Face à la progression des maladies transmises par les tiques, une équipe internationale coordonnée par l’Inrae, en partenariat avec l’Anses, l’École nationale vétérinaire d'Alfort et l’Université d'Orléans, a identifié une piste prometteuse pour limiter la transmission des agents pathogènes. Les chercheurs se sont intéressés à Ixodes ricinus, principale tique vectrice en Europe de maladies comme la Maladie de Lyme. Leur objectif : comprendre comment la tique contrôle sa salivation, un mécanisme clé pour s’alimenter en sang et infecter son hôte. En effet, la salive empêche la coagulation et affaiblit les défenses immunitaires, facilitant ainsi la transmission de virus et bactéries. Grâce à des techniques de microscopie avancée et de modélisation, les scientifiques ont mis en évidence un double contrôle nerveux des glandes salivaires. Deux voies de signalisation complémentaires, impliquant des récepteurs sensibles à l’acétylcholine, régulent la production de salive. L’une permet une sécrétion continue, tandis que l’autre participe à la composition du « cocktail » salivaire indispensable au repas sanguin. En testant 37 substances, dont certains alcaloïdes, les chercheurs ont identifié des composés capables de bloquer ces mécanismes. Fait majeur : l’un des récepteurs ciblés est spécifique aux invertébrés, ce qui ouvre la voie à des traitements ciblés sans risque pour l’humain ou les animaux. Ces travaux, publiés dans Nature Communications, montrent qu’empêcher la tique de saliver revient à bloquer à la fois son alimentation et sa capacité à transmettre des pathogènes. Cette avancée pourrait déboucher sur de nouvelles stratégies de lutte, plus efficaces et respectueuses de l’environnement, face à un enjeu sanitaire en forte croissance.