de Sully-sur-Loire accueillera la 29e édition de la Fête de la Sange, devenue un rendez-vous majeur consacré à la chasse, à la pêche, à la nature, à la gastronomie et au patrimoine. Pour cette nouvelle édition, la Savoie sera l’invitée d’honneur. Pendant trois jours, les visiteurs pourront découvrir un programme particulièrement dense. Le vendredi sera notamment consacré aux démonstrations de chiens de troupeaux, aux présentations de nombreuses races de chiens de chasse et à la découverte des équipages.
La soirée se poursuivra avec un concert de trompes à l’église Saint-Ythier à 19h30, puis un spectacle de variétés dans le parc du château à 20h. Le samedi fera la part belle aux équipages, aux chiens et aux démonstrations, avec notamment une présentation de chiens de la Gendarmerie nationale, des spectacles équestres et, à 20h, la finale internationale des trompes de chasse de la FITF devant le château. La journée sera également marquée par l’inauguration officielle à 10h. Dimanche, la fête débutera tôt avec plusieurs départs pour une randonnée sur la Loire, tandis qu’un vide-greniers ouvrira dès 8h. Présentation des meutes, bénédiction des chiens, messe de la Sange, démonstrations et spectacle équestre rythmeront ensuite la journée, avant la clôture vers 18h. Horaires d’ouverture : vendredi à partir de 10h, samedi à partir de 9h et dimanche à partir de 9h. Le vendredi et le samedi, la manifestation se prolonge en nocturne. L’entrée est gratuite le vendredi et pour les moins de 12 ans ; le tarif adulte pour le week-end est de 7 €.
- Lozère : la pression du loup reste importante en Lozère. Au 20 août 2026, le département comptabilisait 84 attaques constatées depuis le début de l’année, dont 64 devraient donner lieu à indemnisation. Un niveau proche de celui observé en 2025, même si les attaques se sont accélérées depuis une dizaine de jours, période traditionnellement sensible avec la présence des troupeaux en estive. Face à cette prédation, 229 éleveurs disposent actuellement d’une possibilité de tir de défense contre le loup. Cette faculté s’inscrit dans le nouveau cadre réglementaire entré en vigueur en avril 2026 : selon la situation du troupeau et la zone concernée, une simple déclaration préalable ou une autorisation préfectorale peut permettre la mise en œuvre de tirs à proximité des animaux.
La défense ne repose toutefois pas uniquement sur les armes. Près de 190 exploitations mobilisent cette année des moyens de protection, parmi lesquels chiens, clôtures électrifiées, gardiennage et surveillance renforcée. Le département compte également 18 lieutenants de louveterie, susceptibles d’intervenir aux côtés des éleveurs. En 2026, le plafond national de destruction est fixé à 227 loups, avec une possibilité d’extension à 248.
- Maine et Loire : deux événements récents ont suscité l’interrogation dans le département. Samedi 29 août, cinq sangliers, une laie, deux marcassins et deux bêtes rousses, ont été retrouvés morts dans une parcelle agricole de La Membrolle-sur-Longuenée, à moins d’un kilomètre du centre du village. Alertés par un chasseur, des agents de l’Office français de la biodiversité ont examiné les carcasses. Ils n’ont, dans l’immédiat, identifié aucune cause évidente : tir de chasse, maladie connue et collision avec un véhicule ont été écartés. Une intoxication ou un phénomène naturel, comme la foudre, figurent parmi les hypothèses envisagées. Des analyses pourraient être nécessaires pour déterminer l’origine de cette mortalité collective. Deux jours plus tard, lundi 31 août, un nouveau foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) était confirmé dans un élevage de canards prêts-à-gaver à Longué-Jumelles. Le dernier foyer dans le département remontait à mars 2026 et, depuis, le virus avait disparu du Maine-et-Loire et de France. Ce cas est actuellement le seul recensé sur le territoire national. Sa localisation interroge également, l’IAHP se propageant généralement d’un élevage à l’autre. L’origine de la contamination et les éventuelles mesures sanitaires restent à préciser.
