- Eure : un incident s’est produit le dimanche 11 janvier 2026 à Saint-Denis-le-Ferment. Un riverain, habitant le long de la route d’Hébécourt, a découvert qu’une balle s’était fichée dans le mur de sa propriété, manifestement à la suite d’un tir de chasse effectué à proximité. Habitué, comme de nombreux habitants des zones rurales, aux détonations liées à la période de chasse, l’homme a cette fois été confronté à une situation bien plus inquiétante. Vers 15 heures, un coup de feu a retenti, suivi de la découverte du projectile encastré dans la façade de son habitation. Fort heureusement, aucune personne n’a été blessée. La gendarmerie a rapidement été alertée et une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de l’incident et d’identifier l’auteur du tir. Pour les riverains, cet événement ravive les inquiétudes liées à la sécurité, alors que la réglementation impose aux chasseurs de ne jamais tirer en direction des habitations et de respecter des distances strictes.

 

- Haute-Garonne : depuis plusieurs semaines, la présence répétée de sangliers inquiète les habitants de l’île du Ramier, à Toulouse. Les animaux ont été observés à proximité de la résidence du Crous et du secteur du Grand Ramier. Certains riverains évoquent même la présence de plusieurs individus. Des habitants racontent des rencontres impressionnantes, parfois en pleine soirée ou en fin d’après-midi, suscitant un sentiment d’insécurité. Face à cette situation, des consignes de prudence ont été affichées dans les résidences, notamment pour éviter de laisser de la nourriture à l’extérieur et bien fermer les poubelles. Une clôture électrique doit également être installée. Selon la FDC, cette présence s’explique par la proximité d’axes boisés le long de la Garonne.

 

- Isère : lors d’une battue au sanglier organisée à Chozeau, un incident a bien failli coûter la vie à une chienne de chasse. Laïka s’est aventurée sur la surface gelée de l’étang de Chalignieu, avant que la glace ne cède sous son poids. Prisonnière de l’eau glaciale, l’animal s’est rapidement retrouvé en grande difficulté, luttant pour rester à la surface. Son maître, chasseur expérimenté, a tenté de lui porter secours, mais les conditions rendaient toute intervention directe trop dangereuse. La situation semblait critique lorsque Tibor, un étudiant lyonnais en balade à vélo avec des amis, a assisté à la scène. Sans hésiter, il a retiré ses vêtements et s’est engagé sur l’étang instable à l’aide d’un paddle. Grâce à son sang-froid et à son courage, il a pu ramener Laïka saine et sauve sur la rive. Pris en charge par les pompiers, l’étudiant a ensuite été chaleureusement remercié par les chasseurs, dans une histoire qui se termine bien et laissera un souvenir marquant à tous les témoins.

 

- Jura : une joggeuse de 25 ans a été blessée au pied par des éclats de balle alors qu’elle courait en pleine matinée, à proximité d’une zone où se déroulait une partie de chasse, le samedi 17 janvier, sur la commune de Lent, près de Champagnole. Dans un communiqué publié mercredi dernier, le président de la FDC, Christian Lagalice, a exprimé son soutien à la victime, prise en charge à Champagnole avant d’être transférée au centre hospitalier de Pontarlier pour y subir une intervention chirurgicale. La fédération estime toutefois que « la responsabilité du tireur semble totalement engagée » et annonce son intention de se constituer partie civile aux côtés de la victime. Elle affirme vouloir renforcer la formation et la sensibilisation des chasseurs afin d’éviter tout nouvel accident. Une enquête est en cours, menée par la gendarmerie de Champagnole en co-saisine avec l’OFB afin de déterminer les circonstances exactes des faits. Les dépistages d’alcool et de stupéfiants effectués sur le tireur se sont révélés négatifs.

