Les hérissons européens possèdent une capacité auditive bien plus large qu’on ne le pensait. Des chercheurs de l’université d’Oxford ont montré qu’ils peuvent percevoir des ultrasons, inaudibles pour l’oreille humaine. Cette découverte ouvre une nouvelle piste pour protéger cette espèce fragile, notamment contre l’un de ses plus grands dangers : la circulation routière. Les scientifiques ont mené une série d’expériences sur vingt hérissons recueillis dans des centres de soins pour la faune sauvage au Danemark. Les animaux ont été exposés à de brèves émissions sonores diffusées par un petit haut-parleur. Grâce à des électrodes placées sur leur tête, les chercheurs ont enregistré les signaux électriques circulant entre l’oreille interne et le cerveau. Les résultats ont montré que le tronc cérébral des hérissons réagissait à des fréquences allant de 4 à 85 kHz, avec une sensibilité maximale autour de 40 kHz. À titre de comparaison, l’être humain n’entend généralement pas au-delà de 20 kHz. Pour compléter ces observations, l’équipe a également étudié l’anatomie de l’oreille d’un hérisson décédé à l’aide de micro-scanners CT. Les images ont permis de créer un modèle 3D détaillé de l’oreille interne. Les chercheurs ont découvert une structure osseuse comparable à celle des chauves-souris capables d’écholocalisation. Les os de l’oreille semblent conçus pour vibrer rapidement, ce qui facilite la transmission de sons très aigus. Cette capacité auditive pourrait être utilisée pour mettre au point des dispositifs répulsifs ultrasoniques destinés à éloigner les hérissons des routes. Selon certaines estimations, les collisions avec des véhicules peuvent tuer jusqu’à un tiers des individus dans certaines populations locales. Les populations de hérissons européens ont diminué d’environ 30 % au cours des dix dernières années, ce qui leur a valu d’être classés « quasi menacés » sur la Liste rouge de l’UICN en 2024. L’urbanisation, l’agriculture et les infrastructures routières fragmentent leur habitat et augmentent les risques de mortalité. Si les futurs dispositifs s’avèrent efficaces, ils pourraient réduire considérablement l’impact du trafic routier sur l’espèce.