- Manche : un homme de 74 ans a été condamné mardi 1er septembre 2026 par le tribunal de Cherbourg-en-Cotentin pour destruction, enlèvement et perturbation volontaire d’espèce animale non domestique. Cette affaire avait été examinée le 16 juin, après le signalement de destructions de nids de cigognes dans la commune du Ham. Le 29 mars 2025, le Groupe ornithologique normand avait alerté les autorités. Des voisins accusaient le septuagénaire d’avoir détruit des nids et blessé des oiseaux avec une carabine. Lors de l’audience, l’intéressé avait contesté ces accusations, affirmant utiliser uniquement un fusil de calibre 12, et expliqué qu’il ne se rendait sur place que pour entretenir une ancienne maison transformée en gîte. L’Office français de la biodiversité avait relevé que trois cigognes étaient mortes entre janvier et août 2025. Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 1 000 € d’amende, dont 300 € avec sursis, à la confiscation de son fusil et au retrait de son permis de chasse pendant deux ans. Il devra également verser 1 500 € de dommages et intérêts.
- Haute-Marne : à l’approche du brame, le Parc national de forêts rappelle les mesures mises en place pour préserver la tranquillité des cerfs pendant leur période de reproduction. Depuis 2023, trois zones de quiétude ont été instaurées à Praslay (Haute-Marne), Vanvey et Villiers-le-Duc (Côte-d’Or), ainsi que dans la réserve intégrale d’Arc-Châteauvillain. Ces secteurs font l’objet de restrictions de circulation et de stationnement jusqu’au 15 octobre. Dans la réserve intégrale, l’accès du public est interdit. À Praslay, circulation et stationnement sont interdits sur certains chemins, tandis qu’à Vanvey et Villiers-le-Duc, les restrictions s’appliquent de 18 h à 8 h.
Le Parc rappelle que l’observation doit se faire à distance : s’approcher ou éclairer les animaux constitue un dérangement et peut présenter un danger. Les interdictions de circulation et le Code de la route restent applicables la nuit. Des verbalisations sont possibles en cas d’infraction. Pour découvrir le brame dans de bonnes conditions, six sorties nocturnes encadrées et gratuites sont proposées les 21, 22, 23, 28, 29 et 30 septembre, à Bure-les-Templiers, Praslay et Arc-en-Barrois.
- Rhône : il fallait bien prendre un peu de hauteur pour bénir le Beaujolais ! Jeudi 20 août, le père Pierre Perdrix, prêtre originaire de Saint-Georges-de-Reneins, a troqué l’autel et le goupillon pour un ULM. Pendant près d’une heure, piloté par David Rongeat, l’ULM a survolé les dix crus du Beaujolais entre 400 et 1 000 mètres d’altitude, avec une mission très particulière : bénir les vignes et soutenir les viticulteurs durement éprouvés par les aléas climatiques. Un curé volant au-dessus des ceps : voilà qui change de la messe dominicale ! Et le père Perdrix, qui avait déjà béni la mer et les montagnes, a donc décidé d’ajouter le vignoble à son palmarès. Manifestement, le Bon Dieu avait intérêt à bien entendre la prière ! Mais le vol a surtout permis au prêtre de mesurer l’ampleur des dégâts.
Et le spectacle n’avait malheureusement rien d’un paradis terrestre : « Je n’ai jamais vu des vignes aussi déchiquetées », a-t-il constaté depuis les airs, évoquant une situation proche de la catastrophe. Reste maintenant à espérer que la bénédiction produise quelques miracles… notamment dans les bouteilles ! Et puisque le curé connaît désormais les dix crus du Beaujolais vus du ciel, peut-être pourrait-il pousser son apostolat jusqu’au Beaujolais blanc. Plus discret, beaucoup plus rare, ce vin mérite assurément d’être connu… et, pourquoi pas, béni lui aussi ! Après tout, pour sauver le vignoble, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté : un pilote champion du monde, un curé volant et une bonne prière ne seront certainement pas de trop !