 

- Loiret : un loup a été observé dans une rue de Saint-Jean-de-Braye, aux portes d’Orléans. Filmé par une habitante, l’animal apparaissait sous les lampadaires, à proximité de voitures stationnées et non loin de la forêt d’Orléans. Après diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux, l’OFB a confirmé qu’il s’agissait bien d’un loup. Selon les spécialistes, le loup est un animal très mobile, capable de parcourir de longues distances, principalement la nuit. Ces passages restent sporadiques et ne traduisent pas l’installation d’une meute. Aucune attaque sur les élevages n’a été recensée en 2025 dans le secteur. Les autorités encouragent les habitants à signaler toute observation afin de mieux suivre sa colonisation progressive du territoire français. (photo d'illustration)

 

- Meurthe et Moselle : depuis l’automne, l’apparition inhabituelle de sangliers dans plusieurs quartiers de la ville haute a suscité une vive inquiétude chez les riverains. Jardins retournés, pelouses ravagées et incursions nocturnes à proximité immédiate des habitations ont profondément marqué les esprits. Le quartier Saint-Mansuy avait été particulièrement touché, voyant plusieurs groupes d’animaux circuler librement dans les rues, au risque de provoquer des accidents ou des confrontations avec les habitants. Face à la situation, des opérations de régulation ont été mises en place, permettant une diminution significative du nombre de sangliers observés. Les autorités locales évoquent une amélioration nette et un retour progressif au calme. Toutefois, quelques individus isolés continuent d’être signalés dans certains secteurs, maintenant une vigilance accrue.

 

- Meuse : un coup d’arrêt vient d’être porté à l’agrainage illégal. À la suite de contrôles menés par les services de l’État et l’OFB, deux pratiques illégales ont été constatées en flagrant délit : en forêt communale de Vignot, et en forêt domaniale de Ranzières, ainsi que sur les territoires de Lacroix-sur-Meuse et Seuzey. En conséquence, le préfet Xavier Delarue a pris des sanctions administratives inédites dans le département. Les détenteurs des chasses concernées (l’association Maillard Organisation et la société de chasse La Marquise) se voient interdire toute pratique d’agrainage pendant un an sur l’ensemble de leurs lots. Une première d’ampleur en Meuse. Ces décisions s’inscrivent dans le cadre de la régulation du sanglier, dont la prolifération provoque d’importants dégâts agricoles et forestiers. Le préfet rappelle que l’agrainage illégal, notamment dans les « massifs noirs » déjà fortement touchés, entretient artificiellement la surpopulation et compromet les efforts collectifs. « Réguler est une obligation collective », martèle-t-il, promettant une application stricte de la loi, sans tolérance ni arrangement. L’État entend ainsi envoyer un signal clair : toute pratique illégale nuisant à l’intérêt général sera systématiquement recherchée et sanctionnée.

 

- Pyrénées-Orientales : l’OFB a publié, le 10 janvier 2026, un communiqué rappelant la situation critique de l’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) dans le département. Ce rapace diurne, rare et menacé, est emblématique du pourtour méditerranéen mais demeure l’un des oiseaux les plus vulnérables de France. À l’échelle nationale, les populations restent extrêmement fragiles. En 2025, seuls 51 couples reproducteurs ont été recensés, dont 20 en Occitanie, pour un total de 34 jeunes envolés. Dans les Pyrénées-Orientales, la situation est particulièrement préoccupante : sur les deux couples connus, un seul a réussi à mener un jeune à l’envol en 2025. Le second couple, récemment installé dans les Corbières maritimes, ne semble pas avoir pondu cette année. Ces faibles résultats de reproduction illustrent la sensibilité extrême de l’espèce aux dérangements et à la dégradation de ses habitats. Pour préserver l’Aigle de Bonelli, un plan national d’actions (PNA), piloté par le ministère en charge de l’écologie, est mis en œuvre. Sa déclinaison régionale est assurée par le Conservatoire des espaces naturels d’Occitanie et la DREAL Occitanie, tandis que le Groupe ornithologique du Roussillon (GOR) suit localement les couples nicheurs. Le Parc naturel régional Corbières-Fenouillèdes, également site Natura 2000, veille à l’intégration des enjeux de conservation dans les projets d’aménagement. Des arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB) encadrent strictement les zones de reproduction. Jusqu’au 30 juin, toute pénétration à pied ou en véhicule y est interdite, tout comme l’usage de drones, afin de limiter le dérangement en période de ponte et d’élevage des jeunes. Les agents de l’OFB assurent une surveillance régulière, et les infractions sont passibles de sanctions pénales. Enfin, un important travail de sensibilisation est mené auprès des usagers. Des panneaux d’information ont été installés et des actions ont été conduites avec les acteurs de la randonnée. Le respect de ces mesures est indispensable pour garantir la pérennité de la reproduction de l’Aigle de Bonelli dans les Pyrénées-Orientales.

