Réunie en session générale, l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH) a adopté une nouvelle Stratégie de santé de la faune pour 2026-2030. Cette organisation intergouvernementale, créée en 1924 et anciennement connue sous le nom d’OIE, rassemble aujourd’hui près de 190 pays. Elle établit des normes internationales et coordonne les efforts de ses membres pour prévenir et combattre les maladies animales, tout en contribuant à la protection de la santé publique et du bien-être animal. Avec cette nouvelle stratégie, la WOAH entend faire de la santé de la faune sauvage une priorité internationale. L’objectif est de mieux prévenir, détecter et combattre les maladies susceptibles de circuler entre animaux sauvages, animaux domestiques et humains. Une nécessité alors que les interactions entre ces trois mondes se multiplient sous l’effet de l’évolution des paysages, du changement climatique, des échanges internationaux et de la pression exercée sur les écosystèmes. La stratégie repose notamment sur une surveillance renforcée des populations sauvages. Le principe est simple : détecter plus rapidement l’apparition d’une maladie permet de réagir avant qu’elle ne se transforme en crise sanitaire. Pour améliorer cette surveillance, la WOAH poursuit le développement de WAHIS, son système mondial d’information sur la santé animale, et déploie WildEpi, une nouvelle plateforme destinée à recueillir et analyser les événements sanitaires touchant la faune sauvage. Cette dernière doit permettre aux professionnels autorisés de partager des informations presque en temps réel sur les maladies, les mortalités inhabituelles ou les autres événements sanitaires. Elle intègre également des outils d’intelligence artificielle, notamment pour faciliter l’identification des espèces. La WOAH insiste toutefois sur un point essentiel : aucun système de surveillance ne peut fonctionner efficacement en vase clos. Vétérinaires, chercheurs, laboratoires, gestionnaires d’espaces naturels, services de l’État et acteurs de la conservation doivent partager leurs observations et leurs données. Cette approche relève directement du concept « Une seule santé » (One Health), qui considère que la santé humaine, la santé animale et celle des écosystèmes sont étroitement liées. La nouvelle stratégie ne se limite donc pas à établir des principes. Elle prévoit également des projets régionaux, des formations et des partenariats destinés à renforcer les capacités locales. Pour la faune sauvage, l’enjeu est majeur : mieux connaître son état sanitaire, c’est pouvoir détecter plus tôt les menaces, protéger les populations animales et réduire les risques de transmission des maladies aux élevages et à l’homme. La surveillance devient ainsi un véritable outil de prévention, au service de la biodiversité comme de la santé mondiale.