- Sarthe : un sanglier quartanier de 149 kg a été prélevé dimanche à Vaas, dans le sud de la Sarthe, à l’occasion d’une battue administrative ordonnée par la préfecture. L’opération faisait suite à des dégâts constatés depuis plusieurs jours dans une importante parcelle de maïs. Lieutenants de louveterie et chasseurs avaient été mobilisés pour intervenir sur le secteur. Une quarantaine de chiens ont été engagés lors de cette battue. Les sangliers ont rapidement été trouvés et, après seulement une trentaine de minutes de chasse, un imposant animal a été débusqué. Il a pris la fuite avant d’être stoppé par deux tirs effectués par l’un des chasseurs postés sur son passage. C’est une fois l’animal approché, à l’issue de l’opération, que les participants ont mesuré son gabarit. Ses défenses avaient déjà attiré l’attention, mais la pesée a confirmé la taille exceptionnelle du sanglier : 149 kg sur la balance. Cette prise intervient dans le cadre d’une opération avant tout destinée à limiter les dégâts agricoles causés par les populations de sangliers.
- Var : une scène peu banale s’est déroulée samedi 22 août 2026 au lac de Sainte-Croix, dans le Verdon. Alors qu’il survolait les baigneurs, un vautour fauve est soudainement tombé dans l’eau. Incapable de reprendre son envol depuis la surface, le grand rapace risquait la noyade. Alertés par la situation, plusieurs baigneurs se sont mobilisés pour lui venir en aide. Ils ont notamment réussi à repousser l’oiseau vers la rive, à hauteur du camping municipal des Ruisses, aux Salles-sur-Verdon. Après avoir passé plusieurs heures dans l’eau, le vautour a finalement pu être mis en sécurité. La scène, particulièrement impressionnante pour les témoins, rappelle les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les jeunes vautours durant la période estivale. Les oiseaux inexpérimentés peuvent parfois se retrouver au sol ou dans des situations inhabituelles, notamment lorsqu’ils doivent encore maîtriser parfaitement leur vol. Le vautour fauve, strictement nécrophage, joue un rôle essentiel dans les écosystèmes en éliminant rapidement les carcasses d’animaux. Son sauvetage constitue donc une heureuse issue pour ce précieux auxiliaire naturel.
- Antilles : en juin dernier, 26 élus de Martinique et de Guadeloupe ont signé la « Déclaration des Antilles », à l’issue de la première Rencontre des maires pour la biodiversité des Antilles. Porté par l’OFB, ce texte fixe une position commune en faveur de la préservation du patrimoine naturel et entend également peser sur les futures discussions concernant les financements européens des régions ultramarines pour la période 2028-2034. Élaborée collectivement, la déclaration comprend 21 articles issus des travaux de douze groupes thématiques, qui ont auditionné des experts avant de formuler leurs propositions. Elle aborde notamment la lutte contre les espèces exotiques envahissantes, la coopération avec les autres territoires de la Caraïbe, la pollution lumineuse, la préservation des zones humides et l’intégration de la biodiversité dans l’urbanisme.
Les élus s’engagent également à développer les solutions fondées sur la nature, végétaliser les espaces urbains, améliorer la gestion des déchets et préserver la qualité des eaux de baignade, tout en valorisant les savoirs traditionnels. Cette déclaration constitue surtout une feuille de route pour les six prochaines années : chaque collectivité signataire prévoit notamment de réaliser au moins un projet concret de conservation ou de restauration de la biodiversité et de désigner un référent biodiversité. (Photo OFB)
A l’étranger
- Belgique : ça aurait pu être la photo animalière de l’année. Dans les Hautes Fagnes, au cœur des paysages ravagés par les incendies, un magnifique brocard semblait avancer courageusement sur la tourbe noircie. L’image, saisissante, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux après avoir été diffusée par la cellule Fagnes de la Province de Liège. On imaginait déjà le symbole parfait : la faune sauvage survivant aux flammes, un chevreuil solitaire émergeant des fumées, incarnation de la résilience de la nature. Bref, le cliché idéal pour illustrer toutes les belles histoires que l’on aime raconter après un incendie.
Sauf qu’il y avait un petit problème... Le photographe avait en réalité immortalisé une sculpture métallique installée dans la fagne. Dans la fumée et avec la distance, l’illusion était suffisamment parfaite pour tromper les premiers observateurs. Il aura fallu environ une heure pour que la réalité rattrape cette belle histoire. La Province de Liège a reconnu son erreur, présenté ses excuses et précisé qu’il s’agissait bien d’une sculpture.