 

- Saône-et-Loire : un incident inhabituel s’est produit lundi dernier au lycée de l’Horticulture et du Paysage de Tournus. Un sanglier s’est introduit dans l’enceinte de l’établissement, semant la panique dans la cour. Lors de l’événement, un étudiant de BTS a été blessé à la jambe. Touché au niveau du genou, il présentait une plaie d’environ vingt centimètres et a été rapidement pris en charge par les secours avant d’être transporté à l’hôpital de Mâcon. D’après les informations recueillies sur place, plusieurs jeunes auraient tenté de faire fuir l’animal, malgré les consignes de sécurité recommandant de garder ses distances. Le sanglier aurait alors chargé l’un d’entre eux, provoquant la blessure. Cet épisode relance la question de la présence croissante de la faune sauvage aux abords des zones urbaines et rappelle l’importance de respecter les consignes en cas de rencontre avec un animal sauvage.

 

- Seine-et-Marne : la tenue d’une conférence de l’animaliste anti-chasse Pierre Rigaux, consacrée à la chasse à la vénerie, suscite la polémique. Intitulée « Faut-il abolir la chasse à courre ? », la rencontre devait se tenir en février prochain dans une salle municipale de Barbizon, commune de 1 200 habitants située en lisière de la forêt de Fontainebleau. Mais le maire, Gérard Taponat, a finalement refusé d’en autoriser la mise à disposition. L’édile justifie sa décision par la crainte de troubles à l’ordre public, redoutant des tensions entre partisans et opposants à la chasse à courre. Mais cette décision a provoqué une réaction virulente de Pierre Rigaux, qui dénonce un revirement soudain et évoque une possible pression du milieu de la vénerie. Dans un message adressé au maire, il met en cause son courage et sa responsabilité. Cet épisode jette aussi une lumière crue sur les ambiguïtés du discours de Pierre Rigaux. Présentée comme une démarche citoyenne et désintéressée, la conférence devait pourtant être payante, avec un droit d’entrée fixé à 10 euros par personne. Un détail qui alimente les critiques sur une militance devenue lucrative, où l’indignation et la dénonciation servent aussi de modèle économique. Aux yeux du monde cynégétique et agricole, cette polémique ne relève donc pas seulement de la liberté d’expression, mais illustre une stratégie bien rodée : provoquer, se poser en victime, puis monétiser le débat. Une posture jugée d’autant plus contestable qu’elle s’appuie sur des sujets sensibles, au risque d’attiser les tensions locales plutôt que de favoriser un échange apaisé et constructif.

 

A l’étranger

 

- Afrique du Sud : pendant que les vignerons européens rangent les sécateurs et arrachent leurs ceps, l’Union européenne subventionne la vigne sud-africaine. Bruxelles a donc consacré, en juin 2025, 15 millions d’euros pour soutenir la production de vin en Afrique du Sud, au nom d’une croissance « inclusive ». Ironie supplémentaire : cette subvention, qui a été payée entièrement à la fin de l’année 2025, découle d’un accord commercial signé à la fin des années 1990, resté dans les tiroirs pendant plus de vingt ans. Il aura donc fallu que la filière européenne suffoque pour que Bruxelles décide d’activer cette aide… au profit d’un concurrent direct. L’initiative, généreuse sur le papier, laisse songeur. Car pendant que l’argent européen traverse les océans, la viticulture du Vieux Continent traverse l’une des plus graves crises de son histoire, et l’Afrique du Sud s’impose comme un acteur majeur du marché mondial. Ses principaux débouchés ? Le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas, et d’autres pays de l’Union européenne.