- Danemark : l’Association Danoise des Chasseurs rejoint quinze organisations, instituts de recherche et établissements d’enseignement au sein du Centre pour l’enfance et la nature. Une initiative nationale dont l’ambition est simple : permettre à davantage d’enfants de retrouver un contact direct avec le monde naturel. Pour les partenaires, connaître la nature ne consiste pas seulement à apprendre le nom des espèces dans les livres. Les enfants doivent pouvoir grimper aux arbres, construire des cabanes, pêcher, cueillir des baies, observer les animaux et, plus tard éventuellement, découvrir la chasse. Autant d’expériences permettant de comprendre concrètement le fonctionnement des milieux naturels et d’apprendre à les respecter. L’Association danoise des chasseurs défend ainsi l’idée que l’utilisation durable de la nature et sa conservation ne sont pas incompatibles. Au contraire, fréquenter et connaître un milieu favoriserait le sentiment de responsabilité envers celui-ci.
Le projet bénéficie d’un budget d’environ 4 millions d’euros sur cinq ans, avec le soutien notamment des fondations Nordea et Villum. Trois programmes seront prioritairement développés : faciliter l’accès des enfants aux activités de plein air, les associer aux réflexions sur les paysages de demain et développer l’enseignement scolaire en extérieur. Une démarche qui répond aussi à une attente : une enquête menée en 2024 révélait qu’environ un enfant sur deux souhaiterait passer davantage de temps dans la nature.
- Italie : le chantier du tunnel de base du Brenner, entre l’Autriche et l’Italie, bouleverse actuellement la vallée de Padaster, dans le Tyrol. Pour construire ce qui doit devenir le plus long tunnel ferroviaire du monde, les tunneliers ont déjà extrait des millions de mètres cubes de roche. Au total, 7,7 millions de m³ de déblais sont déposés dans la vallée, transformée en vaste zone de remblai. Pour limiter les nuisances, notamment pour les villages voisins, les matériaux sont acheminés par un système de bandes transporteuses qui a atteint 30 kilomètres de longueur, plutôt que par une noria de camions. La vallée, autrefois encaissée, voit son fond rehaussé de 70 à près de 80 mètres. Une fois le chantier terminé, de la terre sera apportée, des arbres et arbustes plantés et le torrent Padasterbach retrouvera un nouveau lit. Forêts, pâturages et zones de compensation écologique doivent ainsi remplacer l’actuel paysage minéral. Le projet applique par ailleurs quelque 350 prescriptions environnementales. Des espèces et habitats sensibles ont été protégés, comme une prairie d’orchidées transplantée avant les travaux et des chauves-souris déplacées vers de nouveaux nichoirs.
- Mexique : après avoir disparu du nord du Mexique pendant environ 160 ans, le bison américain a retrouvé les plaines désertiques de la réserve d’El Santuario, dans le Chihuahua. En 2025, 47 animaux y ont été réintroduits sur quelque 4 000 hectares, dans le cadre d’un programme de restauration écologique. Bien plus qu’un simple retour d’espèce, l’opération illustre le rôle d’« ingénieur des écosystèmes » joué par ce grand herbivore. En broutant les végétaux secs, le bison réduit la quantité de combustible disponible et donc le risque d’incendie. Ses sabots remuent le sol, favorisent l’infiltration de l’eau et créent des conditions propices à la repousse. Ses déplacements dispersent également des graines, tandis que ses déjections nourrissent les insectes et enrichissent le sol. Les premiers résultats sont encourageants : les pièges photographiques enregistrent à nouveau pumas, lynx et pécaris, tandis que certains oiseaux utilisent les poils de bison pour construire leurs nids. Son retour semble ainsi entraîner toute une cascade écologique, en restaurant progressivement des interactions disparues avec lui. Le programme, prévu sur vingt-cinq ans, vise désormais à développer le troupeau et à restaurer durablement les prairies et leur biodiversité.
- Pologne : en Grande-Pologne, chasseurs, agriculteurs, élus locaux et habitants unissent leurs efforts pour restaurer les populations de perdrix grises, fortement affectées par l’intensification agricole et la disparition des haies, bordures de champs et habitats diversifiés. Le projet « Perdrix grise – Quatre saisons dans un district de chasse agricole », porté par les chasseurs de Koscianska Knieja, s’inspire notamment du programme européen PARTRIDGE. Sur un territoire de chasse de 7 580 hectares, 1 650 hectares de terres agricoles, prairies, pâturages et jachères ont été identifiés comme prioritaires pour restaurer les habitats.
La perdrix est absente de 610 hectares, tandis qu’une population résiduelle subsiste ailleurs. Vingt-quatre couples reproducteurs doivent être relâchés courant septembre 2026, avec un suivi prévu durant l’hiver. Le projet prévoit également la plantation d’arbres, d’arbustes et de bandes végétales favorables aux pollinisateurs, ainsi que la restauration d’un ancien dépôt sauvage de 2,1 hectares. L’initiative veut ainsi démontrer que la restauration de la biodiversité agricole repose sur une coopération étroite entre les acteurs locaux.
- Royaume-Uni : une mère de famille a découvert avec stupeur qu’un renard s’était introduit dans son domicile de Watford, au nord-ouest de Londres, et avait mordu sa fille âgée de trois mois. Les faits se sont produits le jeudi 20 août. Après avoir fait fuir l’animal, elle a constaté plusieurs blessures à la tête de sa fille, avec des traces de morsures des deux côtés du crâne. La mère a immédiatement conduit l’enfant à l’hôpital. Les examens n’ont révélé ni fracture ni lésion cérébrale. Le bébé a néanmoins reçu un traitement préventif contre les risques de maladie. Le renard serait entré par la porte arrière, laissée ouverte en raison des fortes chaleurs. Des images de vidéosurveillance montrent un animal rôdant dans le jardin peu avant l’incident, qui a été signalé aux autorités locales.
- Suisse : la saison de chasse 2026-2027 a débuté le mardi 1er septembre dans le canton suisse de Fribourg et se poursuivra jusqu’à la fin février. Dans un premier temps, seuls les sangliers et les cormorans peuvent être prélevés. Les chasseurs devront patienter jusqu’au 19 septembre pour le chamois, au 21 septembre pour le chevreuil et au 19 octobre pour le cerf. À l’occasion de cette nouvelle saison, le Service des forêts et de la nature a annoncé une légère hausse du quota de prélèvement des cerfs. Celui-ci passe de 220 animaux en 2024 et 2025 à 230 cette année. Les autorités justifient cette décision par l’expansion de l’espèce dans le canton et la nécessité de réguler ses effectifs. Le tir des mâles adultes demeure toutefois interdit. À l’inverse, le nombre de chamois attribués à la chasse est revu à la baisse, passant de 223 à 217 animaux. Autre nouveauté, des opérations de régulation du cerf et du sanglier pourront être menées, sous certaines conditions, dans les zones protégées de Hochmatt-Motélon et du lac de Morat. Ces interventions ont été autorisées en accord avec l’Office fédéral de l’environnement afin de mieux maîtriser les populations concernées.
- Togo : la pays s’apprête à moderniser sa législation forestière. Réuni le 26 août 2026, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi instituant un nouveau code forestier, destiné à adapter la gestion des ressources naturelles aux enjeux actuels de biodiversité, de changement climatique et de développement local. Le texte redéfinit les différentes catégories du domaine forestier national et précise leurs règles de gestion.
Il accorde également davantage de responsabilités aux collectivités territoriales et prévoit une participation renforcée des populations riveraines, dont les droits et les usages devront être mieux pris en compte lors du classement des forêts. Le projet entend par ailleurs mieux encadrer l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages qui en découlent. La lutte contre le braconnage, le trafic d’espèces sauvages et les infractions forestières doit également être renforcée. Pour limiter la pression sur les milieux naturels, le gouvernement souhaite développer l’agroforesterie et encourager l’investissement privé dans la restauration des paysages dégradés. Cette réforme s’inscrit dans un programme plus large : le Togo ambitionne de restaurer 1,4 million d’hectares de paysages dégradés d’ici 2030. Le projet doit désormais être examiné par le Parlement.