 

- Australie : une découverte tragique a bouleversé l’île australienne de K'gari lundi dernier. Peu après 6 heures, le corps sans vie d’une touriste canadienne de 19 ans a été retrouvé sur une plage, entouré de plusieurs dingos. Deux hommes circulant en véhicule ont donné l’alerte après avoir été intrigués par un attroupement de ces chiens sauvages. « La scène était extrêmement choquante et traumatisante », a déclaré l’inspecteur Paul Algie, de la police de Wide Bay. La jeune femme travaillait depuis quelques semaines dans un complexe hôtelier de l’île. Elle avait prévenu des amis qu’elle allait se baigner vers 5 heures du matin, mais n’est jamais revenue. Les autorités précisent que la mer était agitée à ce moment-là. À ce stade, les circonstances exactes du décès restent inconnues. « Nous ne pouvons pas encore déterminer si elle s’est noyée avant que les dingos n’interviennent, ou si elle a été victime d’une attaque », a indiqué la police. Une autopsie doit être réalisée dans les prochains jours. Si l’hypothèse d’une attaque se confirmait, il s’agirait du premier décès lié à un dingo en Australie depuis 2001. Sur K’gari, où vivent environ 200 dingos protégés par la loi et appelés wongari par le peuple Butchulla, les autorités rappellent régulièrement les consignes de prudence aux visiteurs.

 

- Corée du Sud : après deux mois sans infection signalée, un nouveau foyer de peste porcine africaine a été confirmé en Gangneung, dans l’est du pays. Les analyses sanitaires ont révélé que vingt-neuf des trente-deux porcs morts dans une exploitation étaient porteurs du virus, marquant la première résurgence de la maladie depuis novembre, date des derniers cas recensés dans cette province. Face au risque élevé de propagation, les autorités ont ordonné l’abattage préventif d’environ 20 000 porcs sur le site concerné. Une suspension temporaire de 48 heures des activités a également été imposée aux élevages porcins de six zones voisines. Le Premier ministre Kim Min-seok a exigé une application rigoureuse des mesures de confinement et le lancement d’une enquête épidémiologique. Inoffensive pour l’homme, la peste porcine africaine reste extrêmement contagieuse et mortelle pour les porcs et les sangliers.

 

- Etats-Unis : réintroduits dans les années 1990 au sein du Parc national de Yellowstone, les loups sont souvent présentés comme les grands artisans de la restauration écologique du site. Leur retour, après une disparition au début du XX? siècle, aurait déclenché une cascade trophique exemplaire : diminution des populations d’élans, régénération des saules et des peupliers, retour des castors et amélioration des zones riveraines. Ce récit, largement relayé par les médias et certains travaux scientifiques, a fait du loup le symbole d’une nature capable de se réparer grâce à un prédateur clé. Pourtant, cette vision héroïque est aujourd’hui remise en question. De nombreux chercheurs soulignent que si des changements écologiques ont bien eu lieu, ils ne peuvent être attribués uniquement aux loups. Le déclin des élans dépend aussi de la chasse humaine, du climat et d’autres prédateurs. De plus, certaines études fondatrices reposent sur des méthodes discutées, notamment dans la mesure de la croissance végétale ou la comparaison de parcelles sur le long terme. Les loups jouent donc un rôle, mais loin d’être miraculeux. Leur influence s’inscrit dans un réseau complexe d’interactions biologiques et environnementales. Yellowstone rappelle ainsi que les écosystèmes ne se résument jamais à une seule cause ni à un héros unique.

 

- Mongolie Occidentale : la fête des aigliers, organisée en Mongolie occidentale, aux confins de l’Altai, célèbre une tradition ancestrale : la chasse à l’aigle royal pratiquée par les Kazakhs de la province de Bayan-Ölgii. Héritée de la fauconnerie des steppes eurasiatiques, cette pratique repose sur une relation étroite entre le chasseur, son cheval et l’aigle, le plus souvent une femelle, choisie pour sa puissance. Nés à la fin des années 1990, les festivals modernes, notamment à Sagsaï et à Ölgii, mêlent parades en costumes traditionnels, concours de chasse simulée, jeux équestres, musique de dombra et gastronomie pastorale. Ils visent à transmettre un savoir-faire vivant tout en attirant un public international. Mais derrière le spectacle se dessinent des enjeux complexes : pression touristique, risque de folklorisation, bien-être des oiseaux et transformation des motivations chez les jeunes aigliers. Des chercheurs et praticiens appellent à préserver l’éthique de la tradition, fondée sur la réciprocité et le relâcher des aigles après les campagnes de chasse. Entre patrimoine, économie et transmission, la fête des aigliers apparaît ainsi comme un « art total » de la steppe, fragile mais toujours vivant, à condition de rester fidèle à son esprit.